“N’aie pas pareille peur! Que fais-tu maintenant comme travail?”

“La servante, quand on veut de moi, la glaneuse, la laveuse de draps, la broyeuse de chanvre… de tout… pour leur donner à manger. Lévi maintenant va faire le paysan… si on veut de lui car… c’est un bâtard de race.”

“Fais confiance au Seigneur!”

“Si je n’avais pas eu confiance, je me serais tuée avec eux, Seigneur.”

“Va, femme, nous nous reverrons”

Et il la congédie.

370.4 – Jeanne, pendant ce temps, est accourue et elle est restée à genoux en attendant que le Maître la voie. Lui se retourne, en fait, et il la voit.

“Paix à toi, Jeanne! Tu m’as parfaitement obéi.”

“T’obéir, c’est ma joie. Mais je n’ai pas été la seule à te procurer “la cour” comme tu le voulais. Kouza m’a aidée de toute manière et aussi Marthe et Marie. Et Elise avec elles. Les uns en envoyant leurs serviteurs prendre ce qu’il fallait et pour aider les miens à rassembler les hôtes, d’autres en aidant les serviteurs et les servantes des bains, à laver les “bien-aimés” comme tu les appelles. Maintenant, avec ta permission, je vais donner à tout le monde un peu de nourriture pour qu’ils n’aient pas trop faim en attendant le repas.”

“Fais-le, oui. Où sont les femmes disciples?”

“Sur la terrasse supérieure où je fais préparer les tables. Ai-je pensé juste?”

“Oui, Jeanne. Là-haut, on sera tranquille, aussi bien eux que nous.”

“Oui, c’est ce que j’ai pensé. D’ailleurs, dans aucune autre salle je n’aurais pu faire les préparatifs pour tant de monde… Et je ne voulais pas faire de séparation pour ne pas occasionner des jalousies et des souffrances. Les malheureux ont une sensibilité si vive, ils souffrent si facilement, je dirais même!… Ils ne sont qu’une plaie et il suffit d’un regard pour les faire souffrir.” “Oui, Jeanne. Ton âme est sensible à la pitié, et tu comprends. Que Dieu te récompense pour ta pitié.

370.5 – Y a-t-il beaucoup de femmes disciples?”

“Oh! toutes celles qui étaient à Jérusalem!… Mais… Seigneur… j’ai peut-être commis une faute… Je voudrais te dire quelque chose en secret.”

“Conduis-moi dans un endroit solitaire.”

Ils vont eux deux seuls dans une pièce où, à cause des jouets étalés partout, je comprends que c’est la salle de jeux de Marie et de Matthias.

“Eh bien, Jeanne?”

“Oh! mon Seigneur, certainement j’ai été imprudente… Mais l’idée m’en est venue, si spontanément, et avec tant d’impétuosité! Kouza me l’a reproché. Mais maintenant… Au Temple il est venu un esclave de Plautina avec une tablette. Elle et ses compagnes demandaient s’il était possible de te voir. J’ai répondu: “Oui, dans l’après-midi, chez moi”. Et elles vont venir… Ai-je mal fait? Oh! pas à cause de Toi!… Mais à cause des autres, pour ceux qui sont tous Israël… et ne sont pas amour comme Toi. Si j’ai fauté, j’essaierai de réparer… Mais je désire tant que le monde, le monde entier, t’aime, que… que je n’ai pas réfléchi que dans le monde Toi seul es Perfection et qu’il y en a trop peu qui cherchent à te ressembler.”

“Tu as bien fait. Aujourd’hui je prêche à vous tous par les œuvres. Et la présence des gentils parmi ceux qui croient en Jésus Sauveur sera une des choses que dans l’avenir devront faire ceux qui croient en Moi. Les enfants, où sont-ils?”

“Un peu partout, Seigneur” dit en souriant Jeanne rassurée, et elle dit pour finir: “La fête les exalte, et ils courent ça et là comme des oiseaux heureux.”

Jésus la quitte, revient dans le vestibule, fait un signe aux hommes qui étaient avec Lui et se dirige vers le jardin pour monter sur la vaste terrasse.

370.6 – Une joyeuse activité remplit la maison de la cave au toit. C’est un va et vient incessant, avec des vivres et du mobilier, avec des paquets de vêtements, des sièges. On accompagne les hôtes, en répondant aux questions toujours joyeusement et affectueusement.

Jonathas, solennel dans sa fonction d’intendant, dirige, surveille, conseille inlassablement.

La vieille Esther, heureuse de voir l’entrain et le bonheur de Jeanne, rit au milieu d’un cercle de pauvres enfants auxquels elle distribue des fouaces tout en racontant des histoires merveilleuses. Jésus s’arrête un moment pour écouter la conclusion magnifique de l’une d’elles, où on dit que “à la bonne Aube de mai, qui jamais ne se révoltait contre le Seigneur pour les souffrances qui étaient survenues dans sa maison, Dieu accorda beaucoup de faveurs qui permirent à Aube de mai d’apporter sauvegarde et biens même à ses frères. Les anges emplissaient la petite huche, finissaient le travail sur le métier pour aider la bonne fillette en disant: “C’est notre sœur parce qu’elle aime le Seigneur et son prochain. Il faut que nous l’aidions.”