“Pourquoi pas toi?”

“Parce que tu veux mourir… et bientôt. Et moi, qui sait quand je mourrai. Fais-moi mourir avant toi, Maître!”

“Non, tu dois me servir encore pendant longtemps.”

“Et alors j’ai raison de dire que Lazare a de la chance!”

“Les bien-aimés auront tous de la chance comme lui, plus que lui.”

“Qui sont-ils? Les purs, n’est-ce pas?”

“Ceux qui savent aimer totalement. Toi, par exemple, Marie.”

“Oh! mon Maître!”

Marie glisse par terre sur la natte multicolore qui couvre le dallage de cette pièce, et elle reste là dans l’adoration de son Jésus.

Marthe, qui la cherche, passe la tête à l’intérieur.

“Viens, donc! Nous devons préparer la salle rouge pour la cène du Seigneur.”

“Non, Marthe. Celle-là, vous la donnerez aux plus humbles, aux paysans de Yokhanan (Giocana), par exemple.”

“Mais pourquoi, Maître?”

“Parce que les pauvres sont autant de Jésus et que je suis en eux. Honorez toujours le pauvre que personne n’aime, si vous voulez être parfaites. Pour Moi, vous préparerez dans l’atrium. En tenant ouvertes les nombreuses portes qui donnent en son intérieur, tous me verront, et Moi, je verrai tout le monde.”

Marthe, pas trop satisfaite, objecte:

“Mais Toi, dans un vestibule!… Cela n’est pas digne de Toi…!”

“Va, va. Fais ce que je te dis. C’est très digne de faire ce que le Maître conseille.”

Marthe et Marie sortent sans faire de bruit, et Jésus reste patiemment pour veiller l’ami qui repose.

375.3 - Les cènes sont toutes en cours. La répartition des hôtes n’est guère juste du point de vue humain, mais elle est faite d’un point de vue supérieur de manière à donner honneur et amour à ceux que le monde néglige habituellement.

Ainsi dans la splendide, royale salle rouge, dont la voûte est soutenue par deux colonnes de porphyre rouge entre lesquelles on a dressé la longue table, sont assis les paysans de Yokhanan, avec Marziam, Isaac, et d’autres disciples pour arriver au nombre prescrit PÂQUE JUIVE (RITUEL) : "au nombre prescrit" peut faire référence, comme en EMV 372.6, à la prescription d'Exode 12,4 dans le contexte du rituel pour la célébration de la Pâque. On en trouvera plus de détails dans le chapitre de la dernière Cène pascale (à partir d'EMV 600.7). Pour ce qui est de la Pâque juive, nous renvoyons une fois pour toutes à Exode 12 | Exode 13,1-16 | Exode 23,14-19 | Exode 34,10-28 | Lévitique 23,5-8 | Nombres 9,1-14 | Nombres 28,16-25 | Deutéronome 16,1-8 | Ezéchiel 45,18-24. On trouvera des prophéties tirées de la Pâque mosaïque en EMV 589.3/7. . Dans la salle, où eut lieu le repas le soir précédent, il y a d’autres disciples parmi les plus humbles. Dans la salle blanche, un rêve de candeur, se trouvent les disciples vierges, et avec elles, qui sont seulement quatre, il y a les sœurs de Lazare et Anastasica et d’autres jeunes. Mais la reine de la fête c’est Marie, la Vierge par excellence. Dans la pièce voisine, qui peut-être est une bibliothèque car elle est garnie de hauts coffres sombres qui peut-être contiennent des rouleaux ou en contenaient, se trouvent les veuves et les épouses, avec à leur tête Élise de Beth-Çur (Bethsur) et Marie d’Alphée. Et ainsi de suite.

Mais ce qui frappe, c’est de voir Jésus dans l’atrium de marbre. Il est vrai que le goût raffiné des deux sœurs de Lazare a fait du vestibule carré un véritable salon éclairé, fleuri, plus splendide qu’une salle. Mais c’est toujours un vestibule! Jésus est avec les douze, mais à côté de Lui, il y a Lazare. Et avec Lazare, il y a aussi Maximin.

Les cènes se poursuivent selon le rite… et Jésus rayonne de joie d’être au milieu de tous ses disciples fidèles.

375.4 - Une fois les cènes terminées, après qu’a été consommé le dernier calice, qu’a été chanté le dernier psaume, tous ceux qui étaient dans les différentes salles affluent dans l’atrium. Mais ils n’y entrent pas à cause de la table trop encombrante.

“Allons dans la salle rouge, Maître. Nous pousserons la table contre le mur et nous nous tiendrons tous autour de Toi” suggère Lazare, et il fait signe aux serviteurs de s’exécuter.

Maintenant Jésus, assis au milieu, entre les deux précieuses colonnes, sous un lampadaire qui l’éclairé vivement, élevé sur un piédestal fait de deux lits sièges qui servaient pour la cène, semble vraiment un roi assis sur son trône au milieu de ses courtisans. Son habit de lin qu’il a mis avant la cène brille comme s’il était fait de fils précieux et il semble encore plus blanc en se détachant sur le rouge sombre des murs et le rouge lumineux des colonnes.