401 – Pierre et Barthélemy à Béther pour une raison grave. Ravissement de Maria Valtorta

13 mars 1946

Dans ce nouveau chapitre, on a réintégré toutes les réflexions de Maria Valtorta incluses dans les Cahiers à la date du jour.

Le mercredi 13 mars 1946.

401.1 – Jésus se promène à travers les bosquets de roses où s’active le travail des cueilleurs. Il trouve ainsi le moyen de parler avec tel ou tel et aussi avec la veuve et ses enfants, que Jeanne par amour pour Lui a prise comme servante à Pâque, après le banquet des pauvres La veuve de Cornélius le forgeron de la plaine de Saron et la mère de Lévi. Cf. Tome 5, chapitre 60, et Tome 5, chapitre 63. . Ils ne semblent plus les mêmes. Refleuris, sereins, ils accomplissent joyeusement leur travail chacun selon ses capacités et les plus petits, qui ne savent pas encore distinguer une rose d’une autre pour la fraîcheur ou la couleur, pour le triage, jouent avec d’autres petits dans des endroits plus tranquilles et leurs cris d’oisillons humains se confondent avec ceux des oiseaux qui pépient dans le feuillage des arbres pour saluer leurs parents qui reviennent avec la becquée.

Jésus se dirige vers ces petits oisillons humains et il se penche, s’intéresse, caresse, apaise les petites disputes, relève ceux qui sont tombés et qui pleurnichent, souillés de terre, le front ou les menottes égratignées par le sol. Et les pleurs, les rixes, les jalousies s’arrêtent sur le coup sous la caresse et la parole de l’Innocent aux innocents, elles se changent en offrande de l’objet de la contestation ou de la chute du carabe doré, du caillou coloré ou brillant, de la fleur cueillie… Jésus en a les mains et la ceinture pleines, et il ne se fait pas voir quand il dépose les carabes ou les coccinelles sur les feuillages pour les rendre à la liberté.

Combien de fois j’ai remarqué le tact parfait de Jésus même avec les tout petits, pour ne pas les mortifier, pour ne pas les décevoir! Il a l’art et le charme de savoir les rendre meilleurs et de se faire aimer avec des riens, en apparence, qui en réalité sont des perfections d’un amour adapté à la petitesse de l’enfant…

Il agit de la même manière à mon égard.

401.2 – Oh! Il m’a toujours traitée d‘“enfant” pour m’améliorer malgré ma misère, pour se faire aimer! Plus tard, quand je l’ai aimé de tout mon être, il a fait pression, il m’a traitée en adulte, sourd à mes supplications: “Mais tu ne vois pas que je suis une bonne à rien?” Il a souri et m’a obligée à agir en adulte… Ah! C’est seulement lorsque la pauvre Maria est tout affligée qu’il redevient le Jésus des petits enfants envers mon âme si incapable, et il se contente alors de… mes scarabées, de mes cailloux… de mes petites fleurs… de ce que je réussis à lui donner… et il me montre qu’il les trouve beaux… et qu’il m’aime parce que je suis “le néant qui fait confiance et se perd dans le Tout”.

Mon cher Jésus! Je l’aime, je l’aime à la folie! Je l’aime de tout mon être! Oui, je peux le proclamer! À la veille de mes 49 ans Maria Valtorta est née le 14 mars 1897. , si je m’examine attentivement, à la veille du jugement humain sur mon œuvre de porte-parole Maria Valtorta est fébrile. En janvier, Jésus lui avait révélé : "Nous avons affaire à un monde obtus et mauvais — même dans les milieux ecclésiastiques —, à un monde qui ne se soucie guère de relire ces écrits pour pouvoir y reconnaître ma présence et les approuver, mais qui porte toute son attention à éplucher l'ouvrage dans le seul dessein d'y trouver un mot qui puisse passer pour une erreur théologique ou simplement historique, que ce soit dû à l'écriture incertaine de l'écrivain ou à une erreur du copiste" (Cahiers de 1945 à 1950, 21 janvier 1946, page 169). , si je scrute scrupuleusement mon âme et tout mon être pour déchiffrer les vraies paroles qui sont en moi, je puis dire que maintenant j’aime, je comprends que j’aime Dieu de tout mon être. J’ai mis quarante-huit ans pour arriver à cet amour total, si total que je n’ai pas la moindre crainte d’une condamnation, mais seulement la souffrance qu’elle puisse tomber sur des âmes que j’ai conduites à Dieu, et qui, j’en suis convaincue, ont été rachetées par Jésus qui vit en moi mais qui pourraient se séparer de l’Église, ce trait d’union entre l’humanité et Dieu.

