363.3 - Il peut enfin entrer parmi les salutations plus respectueuses des adultes. Mais ce qui me plaît particulièrement, c’est le salut du père de Thomas, un vieillard typiquement juif, que Jésus relève car il veut l’embrasser “par reconnaissance pour sa générosité qui lui donne un apôtre.”

“Oh! Dieu m’a aimé plus que tout autre en Israël. Alors que tout hébreux a son premier-né consacré au Seigneur, moi j’en ai deux qui sont consacrés: le premier et le dernier; et le dernier est encore plus sacré car, sans être lévite ni prêtre, il fait ce que le Grand Prêtre lui-même ne peut pas faire: il voit constamment Dieu et il accueille ses commandements!” dit-il avec sa voix un peu tremblante de vieillard, que l’émotion fait encore trembler davantage.

Et il dit pour finir:

“Dis-moi seulement une chose pour contenter mon âme. Toi, qui ne mens pas, dis-moi: mon fils, par la façon dont il te suit, est-il digne de te servir et de mériter la Vie éternelle?”

“Reste en paix, père. Ton Thomas a une grande place dans le cœur de Dieu par la façon dont il se conduit; et il aura une grande place au Ciel pour la manière dont il aura servi Dieu jusqu’à son dernier soupir.”

Thomas halète comme un poisson hors de l’eau par l’émotion que lui donne ce qu’il entend dire.

Le vieillard lève ses mains tremblantes alors que deux larmes descendent par les rides profondes pour se perdre dans sa barbe patriarcale, et il dit:

“Sur toi la bénédiction de Jacob Bénédiction de Jacob sur Joseph qui se trouve en Genèse 49,25-26. , la bénédiction du patriarche au juste parmi les fils: que le Tout-Puissant te bénisse par les bénédictions du ciel au-dessus de nous, par les bénédictions de l’abîme au-dessous, par les bénédictions des mamelles et du sein. Que les bénédictions de ton père surpassent celles que lui-même a reçues de son père, et qu’elles se posent sur la tête de Thomas jusqu’à ce que vienne le désir des collines éternelles, sur la tête de celui qui est le nazaréen parmi ses frères!”

Et tous répondent:

“Qu’il en soit ainsi.”

“Et maintenant, Toi, ô Seigneur, bénis cette maison et surtout ceux qui sont le sang de mon sang” dit le vieillard en montrant les enfants.

Jésus, en ouvrant les bras, entonne la bénédiction mosaïque et il y ajoute:

“Que Dieu, en présence duquel marchèrent vos pères, que Dieu qui m’a nourri depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour, que l’ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces petits, qu’ils portent mon Nom et aussi les noms de mes pères et qu’ils se multiplient largement sur la terre”

Et il termine en prenant le dernier-né des bras de sa mère pour le baiser sur le front en disant:

“Et qu’en toi descendent comme du miel et du beurre les vertus d’élite qui ont habité dans le Juste dont le nom t’a été donné, en le rendant plein de vie pour les Cieux et orné comme le palmier l’est de ses blondes dattes et le cèdre de sa royale frondaison.”

Tous les assistants sont émus et extasiés, mais ensuite c’est une explosion de joie qui sort de toutes les bouches et accompagne Jésus qui entre dans la maison et ne s’arrête que lorsqu’il est dans la cour où il présente à ses hôtes sa Mère, les femmes disciples, les apôtres et les disciples.

363.4 - Ce n’est plus le matin, et ce n’est plus le midi. Les rayons maladifs du soleil percent difficilement les nuages ébouriffés de ce temps qui a du mal à se remettre. Le soleil ne va pas tarder de se coucher. C’est le crépuscule.

Les femmes ne sont plus là, ni Isaac ni Manahen, alors que Marziam est resté et il est tout heureux aux côtés de Jésus. Il sort de la maison avec Lui, les apôtres et toute la parenté masculine de Thomas, pour voir des vignes qui ont des qualités particulières. Aussi bien le père que le beau-frère de Thomas, vantent l’orientation du vignoble et la rareté des vignes qui pour le moment n’ont que des feuilles nouvelles et très tendres.

Et Jésus avec bienveillance écoute ces explications intéressantes de taille et de sarclage comme si c’était les choses les plus importantes du monde. À la fin il dit en souriant à Thomas:

“Est-ce que je dois bénir cette dot de ta sœur jumelle?”

“Oh! mon Seigneur! Je ne suis pas Doras ni Ismaël. Je sais que ta respiration, ta présence dans un lieu sont déjà une bénédiction. Mais si tu veux lever ta main droite sur ces vignes, fais-le, et certainement leur fruit sera saint.”

“Et abondant, non? Qu’en dis-tu, père?”

“Il suffit qu’il soit saint. Cela suffit! Et moi, je le presserai et je te l’enverrai pour la Pâque prochaine et tu t’en serviras dans le calice rituel.”

“C’est dit. J’y compte. Je veux, à la Pâque qui va venir, consommer le vin d’un véritable Israélite.”

Ils sortent du vignoble pour retourner au village.