“Il est horrible de manquer à son propre devoir. Tu ne pensais pas à elle? Pas à tes enfants?”

“Pitié, Seigneur… Pour eux, pour moi… Pardon! Pardon!”

Et il s’abat en pleurant sur le muret, les mains bandées dépassant avec tout le bras, qui reste découvert à cause des manches qui sont remontées, souillé déjà par les pustules toutes proches, enflé, repoussant… L’homme, dans cette position, semble une marionnette macabre, une dépouille jetée là, déjà sur le point de se décomposer. Il fait peine à voir et donne la nausée.

La femme pleure, toujours agenouillée dans la poussière. Jésus semble attendre encore un mot…

Finalement, il descend, entre les sanglots:

“Je gémis près de Toi dans la contrition de mon cœur! Promets au moins qu’eux ne souffriront pas de la faim… et puis… je m’en irai, résigné à l’expiation. Et Toi, sauve mon âme, Sauveur béni! Elle au moins! Elle au moins!”

“Oui. Je te guéris. À cause des innocents. Pour te donner la possibilité de te montrer juste. Tu comprends? Rappelle-toi que le Sauveur t’a guéri. Dieu, selon la façon dont tu répondras à cette grâce, te pardonnera tes fautes. Adieu! Paix à toi, femme.”

Et il s’en va presque en courant à la rencontre de ceux qui viennent du Gethsémani, sans même se laisser arrêter par les cris de l’homme qui se sent et se voit guéri, ni par ceux de sa femme…

“Prenons cette ruelle pour ne pas passer de nouveau par-là” dit Jésus après s’être rassemblé avec les autres.

374.9 - Ils prennent une ruelle misérable, si étroite que l’on a du mal à passer deux à la fois et si un âne y passe avec un bât, il n’y a plus qu’à se coller au mur comme un timbre-poste. C’est la pénombre à cause des toits qui se touchent presque, la solitude, le silence et des odeurs nauséabondes. Ils s’en vont en file comme un défilé de moines tout le long de la ruelle misérable. Puis ils se réunissent sur une petite place remplie de garçons.

“Pourquoi as-tu parlé ainsi à cet homme? Tu ne le fais jamais…” demande Pierre curieux.

“Parce que cet homme sera un de mes ennemis Lors de l'arrestation de Jésus, Jacob lui jette une pierre à la tête. Sa femme lui crie : «Lâche ! Si tu es vivant, c'est grâce à Lui, homme répugnant, plein de pourriture. Souviens-t'en !». Jacob la renverse et la frappe (EMV 604.2). Sous la violence, son crâne éclate contre le mur (EMV 630.11). et cette faute à venir aggravera celles qu’il a déjà.”

“Et tu l’as guéri?!” demandent tous stupéfaits.

“Oui. À cause des petits innocents.”

“Hum! Il se rendra de nouveau malade…”

“Non. Pour la vie du corps, après l’épouvante et la souffrance qu’il a eues, il fera attention. Il ne se rendra plus malade.”

“Mais il péchera contre Toi, dis-tu? Moi je l’aurais fait mourir.”

“Tu es un pécheur, Simon de Jonas.”

“Et Toi, tu es trop bon, Jésus de Nazareth” réplique Pierre.

Ils disparaissent dans une rue centrale, et je ne vois plus rien.

374.10 - Remarque personnelle.

Aussi bien l’homme guéri que Samuel, je les reconnais Elle les a vus dans un épisode écrit l'année précédente (du jeudi 22 au dimanche 25 mars 1945), qu'on trouve en EMV 604.2. . Le premier est celui qui pendant la Passion frappa Jésus à la tête avec un caillou. Plus que lui, je reconnais sa femme, désolée maintenant comme alors et la maison qui a une porte facile à reconnaître car on y accède par trois marches. Et de même, sous le voile de haine qui le transforme, je reconnais en Samuel le jeune homme qui a tué sa mère d’un coup de pied pour pouvoir aller frapper le Maître avec une matraque.

Pour ma part, je mettrai ces notes au bas de la page N… de la Passion.