400 – À Béther, chez Jeanne de Kouza. Les conséquences néfastes d’un entretien de Judas avec Claudia
12 mars 1946
Le mardi 12 mars 1946.
400.1 – Jésus, suivi du Zélote qui conduit par la bride l’âne monté par Élise, frappe à la porte du gardien de Béther. Ils n’ont pas fait la même route que l’autre fois et ils sont arrivés aux possessions de Jeanne du petit village qui s’étale sur les pentes occidentales de la montagne sur laquelle s’élève le château.
Le gardien, qui reconnaît le Seigneur, s’empresse d’ouvrir toute grande la grille qui est à côté de sa petite maison et qui donne accès au jardin qui précède l’habitation. C’est le commencement de ce lieu de rêve que sont les jardins des roseraies de Jeanne. Une odeur pénétrante de roses fraîches et d’essence de rose flotte dans l’air chaud du crépuscule et, quand la brise du soir venant de l’orient passe en faisant onduler les rosiers en fleurs, le parfum se fait plus pénétrant, plus frais, plus vrai, car il provient des coteaux plantés de rosiers et il triomphe du lourd parfum d’essence qui sort d’un bas et large appentis appuyé contre le mur occidental de la propriété.
Le gardien explique:
“Ma maîtresse est là. Chaque soir elle y vient à l’heure où se rassemblent ceux qui s’occupent de la cueillette et de l’essence. Elle leur parle, les interroge, les soigne, les réconforte. Oh! Elle est bonne, notre maîtresse! Elle l’a toujours été. Mais depuis qu’elle est ta disciple!… Maintenant je vais l’appeler. C’est une période de gros travaux et les cueilleurs habituels ne suffisent pas, bien que depuis Pâque il y a, en plus, de nouveaux serviteurs et de nouvelles servantes qu’elle a engagés. Attends-moi, Seigneur…”
“Non, j’y vais Moi. Que Dieu te bénisse et te donne la paix” dit Jésus en levant la main pour bénir le vieux gardien que jusqu’alors il a écouté patiemment.
Après l’avoir quitté, il s’en va vers le bas et large appentis.
400.2 – Mais le bruit des pas sur la terre dure du sentier fait lever la tête à Mathias quelque peu curieux et, avec un cri, l’enfant se précipite dehors, les bras déjà ouverts et levés pour inviter à l’embrassement qu’il désire.
“Il y a Jésus! Il y a Jésus!” crie-t-il en courant.
Et quand il est déjà dans les bras du Seigneur qui le baise, Jeanne s’avance au milieu de ses serviteurs.
“Le Seigneur!” crie-t-elle à son tour, et elle tombe à genoux pour le vénérer tout de suite de l’endroit où elle se trouve. Elle se prosterne et puis se relève, avec un visage que l’émotion colore d’une teinte pourpre semblable aux pétales d’une rose épanouie. Puis elle vient vers Jésus et se prosterne encore pour baiser ses pieds.
“La paix à toi, Jeanne. Tu voulais me voir? Je suis venu.”
“Je voulais te voir… Oui, Seigneur…” Jeanne devient pâle et sérieuse. Jésus le remarque.
“Lève-toi, Jeanne. Kouza se porte bien?”
“Oui, mon Seigneur.”
“Et la petite Marie, que je ne vois pas ici?”
“Elle aussi, Seigneur… Elle est allée avec Esther apporter des remèdes à un serviteur malade.”
“C’est pour ce serviteur que tu m’as appelé?”
“Non, Seigneur… Pour… Toi.”
Jeanne, c’est bien visible, ne veut pas parler en présence de tous les gens qui les ont entourés.
Jésus le comprend et il dit:
“C’est bien. Allons voir tes rosiers…”
“Tu dois être fatigué, Seigneur. Tu as besoin de manger… Tu as soif…”