Heureusement Jésus vient à son secours et Judas est pensif et distrait, ou il feint de l’être. Jésus dit:
“Oui, Rachel. Tu te rappelles bien. Elle est guérie, et les champs donneront beaucoup de grain. Nous y sommes passés, Jacques et Moi. Il peut tant le sacrifice d’un enfant juste.”
“À Bethsaïde, ce fut Jacques qui fit un miracle sur un pauvre estropié, et Matthieu, en route vers la maison de Jacob, a guéri un enfant. Mais justement aujourd’hui, sur la place de ce village près du pont, Philippe et Jean ont guéri, le premier quelqu’un qui avait les yeux malades, et le second un enfant possédé.”
333.4 – “Vous avez tous bien fait, très bien fait. Maintenant nous allons jusqu’à ce village sur les pentes, et nous allons nous arrêter dans quelque maison pour dormir.”
“Et Toi, mon Maître, qu’as-tu fait? Comment va Marie? Et l’autre Marie?” demande Jean.
“Elles vont bien et vous saluent tous. Elles sont en train de préparer des vêtements et ce qu’il faut pour le pèlerinage de printemps. Et elles sont impatientes de le faire pour rester avec nous.”
“Suzanne et Jeanne aussi et notre mère ont la même anxiété” dit toujours Jean.
Barthélemy dit:
“Ma femme aussi, avec ses filles, veut venir cette année, après tant d’années, à Jérusalem. Elle dit que jamais plus ce ne sera beau comme cette année… Je ne sais pourquoi elle le dit, mais elle soutient qu’elle le sent dans son cœur.”
“Certainement alors la mienne aussi viendra. Elle ne me l’a pas dit… Mais ce que fait Anne, Marie le fait toujours” dit Philippe.
“Et les sœurs de Lazare? Vous qui les avez vues…” demande Simon le Zélote.
“Elles obéissent en souffrant à l’ordre du Maître et à la nécessité… Lazare est très souffrant, n’est-ce pas, Judas? Il est presque toujours couché. Mais elles attendent le Maître avec beaucoup d’anxiété” dit Thomas.
“Mais Pâque va bientôt arriver et nous irons chez Lazare.”
“Mais qu’as-tu fait à Nazareth et à Chorazeïn?”
“À Nazareth j’ai salué les parents et les amis et les parents des deux disciples. À Chorazeïn j’ai parlé dans la synagogue et j’ai guéri une femme. Nous avons séjourné chez la veuve qui a perdu sa mère. Une douleur, et en même temps un soulagement à cause du peu de ressources et du temps que lui prenaient les soins donnés à l’infirme qui empêchaient la veuve de travailler.
Elle s’est mise à filer pour le compte des autres, mais elle n’est plus désespérée. Elle est assurée du nécessaire et elle en est satisfaite. Joseph va chaque matin chez un menuisier du “Puits de Jacob” pour apprendre le métier.”
333.5 – “Sont-ils meilleurs, ceux de Chorazeïn?” demande Matthieu.
“Non, Matthieu. Ils sont de plus en plus mauvais, reconnaît franchement Jésus. Et ils nous ont maltraité. Les plus puissants, naturellement, pas le simple peuple.”
“C’est vraiment un mauvais endroit. Il ne faut plus y aller” dit Philippe.
“Ce serait une souffrance pour le disciple Élie, et pour la veuve et pour la femme guérie aujourd’hui, et pour ceux qui sont bons.”
“Oui, mais ils sont si peu nombreux que… moi, je ne m’occuperais plus de cet endroit. Tu l’as dit: “Impossible de les travailler” dit Thomas.
“La résine est une chose et autre chose sont les cœurs. Il en restera quelque chose comme une semence enfouie sous des mottes et des mottes très compactes. Il faudra beaucoup de temps pour que cela perce, mais finalement cela percera. Ainsi de Chorazeïn. Un jour naîtra ce que j’ai semé. Il ne faut pas se lasser aux premières défaites.
333.6 – Écoutez cette parabole. On pourrait l’intituler: “La parabole du bon cultivateur”.
Un riche avait une grande et belle vigne dans laquelle se trouvaient des figuiers de différentes qualités. À la vigne était préposé un de ses serviteurs, vigneron expérimenté et qui connaissait la taille des arbres à fruits. Il faisait son devoir par amour pour son maître et pour les arbres. Tous les ans, le riche, à la belle saison, venait à plusieurs reprises à sa vigne pour voir mûrir les raisins et les figues et les goûter, les cueillant sur les arbres de ses propres mains. Un jour donc, il se dirigea vers un figuier qui donnait des fruits d’excellente qualité, l’unique arbre de cette qualité qui existât dans la vigne. Mais ce jour aussi, comme les deux années précédentes, il le trouva tout en feuilles et sans aucun fruit. Il appela le vigneron et lui dit: “C’est la troisième année que je viens chercher des fruits sur ce figuier et je ne trouve que des feuilles.
On voit que cet arbre a fini de fructifier. Coupe-le donc. Il est inutile qu’il soit ici à occuper une place, et prendre ton temps, pour ne rien rapporter. Scie-le, brûle-le et nettoie le terrain de ses racines et mets à sa place une nouvelle plante. D’ici quelques années elle donnera des fruits”. Le vigneron, qui était patient et aimant, répondit: “Tu as raison. Mais laisse-moi encore faire cette année. Je ne vais pas le scier, mais au contraire, avec encore plus de soin, je vais bêcher tout autour, y mettre du fumier, et l’émonder. Qui sait s’il ne va pas encore donner des fruits? Si après ce dernier essai il ne donne pas de fruit, j’obéirai à ton désir et je le couperai”.