Jésus donne le salut de paix aux trois hommes, et ajoute:

«Vite, prenez votre part et partons car je veux arriver, avant le soir, au moins au pied de la montagne d’Aczib. Ce soir commence le sabbat La journée juive s'étend du soir 18 heures au lendemain même heure. Le sabbat commence donc le vendredi soir. La liturgie chrétienne perpétue cette tradition : elle explique que la messe du samedi soir équivaut à la messe dominicale. .

- Mais mes brebis?” demande le berger perplexe "Demande le berger perplexe (domanda perplesso il pastore)" est un ajout de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. .

Jésus sourit et répond:

«Elles seront guéries dès que je les aurai bénies.

- Mais je suis à l’est de la montagne! Et toi, pour trouver cette femme, tu vas vers le couchant…

- Laisse faire Dieu, et il pourvoira à tout.»

331.3 - Le repas fini, les apôtres montent chercher leurs sacs de voyage pour le départ.

-Maître… il y a une femme qui est là… tu ne l’écoutes pas?

- Je n’ai pas le temps, Jonas. La route est longue et, du reste, je suis venu pour les brebis d’Israël. Adieu, Jonas. Que Dieu te récompense de ta charité. Ma bénédiction est sur toi et sur toute ta parenté. Allons-y.»

Mais le vieillard se met à crier à tue-tête:

«Enfants! Femmes! Le Maître part! Venez vite!»

Et de même qu’une nichée de poussins éparpillés dans un poulailler accourt au cri de la mère poule qui les appelle, ainsi de tous les côtés de la maison accourent femmes et hommes occupés à leurs travaux ou encore à moitié endormis, et les enfants à demi nus qui sourient, le visage à peine éveillé…

Ils se pressent autour de Jésus qui se tient au milieu de la cour; les mères enveloppent les enfants dans leurs jupes amples pour les protéger de l’air, ou bien elles les serrent dans leurs bras jusqu’à ce qu’une servante se précipite avec des petits vêtements vite enfilés.

331.4 - Mais voilà que survient une femme qui n’est pas de la maison, une pauvre femme en larmes, honteuse… Elle marche toute courbée, presque en rampant et, arrivée près du groupe au milieu duquel se trouve Jésus, elle se met à crier:

«Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David! Ma petite fille est toute tourmentée par le démon qui lui fait commettre des choses honteuses. Aie pitié parce que je souffre beaucoup et que je suis méprisée par tous à cause de cela. Comme si ma fille était responsable de ce qu’elle fait… Aie pitié, Seigneur, toi qui peux tout. Elève ta voix et ta main, et ordonne à l’esprit impur de sortir de Palma. Je n’ai que cette enfant et je suis veuve… Oh! ne t’en va pas! Pitié!…»

En effet, Jésus, qui a fini de bénir chaque membre de la famille et qui a réprimandé les adultes d’avoir parlé de sa venue - et eux s’en excusent en disant: “Nous n’avons pas parlé, Seigneur, tu peux en être sûr!” - s’éloigne. Il fait preuve d’une dureté inexplicable envers la pauvre femme qui se traîne sur les genoux, les bras tendus en une supplication fébrile, en disant:

«C’est moi, moi qui t’ai vu hier passer le torrent, et j’ai entendu qu’on t’appelait “Maître”. Je vous ai suivis parmi les buissons et j’ai entendu vos conversations. J’ai compris qui tu es… Et ce matin, je suis venue alors qu’il faisait encore nuit, pour rester ici sur le seuil comme un petit chien jusqu’au moment où Sarah s’est levée et m’a fait entrer. Oh! Seigneur, pitié! Pitié pour une mère et une fillette!»

Mais Jésus marche rapidement, sourd à tout appel. Les habitants de la maison disent à la femme:

«Résigne-toi! Il ne veut pas t’écouter. Il l’a dit: c’est pour les fils d’Israël qu’il est venu…»

Mais elle se lève, à la fois désespérée et pleine de foi, et elle répond:

«Non. Je vais tellement le prier qu’il m’écoutera.»

Et elle se met à suivre le Maître sans cesser de crier ses supplications qui attirent sur le seuil des maisons du village tous ceux qui sont éveillés et qui, comme ceux de la maison de Jonas, se mettent à la suivre pour voir comment tout cela va se terminer.

331.5 - Pendant ce temps, les apôtres, étonnés, se regardent les uns les autres et murmurent:

«Pourquoi agit-il ainsi? Il ne l’a jamais fait!»