D’aucuns diront: “N’as-tu pas honte de tout ce temps?” Non, absolument pas. J’étais si faible, si peu de choses, que je n’ai cessé de le désirer. D’ailleurs, je suis sûre de l’avoir désiré exactement le temps que Jésus l’a voulu. Pas une minute de plus, pas une minute de moins, parce que — je peux l’affirmer — je n’ai jamais rien refusé à Dieu à partir du moment où j’ai commencé à comprendre qui il est Certains événements rapportés par Maria Valtorta, sont relatés dans l' "Autobiographie″, écrite en 1943. L'épisode de ses quatre ans est évoqué aux pages 24 et suivantes. . Depuis que, à l’âge de quatre ans, je le sentais tellement omniprésent que je croyais le trouver jusque dans le bois du dossier de la chaise sur laquelle je m’asseyais: je lui demandais de m’excuser de lui tourner le dos et de m’appuyer contre lui. Depuis que, à quatre ans encore, je pensais — même pendant mon sommeil — que nos péchés l’avaient blessé et tué; je me mettais alors debout sur mon lit pour le supplier, dans ma chemise de nuit, sans regarder aucun tableau religieux mais en me tournant vers mon Aimé tué pour nous, et je le suppliais: «Pas moi! Pas moi! Fais-moi mourir mais ne dis pas que je t’ai blessé!» Et ainsi de suite…

Tu connais mes ardeurs, ô mon Amour. Pas une ne t’est inconnue… Tu sais que le simple éclair d’une proposition venant de toi était aussitôt accepté par ta Maria. Et cela même si tu me demandais de t’offrir l’amour de la fiancée — c’est d’ailleurs à ce moment, le jour de Noël 1921 Voir l'Autobiographie à la page 252 et 253. , que mon amour pour toi a été confirmé —, l’amour de ma parenté, ma vie, ma santé, la prospérité… pour devenir toujours plus un “rien” dans la vie sociale une épave que le monde toise avec commisération ou mépris, une femme qui ne peut pas même attraper un verre d’eau si elle a soif ou s’il n’y a personne pour lui en apporter, une femme clouée comme toi, comme toi — comme j’ai désiré l’être, et comme je voudrais aussitôt le redevenir si tu me guérissais! —. Tout! Le “rien” a tout donné, tout ce qu’il possédait en tant que créature… Eh bien, même aujourd’hui, même aujourd’hui qu’on peut me juger négativement, m’interdire, me frapper, qu’est-ce que je dis? “Reste avec moi, laisse-moi ta grâce. Tout le reste compte pour rien. Je te prie seulement de ne pas me retirer ton amour et de ne pas permettre que ceux que je t’ai donnés retombent dans les ténèbres.”

Mais où suis-je partie, ô mon Soleil, pendant que tu te promènes au milieu des rosiers? Là où mon cœur me porte, lui qui s’est efforcé de t’aimer. Il palpite et fait brûler mon sang dans mes veines. Les gens diront: “Elle a de la fièvre et des palpitations. “Non. C’est que, ce matin, tu es venu en moi avec la force d’un divin ouragan d’amour, et moi… moi je m’anéantis en toi qui me pénètres.

Je ne pense plus comme une créature, mais j’éprouve ce qui doit être la vie des séraphins… et je brûle, je délire et je t’aime, je t’aime, je t’aime. Pitié, dans ton amour! Pitié, si tu veux que je continue à vivre pour te servir, ô Amour divin, éternel, ô très doux Amour, ô Amour des cieux et de la création, Dieu, Dieu, Dieu… Mais non Pas de pitié! Encore plus, au contraire! Encore plus! Jusqu’à la mort sur le brasier de l’amour! Fondons-nous l’un en l’autre! Aimons-nous! Afin que nous soyons dans le Père, comme tu l’as dit quand tu as prié pour nous: “Qu’ils soient (ceux qui m’aiment) là où nous sommes, uneseule chose. Una cosa sola. Maria Valtorta utilise un nom extrêmement générique qui ne reçoit son sens que du contexte. Cf. Jean 17, 21, où le contexte n'est pas défini expressément. ” Une seule chose! Voilà une parole de l’Évangile qui m’a toujours plongée dans un abîme d’adoration amoureuse. Qu’as-tu demandé pour nous, mon divin Maître et Rédempteur! Qu’as-tu demandé, mon divin fou d’amour! Que nous soyons un avec toi, avec le Père, avec l’Esprit Saint, puisque qui est en Un est dans les Trois, ô indivisible Trinité du Dieu un et trine! Béni! Béni! Béni par chaque battement de mon cœur, par chacun de mes souffles!

401.3 – Mais reprenons la vision: je vois s’avancer d’un pas rapide, au point que ses vêtements s’agitent comme une voile remuée par le vent, Pierre, suivi de Barthélemy qui marche plus lentement. Il arrive derrière le Maître penché sur des bébés qu’il caresse, certainement des enfants des cueilleuses, installés sur des paillasses à l’ombre des arbres.

“Maître!”

“Simon, comment donc es-tu ici? Et toi, Barthélemy? Vous deviez partir demain soir après le crépuscule du sabbat…”

“Maître, ne nous fais pas de reproches… Écoute-nous d’abord.”

“Je vous écoute. Et je ne vous fais pas de reproches, car je pense que c’est pour un motif grave que vous avez désobéi. Donnez-moi seulement l’assurance que personne de vous n’est malade ou blessé.”

“Non, non, Seigneur, aucun mal n’est arrivé” s’empresse de dire Barthélemy.

Mais Pierre, sincère et toujours impétueux dit:

“Hum! Moi, je dis qu’il vaudrait mieux que nous avions tous les jambes cassées, et même la tête, plutôt que…”

“Qu’est-il arrivé alors?”

“Maître, nous avons pensé qu’il valait mieux venir pour mettre fin à…” est en train de dire Barthélemy, quand Pierre l’interrompt: