396 – Avec les enfants près de Yutta. La main guérissante de Jésus
7 février 1944
Vision du lundi 7 février 1944, à 18 heures.
396.1 – Ma joie d’aujourd’hui:
Je vois un lieu montagneux. J’ignore où cela se trouve J'ignore où cela se trouve. C'est en 1945 que Maria Valtorta aura les visions des deux visites précédentes de Jésus à Yutta, qui ont formé les chapitres 76 (76.8 rappelle la présente vision) et 212. . Il y a une gorge au milieu de monts dont les contreforts encadrent une vallée, au fond de laquelle bondit un torrent plein d’écume. Il est étroit mais, comme tous les cours d’eau de montagne, il bouillonne de petites cascades. Bien en face de moi, il se dirige vers le sud. Au-delà d’une autre pente qui tombe à pic et d’une autre vallée, on aperçoit plusieurs hauteurs éloignées.
Je comprends qu’il s’agit d’un groupe de hauteurs, pas très élevées, certes, mais plus que des collines. Cela ressemble à beaucoup d’endroits de nos Apennins, par exemple dans la vallée de Magra ou aux environs de Porretta. La végétation est plus propice à l’élevage des moutons qu’à toute autre culture. Des prés verts descendent en pente douce ou s’élèvent çà et là sur des escarpements dont les parties les plus basses semblent prendre, à cette heure du crépuscule — me semble-t-il —, une teinte violet indigo. Ce doit être le début de l’été, car l’herbe est belle, déjà haute, mais pas encore brûlée par le soleil.
De l’endroit où je suis, je vois un chemin muletier grimper vers une bourgade et entrer dans le groupe de maisons. C’est une route de montagne typique, pierreuse, sans cesse en dénivellation. Elle s’élève du sud vers le nord (toujours face à moi), pour pénétrer dans le village et aller à la rencontre du petit torrent, qui coule en sens inverse, pas du côté des habitations mais vers le fond du vallon.
Il y a encore une autre route qui, de la vallée, escalade l’éperon sur lequel le hameau est construit. Etroite au point de ressembler plutôt à un sentier, elle longe la ligne de faîte. Plus bas, la montagne, couverte de verts pâturages, descend en pente raide jusqu’au petit torrent écumant, au-delà duquel des prés prennent d’assaut d’autres monts groupés à l’est.
396.2 – Jésus monte par ce chemin avec quelques apôtres seulement: je reconnais Pierre et André, Jean et Judas; où sont les autres? Jésus, vêtu de blanc, porte un manteau bleu foncé — plus précisément couleur de mer —. Il est tête nue et marche avec agilité, seul. Derrière, en groupe, les quatre apôtres discutent. Jésus, qui les précède de quelques mètres, ne dit rien. Il réfléchit et observe les alentours.
À un certain moment, le sentier longe un muret de pierres sèches qui, me semble-t-il, délimite une propriété, comme pour empêcher la terre de s’ébouler dans la vallée. Jésus y entre. Pommiers, noyers et figuiers s’élèvent çà et là dans des pâtures très bien soignées. Tous sont entretenus méticuleusement et déjà couverts de fruits.
Jésus s’arrête un instant à l’endroit exact où l’éperon de la montagne forme une sorte de triangle pointu, semblable à la proue d’un navire. Il s’appuie au muret et regarde en haut, en bas, autour de lui. Il attend que les apôtres montent, en particulier Pierre, qui est assez lent. Lorsqu’ils sont tous réunis, il leur dit quelque chose que je ne comprends pas, en se penchant légèrement pour parler, car il est bien plus grand qu’eux. J’ai beau ne pas entendre les mots, j’en devine le sens, car je vois Judas se diriger d’un pas leste vers une maison qui s’élève au bout du muret.
Elle est bien différente de celle de Cana! Elle n’a pas de terrasse sur le toit, mais est surmontée d’une espèce de dôme incliné, peut-être pour empêcher les neiges hivernales d’y stagner. Vu l’endroit, en effet, l’hiver doit apporter de la neige ou du moins des pluies en abondance. À la place de cette terrasse manquante, elle a d’un côté une aile en saillie sur laquelle arrive l’escalier, extérieur toujours, mais abrité comme par un toit débordant. Cette aile forme, au sol, un portique, et au-dessus une galerie couverte.
La maison, toute blanche, se détache sur la verdure environnante. Au-devant se trouve une vaste pelouse avec, au centre, un puits entouré d’arbres fruitiers plantés là par désir de créer un jardin, car des fleurs ont été semées tout autour, de manière à former des parterres ronds. J’ai l’impression qu’il s’agit de la demeure de personnes aisées et plus raffinées qu’à Cana.
La route muletière passe devant la maison, de sorte qu’on peut y accéder facilement, et aussi bien par le raccourci. La haie de ronces ne forme pas un obstacle insurmontable, et encore moins les deux grilles rustiques qu’il suffit de pousser.
396.3 – Judas entre sans façons dans la maison, comme s’il connaissait parfaitement ses habitants. Il en sort aussitôt une femme épanouie, entourée de trois enfants Marie, Joseph et Jesaï (voir EMV 76). , et tenant le plus petit dans les bras. Tout sourire, elle s’avance vers Jésus qui, entre-temps, est arrivé au puits.
Je remarque que cette femme est une très belle brune et qu’elle doit avoir la trentaine. Ses cheveux, noirs et plutôt frisés, sont tirés en deux tresses qui lui entourent la tête. Ses yeux eux aussi sont noirs et grands.
Elle a le nez aquilin et d’assez grosses lèvres, très rouges. Elle est grande et bien faite. Je note encore qu’elle est vêtue autrement que Marie et les autres femmes que j’ai vues à Cana: elle aussi porte un long habit d’un bleu très clair, mais elle s’enveloppe entièrement dans une sorte de châle bleu foncé qui l’enserre en modelant ses formes. Il passe sous les aisselles, des deux côtés, puis le pan supérieur tourne derrière son épaule gauche et monte sur la tête, qu’il voile. Les franges de la pointe retombent sur son front. Tout cela m’incite à penser qu’elle n’est pas galiléenne Elle est judéenne. , car ses caractéristiques physiques et sa manière de s’habiller diffèrent de ce que j’ai déjà observé chez les femmes de Galilée.
Le petit qu’elle tient dans les bras, aussi brun qu’elle, doit avoir deux ans tout au plus. C’est un bel enfant qui porte une chemise de laine blanche. La fratrie comprend aussi une fillette de six ans environ, toute bouclée, aux cheveux blonds tirant sur le châtain et vêtue de rose pâle, ainsi que deux garçons plus petits, portant une courte tunique de laine bleu clair comme leur mère. Ils doivent très bien connaître Jésus, car ils se pressent autour de lui en riant.
396.4 – La jeune mère le salue en souriant:
“Entre, Maître, ma maison est la tienne! ”
Jésus lui répond:
“Que le Seigneur te récompense! ”
Puis, étendant le bras droit — le gauche, replié sur sa poitrine, tient un pan de son manteau —, il caresse l’enfant. Je vois la belle main de mon Jésus toucher le front du bébé, qui fait des manières et, en riant, se cache la tête contre le cou de sa mère; de ce nid, il guette Jésus et rit aux éclats pour l’inviter à réitérer son geste.
Près du puits, sous un pommier chargé de fruits qui commencent à mûrir, il y a un banc de pierre, un siège. Jésus s’y assied, tandis que la femme rentre dans la maison chercher un broc. Jésus l’invite à lui donner l’enfant, qu’il pose sur ses genoux pendant qu’elle puise de l’eau; elle revient avec une coupe pleine d’eau et une autre de lait, qu’elle offre à Jésus. Elle lui choisit encore des pommes mûres en écartant les vertes, et les lui donne. Elle pose le tout sur un plat posé sur le banc, à côté de Jésus. On comprend qu’elle a fait de même à d’autres reprises: elle sait ce qui lui plaît.
Les apôtres ont suivi Judas et se désaltèrent eux aussi sous les arcades.