363.5 - La nouvelle de la présence dans le pays de Jésus de Nazareth s’est répandue, et les gens de Rama sont tous sur les routes avec un grand désir de l’approcher.

Jésus les voit et il dit à Thomas:

“Pourquoi ne viennent-ils pas? Ils ont peut-être peur de Moi? Dis-leur que je les aime.”

Oh! Thomas ne se le fait pas dire deux fois! Il va d’un groupe à l’autre, si rapide qu’il semble un papillon volant de fleur en fleur. Et ils ne se le font pas dire deux fois non plus les gens qui ont entendu l’invitation. Ils accourent tous, en se donnant le mot, autour de Jésus aussi, lorsqu’ils arrivent au carrefour où se trouve la maison de Thomas, il y a toute une foule discrète qui parle avec respect aux apôtres et aux parents de Thomas, s’informant de choses et autres.

Je me rends compte que Thomas a beaucoup travaillé pendant les mois d’hiver et qu’une partie notable de la doctrine évangélique est connue dans le pays, mais ils désirent avoir de Jésus des explications particulières. Quelqu’un, qui a été très impressionné par la bénédiction que Jésus a donnée aux enfants de la maison hospitalière et par ce qu’il a dit de Thomas, demande:

“Seront-ils donc tous des justes à cause de ta bénédiction?”

“Non à cause d’elle, mais à cause de leurs actions. Moi, je leur ai donné la force de ma bénédiction pour les fortifier dans leurs actions. Mais ce sont eux qui doivent faire les actions et faire seulement de justes actions pour avoir le Ciel. Moi, je bénis tout le monde… mais tous ne se sauveront pas en Israël.”

“Et même il s’en sauvera très peu, s’ils vont de l’avant comme ils le font maintenant” murmure Thomas.

“Que dis-tu?”

“La vérité. Celui qui persécute le Christ et le calomnie, celui qui ne pratique pas ce qu’il enseigne, ne prendra pas part à son Royaume” dit Thomas de sa grosse voix.

363.6 - Quelqu’un le tire par la manche:

“Il est très sévère?” demande-t-il en montrant Jésus.

“Non. Au contraire il est trop bon.”

“Moi, qu’en dis-tu, est-ce que je me sauverai? Je ne suis pas parmi les disciples. Mais tu sais comme je suis et comme j’ai toujours cru à ce que tu me disais. Mais je ne sais pas faire davantage. Que dois-je faire au juste pour me sauver en plus de ce que je fais déjà?”

“Demande-le-lui. Il aura la main et le jugement plus doux et plus juste que le mien.”

L’homme s’avance et dit:

“Maître, je suis fidèle à la Loi et depuis que Thomas m’a répété tes paroles, j’essaie de l’être davantage. Mais je suis peu généreux. Je fais ce que je dois faire absolument. Je m’abstiens de faire ce qu’il n’est pas bien de faire car j’ai peur de l’Enfer. Mais pourtant j’aime mes aises et… je l’avoue, je m’efforce de faire les choses de façon à ne pas pécher mais sans trop me gêner pourtant. Est-ce que je me sauverai en agissant ainsi?”

“Tu te sauveras. Mais pourquoi être avare avec le bon Dieu qui est si généreux avec toi? Pourquoi ne prétendre pour soi que le salut, obtenu difficilement, et non pas la grande sainteté qui donne tout de suite une paix éternelle? Allons, homme! Sois généreux avec ton âme!”

L’homme dit humblement:

“J’y réfléchirai, Seigneur. J’y réfléchirai. Je sais que tu as raison et que je fais tort à mon âme en l’obligeant à une longue purification avant d’avoir la paix.”

“Bravo! Cette pensée est déjà un commencement de perfectionnement.”

363.7 - Un autre de Rama demande:

“Seigneur, sont-ils peu nombreux ceux qui se sauvent?”

“Si l’homme savait se conduire avec respect envers lui-même et avec un amour respectueux pour Dieu, tous les hommes se sauveraient comme Dieu le désire. Mais l’homme n’agit pas ainsi. Et comme un sot il s’amuse avec le clinquant au lieu de prendre l’or véritable. Soyez généreux dans votre recherche du Bien. Cela vous coûte? C’est en cela que réside le mérite. Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. L’autre, large et attirante, c’est une séduction de Satan pour vous dévoyer. Celle du Ciel est étroite, basse, nue et sévère. Pour y passer il faut être agile, léger, sans faste et sans matérialité.

Il faut être spirituel pour pouvoir le faire. Autrement, quand sera venue l’heure de la mort, vous n’arriverez pas à la franchir. Et en vérité on en verra beaucoup qui chercheront à entrer sans pouvoir y réussir tant la matérialité les rend obèses, tant les pompes mondaines les rendent compliqués, tant les raidit la croûte du péché, tant l’orgueil qui est leur squelette les rend incapables de se plier. Et alors le Maître du Royaume viendra fermer la porte, et alors ceux qui sont dehors, ceux qui n’auront pas pu entrer au moment voulu, en restant dehors frapperont à la porte en criant: “Seigneur, ouvre-nous! Nous sommes là aussi”. Mais Lui dira: “En vérité, Je ne vous connais pas, et Je ne sais pas d’où vous venez”