“Ne sais-tu pas que pour moi, être près de ta Mère, c’est une telle douceur que je ne trouve pas de mots pour te l’exprimer?
Marie est mon amour. Je ne suis pas vierge "Je ne suis pas vierge" peut s'entendre dans le sens de "Je ne m'étais pas consacré à la virginité et je n'avais pas l'intention de le faire, puisqu'il ajoute : "et je n'étais pas opposé à l'idée de fonder une famille". Marie petite fille s'exprime de la même façon, en EMV 7.4, quand elle dit "je serai vierge" dans le sens de "je resterai vierge et je me consacrerai". Quelques lignes plus bas, en regard de la phrase "les sens meurent rien qu'à penser à elle", Maria Valtorta note sur une copie dactylographiée : L'opinion de saints comme saint Thomas d'Aquin, saint Thomas de Villanova, saint Bonaventure entre autres est que, malgré sa beauté physique, elle était si sainte que cela éteignait, chez quiconque la regardait, toute concupiscence ; mieux, cela virginisait l'esprit et éteignait la sensualité de ceux qui l'approchaient. On ne peut exclure que l'apôtre Thomas, qui ressentait beaucoup d'amour pour elle, ait voulu se consacrer à la chasteté, d'autant plus que son père, au moment de le bénir (en EMV 363.3) le dit "nazir" et qu'il déclare lui-même (en EMV 435.2) qu'il ne se mariera jamais. L'apôtre saint Jean s'exprime lui aussi sur le pouvoir virginisant de Marie en EMV 586.3. , et je ne voyais pas d’inconvénient à avoir une famille. J’avais déjà regardé quelques jeunes filles, ne sachant laquelle prendre pour épouse. Mais maintenant! Mais maintenant! Hé! allons! Mon amour, c’est Marie. L’imprenable amour pour les sens. Mais les sens meurent, rien qu’à penser à Elle! Le béatifiant amour pour l’esprit. Oh! Tout ce que j’ai vu chez les femmes, même les plus chères comme ma mère et ma jumelle, tout ce que j’ai connu de bon en elles, je le compare avec ce qu’on connaît en ta Mère, et je me dis: “En Elle se trouve toute justice, toute grâce et toute beauté. C’est un parterre de fleurs paradisiaques que son aimable esprit… son aspect est un poème…” Oh! que nous d’Israël nous n’osions penser aux anges et avec un respect craintif sont regardés les chérubins du Saint des Saints Les chérubins (Kéroubim) que Salomon fit placer dans le Saint des Saints, la partie la plus intérieure du Temple, sont décrits en 1 Rois, 6,23-28. !… Quels sots! Et que nous n’ayons pas dix fois autant de crainte respectueuse en la regardant Elle! Elle qui, j’en suis sûr, surpasse aux yeux de Dieu toutes les beautés angéliques…”
Jésus regarde l’énamouré de sa Mère, qui semble pour ainsi dire se spiritualiser, tant ses sentiments envers Marie changent l’expression débonnaire de son visage.
“Eh bien, nous resterons quelques heures avec Elle. Nous y resterons jusqu’à après-demain. Ensuite nous irons à Tibériade voir les deux enfants et prendre une barque pour Capharnaüm.”
“Et à Bethsaïde?” demande Pierre.
“Au retour, Simon. Au retour nous irons prendre Marziam pour le pèlerinage de Pâque.”
336.5 – …Et c’est le soir du même jour, à Nazareth, dans la petite maison tranquille où Pierre et Thomas dorment déjà. Et c’est la suave conversation entre la Mère et le Fils.
“Tout s’est bien passé, ma Mère. Ils sont maintenant en paix. Tes prières ont aidé les pèlerins et maintenant, comme la rosée sur des fleurs brûlées, ils sont en train de guérir leur douleur.”
“Je voudrais guérir la tienne, mon Fils! Comme tu dois avoir souffert! Regarde, ici aux tempes ta chair se creuse, et ici aux joues; et une ride te barre le front comme une cicatrice d’épée. Qui t’a ainsi blessé, mon cœur?”
“La souffrance de devoir faire souffrir, Maman.”
“Cela seulement, mon Jésus? Les disciples ne t’ont pas causé de peine?”
“Non, Maman. Ils ont été d’une bonté de saints.”
“Ceux qui étaient avec Toi… Mais je parle de tous…”
“Tu vois que j’ai amené Thomas pour le récompenser, et j’aurais voulu amener ceux qui n’étaient pas ici l’autre fois. Mais je devais les envoyer ailleurs…”
“Et Judas de Kérioth?”
“Judas est avec eux.”
Marie embrasse son Fils et pose sa tête sur son épaule, en pleurant.
“Pourquoi pleures-tu, Maman?” demande Jésus en caressant ses cheveux.
Marie se tait et pleure. Ce n’est qu’à la troisième question qu’elle murmure:
“À cause de ma terreur… Je voudrais toujours qu’il t’abandonne… Je pèche, n’est-ce pas, d’avoir ce désir? Mais elle est si forte, si forte la peur que j’ai de lui à cause de Toi…”
“Seule sa disparition dans la mort changerait les choses. Mais pourquoi devrait-il mourir?”
“Je ne suis pas mauvaise au point de le désirer… Il a une mère lui aussi! Et il a une âme… Une âme qui peut encore se sauver. Mais… oh! mon Fils! Ne serait-ce pas pour lui un bien que la mort?”
Jésus soupire et murmure:
“Il y en a tant pour qui la mort serait un bien…”
Et puis à haute voix:
“N’as-tu rien su de la vieille Jeanne? Ses champs?… Voir EMV 309.1/3 pour Jeanne et la jeune Rachel. Jésus vient les secourir avec l'aide de Marziam qui se sacrifie pour la guérison de Rachel. On en reparle en EMV 338.3. ”
“J’y suis allée avec Marie d’Alphée et Salomé de Simon après les chutes de grêle. Mais son grain, ayant été semé en retard, n’était pas encore sorti et n’a pas subi de dommage. Il y a trois jours, Marie est retournée voir. Elle dit que cela semble un tapis. Les plus beaux champs de la région. Rachel va bien et la petite vieille est heureuse. Marie d’Alphée est contente à présent que Simon est tout à fait pour Toi. Demain certainement tu le verras. Il vient chaque jour. Aujourd’hui il était à peine parti quand tu es arrivé. Tu sais? Personne ne n’est aperçu de rien. Quelqu’un aurait parlé s’il s’était aperçu qu’ils étaient ici. Mais, si tu n’es pas vraiment fatigué, dis-moi leur voyage…”
Et Jésus raconte tout, sauf sa souffrance dans la grotte de Jiphtaël, à sa Mère attentive.