“Tu as vu les anges?”

Et il regarde Mathias en écarquillant les yeux. Si étonnante est la nouvelle qu’un instant il oublie Jésus et ainsi ne voit pas qu’il entrouvre ses yeux, réveillé par le léger cri de l’enfant et puis, avec un sourire, les referme en détournant la tête.

“Tais-toi! Tu vois? Tu l’éveilles… Je vais te renvoyer.”

“Je reste tranquille. Mais comment sont les anges. Quand les as-tu vus?”

La petite voix est devenue un murmure et Mathias patiemment raconte la nuit de Noël au petit qui est revenu s’asseoir sur sa poitrine, extasié. Patiemment il répond à tous ses pourquoi:

“Pourquoi était-il né dans une étable? Il n’avait pas de maison? Si pauvre au point de ne pas trouver une maison? Et maintenant il n’a pas de maison? Il n’a pas sa Mère? Où est sa Mère? Pourquoi le laisse-t-elle seul. elle qui sait que déjà on a voulu le tuer? Elle ne l’aime pas?…”

Une pluie de questions et une pluie de réponses. Et la dernière - à laquelle Mathias répond:

“Cette Mère sainte aime beaucoup son divin Fils, mais elle fait le sacrifice de sa douleur de le laisser aller pour que les hommes se sauvent. Pour se consoler, elle pense qu’il y a encore des hommes bons capables de l’aimer”

Cela provoque cette question:

“Et elle ne sait pas qu’il y a des enfants bons qui l’aiment? Où est-elle? Dis-le-moi que j’aille lui dire: “Ne pleure pas. Moi je donne l’amour à ton Fils”

Qu’en dis-tu? Sera-t-elle contente?”

“Tellement, enfant” dit Mathias en l’embrassant.

“Et Lui sera content?”

“Tellement, tellement. Tu vas le Lui dire quand il va s’éveiller.”

“Oh! oui! Mais quand va-t-il s’éveiller?”

L’enfant est impatient.

405.4 – Jésus n’y tient plus. Il se tourne, les yeux grand ouverts et avec un sourire lumineux, et il dit:

“Tu me l’as déjà dit car j’ai tout entendu. Viens ici, enfant.”

Oh! l’enfant ne se le fait pas dire deux fois. Il se renverse sur Jésus, le caresse, Lui donne des baisers, touche son front avec le doigt et aussi ses sourcils, ses cils d’or, en se regardant dans les yeux bleus, en caressant sa barbe et ses cheveux soyeux, et en disant à chaque découverte:

“Comme tu es beau! Beau! Beau!”

Jésus sourit et aussi Mathias.

Et puis, à mesure que les autres s’éveillent, parce que maintenant le petit ne prend plus tant de précautions, les disciples et les apôtres sourient à la vue de cet examen attentif, répété de l’homme en miniature, à moitié nu, grassouillet, qui prend plaisir à passer sur le corps de Jésus pour l’observer de la tête aux pieds et finit par Lui dire:

“Tourne-toi!” et explique ensuite: “Pour voir les ailes” et qui demande, déçu:

“Pourquoi ne les as-tu pas?”

“Je ne suis pas un ange, mon enfant.”