“À cause de Moi, femme? En quoi ai-je péché?”

“Oh! Tu n’as pas péché, mais il (Samuel) dit qu’Annalia t’aime. Et il simule la jalousie. Hier soir il est venu, et elle était chez Toi. Il est entré en furie et il a juré qu’il n’en voulait plus pour épouse. Annalia qui est survenue alors lui a répondu: “Tu fais bien. Je ne regrette qu’une chose: que tu cherches à revêtir la vérité de mensonge et de calomnie. Tu sais que l’on n’aime Jésus qu’avec son âme. Mais c’est ton âme qui maintenant est corrompue et elle quitte la Lumière pour la chair, alors que je quitte la chair pour la Lumière.

Nous ne pourrions plus être une seule pensée comme deux époux doivent l’être. Va donc, et que Dieu veille sur toi”. Pas une larme, tu comprends? Rien qui ait touché le cœur de l’homme! Mes espérances sont déçues! Elle… oh! certainement par légèreté, cause sa propre ruine.

368.3 – Appelle-la, Seigneur. Parle-lui. Ramène-la à la raison. Cherche Samuel. Il est chez Abraham son parent, la troisième maison après la fontaine du figuier. Aide-moi! Mais d’abord parie à elle, tout de suite…”

“Pour ce qui est de parler, je parlerai. Mais tu devrais remercier Dieu qui délie un lien humain, dont il est clair qu’il ne méritait pas la confiance. L’homme est inconstant et injuste envers Dieu et envers sa femme…”

“Oui, mais il est atroce que le monde pense qu’elle soit coupable, que tu sois coupable, seulement parce qu’elle est pour Toi une disciple.”

“Le monde accuse et puis oublie. Le Ciel, au contraire, est éternel. Ta fille sera une fleur du Ciel.”

“Alors pourquoi l’as-tu faite vivre? Elle aurait été une fleur sans devoir subir la lapidation des calomnies. Oh! Toi qui es Dieu, appelle-la, ramène-la à la raison, et puis fais réfléchir Samuel…”

“Rappelle-toi, femme, que Dieu Lui-même ne peut violenter la liberté de l’homme et sa volonté. Eux, Samuel et ta fille, ont le droit de suivre ce qu’ils pensent être bien pour eux. Annalia en a spécialement le droit…”

“Mais pourquoi?”

“Parce que plus que Samuel, elle est aimée de Dieu. Parce que plus que Samuel, elle donne de l’amour à Dieu. Ta fille appartient à Dieu!”

“Non, en Israël, cela n’existe pas. La femme doit être épouse… Elle est à moi, ma fille… Son mariage m’apportait la paix pour l’avenir…”

“Ta fille, depuis un an, était au tombeau sans mon intervention. Qui suis-je pour toi?”

“Le Maître et Dieu.”

“Et comme Dieu et comme Maître je dis que le Très-Haut a des droits plus que tout autre sur ses fils, et qu’il va y avoir beaucoup de changements dans la Religion, et que dorénavant il sera possible aux vierges de rester éternellement telles pour l’amour de Dieu.

368.4 – Ne pleure pas, ô mère! Quitte ta maison et viens avec nous, aujourd’hui. Viens! Là dehors il y a ma Mère et les autres mères héroïques qui ont donné leurs fils au Seigneur. Joins-toi à elles…”

“Parle à Annalia… Essaie, Seigneur!” gémit la femme en sanglotant.

“Bon. Je vais faire comme tu veux” dit Jésus et, ouvrant la porte, il appelle sa Mère avec Annalia.

Elles viennent rapidement et elles entrent.

“Mon enfant, ta mère veut que je te dise de réfléchir encore. Elle veut que je parle à Samuel. Que dois-je faire? Quelle réponse me donnes-tu?”

“Parle donc à Samuel, et même je te supplie de le faire. Mais seulement parce que je voudrais qu’en t’entendant il devienne juste. Quant à moi, tu sais. Je te prie de donner à ma mère la réponse la plus vraie.”

“Tu entends, femme?”

“Quelle est donc la réponse?” demande de sa voix brisée la femme qui aux premières paroles de sa fille croyait à son regret, et qui ensuite a compris qu’il n’en était pas ainsi

“La réponse est que depuis un an ta fille appartient à Dieu, et que son vœu est perpétuel, pour la durée de la vie.”

“Oh! misérable que je suis! Quelle mère est plus malheureuse que moi?!”