“Non, père. Entrons maintenant et nous allons manger. Ensuite nous te donnerons un vêtement et tu seras parmi des fils et nous aurons un père qui nous souhaitera la bienvenue à chaque retour et nous donnera sa bénédiction à chaque départ.

Nous irons chercher deux colombes pour que tu aies des créatures vivantes près de toi. Nous allons chercher des graines pour le jardin, et tu sèmeras des graines dans les parterres et la foi en Moi dans les cœurs de ce village.”

“J’enseignerai la charité. Ils ne l’ont pas!”

“La charité aussi, mais sois doux…”

“Oh! je le serai. Je n’ai pas dit une seule parole dure à ma bru qui m’abandonnait. J’ai compris et pardonné.”

“J’ai vu cela dans ton cœur. C’est pour cela que je t’ai aimé. Viens, viens avec Moi…”

Et Jésus entre dans la maison en tenant le petit vieux par la main.

384.6 – Pierre les regarde aller et s’essuie une larme du revers de la main avant de reprendre le travail interrompu.

“Tu pleures, frère?”

Pierre ne répond pas.

André insiste:

“Pourquoi pleures-tu, frère?”

“Toi, occupe-toi du chiendent. Si je pleure c’est parce que… parce je le sais, moi…”

“Dis-nous-le. Sois gentil” disent plusieurs.

“C’est parce que… C’est parce que cela me touche davantage le cœur ces instructions-là… oui… en somme faites ainsi, plus que quand il tonne d’un air imposant…”

“Mais alors on voit en Lui le Roi!” s’exclame Judas.

“Et ici on voit le Saint. Pierre a raison” dit Barthélemy.

“Mais pour régner, il doit être fort.”

“Mais pour racheter, il doit être saint.”

“Pour les âmes, oui. Mais pour Israël…”

“Israël ne sera jamais Israël, si les âmes ne se sanctifient pas.”

Les “oui” et les “non” s’entrecroisent et chacun apporte son avis particulier.

Le petit vieux retourne dehors avec un petit broc dans la main. Il va prendre de l’eau à la source. Il ne paraît plus ce qu’il était avant, tellement il est heureux.

“Vieux père, écoute. D’après toi, de quoi a besoin Israël pour être grand, d’un roi ou d’un saint?” demande André.

“C’est de Dieu qu’il a besoin. De ce Dieu qui là, à l’intérieur, prie et médite. Ah! fils, fils! Soyez bons, vous qui le suivez! Soyez bons, bons, bons! Ah! quel don vous a fait le Seigneur! Quel don! Quel don!”

Et il s’en va, en levant les bras vers le ciel et en murmurant:

“Quel don! Quel don!”…