Jésus est terrible alors que, les bras tendus, il montre Samuel.

Mais ensuite il regarde la mère qui, appuyée à la fenêtre, peine à rester debout, secouée par un tremblement et qui paraît près de mourir.

Et Jésus dit avec tristesse:

“Et ainsi, ô Judas, les mères sont tuées, sans autre arme que celle du crime de leur fils, les pauvres mères!… C’est pour elle que j’ai pitié. J’ai pitié des mères, Moi! Moi, le Fils qui ne verra pas de pitié pour sa Mère…”

Jésus pleure… Judas le regarde stupéfait…

375.8 - Jésus se penche sur le mourant et lui met une main sur la tête. Il prie. L’homme ouvre les yeux, il paraît un peu ivre, étonné… Mais bientôt il revient à lui. Il s’assoit en appuyant ses poings au sol. Il regarde Jésus. Il demande:

“Qui es-tu?”

“Jésus de Nazareth.”

“Le Saint! Pourquoi es-tu auprès de moi? Où suis-je? Où est ma sœur et sa fille? Qu’est-il arrivé?”

Il cherche à se rappeler.

“Homme, tu m’appelles saint. Tu me crois donc tel?”

“Oui, Seigneur. Tu es le Messie du Seigneur.”

“Ma parole est donc sacrée pour toi?”

“Oui, ô Seigneur.”

“Alors…” Jésus se dresse debout. Il est imposant:

“Alors, Moi, comme Maître et comme Messie, je t’ordonne de pardonner. Tu es venu ici et tu as été insulté…”

“Ah! Samuel! Oui!… La hache! Je le dénon…” dit-il en se levant.

“Non. Pardonne au nom de Dieu. C’est pour cela que je t’ai guéri. Tu as à cœur la mère d’Annalia, parce qu’elle a souffert. Celle de Samuel souffrirait plus encore. Pardonne.”

L’homme tergiverse quelque peu. Il regarde celui qui l’a frappé, avec une rancœur visible. Il regarde la mère angoissée. Il regarde Jésus qui le domine… Il ne sait pas se décider.

Jésus lui ouvre les bras et l’attire sur sa poitrine en disant:

“Par amour pour Moi!”

L’homme se met à pleurer… Être ainsi dans les bras du Messie, sentir son haleine dans ses cheveux, et un baiser là où il avait reçu le coup!… Il pleure, il pleure…

“Oui, n’est-ce pas? dit Jésus. Tu pardonnes par amour pour Moi? Oh! bienheureux les miséricordieux! Pleure, pleure sur mon cœur. Que sorte avec les pleurs toute rancœur! Tout nouveau! Tout pur! Voilà, ainsi! Doux! oh! doux comme doit l’être un fils de Dieu…”

L’homme lève son visage et, en pleurant, il dit:

“Oui, oui. Ton amour est si doux! Elle a raison, Annalia! Maintenant je la comprends… Femme, ne pleure plus! Le passé est passé. Personne ne saura rien de ma bouche. Jouis de ton fils retrouvé, s’il peut te donner de la joie. Adieu, femme. Je retourne chez moi”.