352 – Un pécheur converti par Marie-Madeleine. Le petit Benjamin. Instructions sur “le plus grand” et sur “les tout-petits”, modèles à ne pas scandaliser
6 décembre 1945 / 7 mars 1944 / 7 mars 1944
Le jeudi 6 décembre 1945
352.1 - C’est juste au moment où le ciel et le lac sont incendiés par les feux du crépuscule qu’ils reviennent vers Capharnaüm. Ils sont contents. Ils parlent entre eux. Jésus parle peu, mais il sourit. Ils remarquent que, si le messager avait été plus précis, il leur aurait épargné du chemin. Mais pourtant, aussi, ils disent qu’ils ont été payés de leur fatigue parce que
tout un groupe de petits enfants ont eu leur père guéri au moment où déjà sa mort était proche et où il se refroidissait, et aussi parce qu’ils ne sont plus tout à fait sans argent.
“Je vous l’avais dit que le Père aurait pourvu à tout” dit Jésus.
“Et c’est un ancien amant de Marie de Magdala?” demande Philippe.
“Il semble… D’après ce que l’on nous a dit…” répond Thomas.
“À Toi, Seigneur, que t’a dit l’homme?” demande Jude d’Alphée. Jésus sourit évasivement.
“Moi, je l’ai vu plus d’une fois avec elle, quand j’allais à Tibériade avec des amis. Cela est sûr” affirme Mathieu.
“Oui, Frère, contente-nous… L’homme t’a-t-il demandé seulement de guérir, ou aussi d’être pardonné?” demande Jacques d’Alphée.
“Quelle question inutile! Quand donc le Seigneur n’exige-t-il pas de repentir, pour accorder une grâce?” dit l’Iscariote avec quelque dédain pour Jacques d’Alphée.
“Mon frère n’a pas dit une sottise. Jésus guérit ou délivre, et puis il dit: “Va et ne pèche plus” lui répond le Thaddée.
“Mais c’est parce qu’il voit déjà le repentir dans les cœurs” réplique l’Iscariote.
“Chez les possédés il n’y a pas de repentir ni de volonté d’être délivrés. Pas un, nous l’a prouvé. Rappelle-toi tous les cas. Tu verras que, ou bien ils s’enfuyaient, ou bien ils se manifestaient comme ennemis ou, pour le moins, ils essayaient l’une ou l’autre chose et ils n’y arrivaient pas seulement parce que les parents les en empêchaient” réplique le Thaddée.
“Et la puissance de Jésus” ajoute le Zélote.
“Mais alors Jésus tient compte de la volonté des parents qui représentent la volonté du possédé qui, si le démon ne l’en empêchait pas, voudrait être délivré.”
“Oh! que de subtilités! Et pour les pécheurs alors? Il me semble qu’il emploie la même formule, même s’ils ne sont pas possédés” dit Jacques de Zébédée.
“À moi il a dit: “Suis-moi” et je ne Lui avais pas encore dit un mot concernant mon état” observe Mathieu.
“Mais il le voyait dans ton cœur” dit l’Iscariote qui veut toujours avoir raison, à tout prix.
352.2 - “Et c’est bien! Mais cet homme, qui d’après le bruit qui court était un grand débauché et un grand pécheur, n’était pas possédé, ou plutôt sans l’être il avait un démon comme maître sinon comme possesseur, avec tous ses péchés. Il était moribond, mais qu’a-t-il demandé en somme? Nous sommes en train de faire un voyage dans les nuages me semble-t-il… nous en sommes encore à la première question” dit Pierre.
Jésus le satisfait:
“Cet homme a voulu être seul avec Moi pour pouvoir parler en toute liberté. Il n’a pas exposé tout de suite son état de santé…mais l’état de son esprit. Il a dit: “Je suis mourant, mais pas encore comme j’ai fait croire pour t’avoir le plus vite possible. J’ai besoin de ton pardon pour guérir. Mais cela me suffit. Si tu ne me guéris pas, je me résignerai. Je l’ai mérité. Mais sauve mon âme” et il m’a confessé ses nombreuses fautes. Une chaîne de fautes à donner la nausée…”
Jésus parle ainsi, mais son visage resplendit de joie.
“Et tu en souris, Maître? Cela m’étonne!” observe Barthélemy.