«Ne soyez plus jamais mauvais comme cela. Et merci pour votre amour. Et aussi pour le vôtre, mes amis» dit-il en s’adressant à André, à Matthieu et à ses deux cousins. «Venez ici que je vous embrasse vous aussi. Mais ne savez-vous pas que, si je n’avais pas d’autres joies que celle de faire la volonté de mon Père et votre amour, je serais toujours heureux même si le monde entier me giflait? Je suis triste, non pas pour moi, pour mes défaites, comme vous dites, mais par pitié pour les âmes qui repoussent la Vie. Voilà, maintenant nous sommes tous contents, n’est-ce pas, espèces de grands enfants que vous êtes? Alors, partons.

330.4 - Allez trouver ces bergers qui sont en train de traire le troupeau et demandez-leur un peu de lait au nom de Dieu. N’ayez pas peur» dit-il en voyant la réticence des apôtres. «Obéissez avec foi. Vous aurez du lait et non des coups de bâton, même si l’homme est phénicien.»

Les six apôtres s’éloignent tandis que Jésus les attend sur la route. Et il prie pendant ce temps, ce Jésus affligé dont personne ne veut… Les apôtres reviennent avec un petit seau de lait et disent:

«L’homme a demandé que tu ailles là-bas, il doit te parler, mais il ne peut laisser les chèvres capricieuses aux petits bergers.» Jésus répond:

«Dans ce cas, allons manger notre pain là-bas.»

Et ils se dirigent tous vers la pente sur laquelle s’accrochent les chèvres capricieuses.

330.5 - «Je te remercie du lait que tu m’as donné. Que veux-tu de moi?

— Tu es le Nazaréen, n’est-ce pas? Celui qui fait des miracles? — Je suis celui qui prêche le salut éternel. Je suis le Chemin pour aller au vrai Dieu, la Vérité qui se donne, la Vie qui vous vivifie. Je ne suis pas un sorcier qui fait des prodiges. Eux sont les manifestations de ma bonté et de votre faiblesse, qui a besoin de preuves pour croire. Mais qu’attends-tu de moi?

— Voilà… il y a deux jours, tu étais à Alexandroscène?

— Oui. Pourquoi?

— Moi aussi, j’y étais avec mes chevrettes et, quand j’ai compris qu’il y avait des bagarres, j’ai filé, parce qu’on a l’habitude de les provoquer pour voler ce qui se trouve sur les marchés. Ce sont tous des voleurs, ces Phéniciens… comme les autres. Je ne devrais pas dire cela, car mon père était prosélyte et ma mère syrienne, et que je suis prosélyte moi aussi. Mais c’est la vérité. Bien. Revenons à notre récit. Je m’étais mis dans une étable avec mes bêtes, en attendant le char de mon fils. Et le soir, en sortant de la ville, j’ai rencontré une femme en larmes avec une fillette dans les bras La mère de la petite Jeanne paralysée. On en reparle au chapitre suivant. . Elle avait fait huit milles Près de 12 km. pour venir te trouver, parce qu’elle habite hors de la ville, dans la campagne. Je lui ai demandé ce qu’elle avait. C’est une prosélyte. Elle était venue pour vendre et acheter. Elle avait entendu parler de toi. Et l’espoir lui était venu au cœur. Elle avait couru chez elle et avait pris sa fillette. Mais avec un fardeau, on marche lentement! Quand elle est arrivée au magasin des frères, tu n’y étais plus. Les frères lui ont dit: “Ils l’ont chassé.

Mais il nous a dit hier soir qu’il refera les escaliers de Tyr L'escalier de Tyr se trouvait à 15-20 kms au sud de Tyr sur le sentier le long de la côte. C'était un promontoire rocheux taillé en forme de marches d'escalier directement dans la montagne. . Moi — je suis père moi aussi —, je lui ai conseillé: “Alors va là-bas. Mais elle m’a répondu: “Et si, après ce qui est arrivé, il passe par d’autres chemins pour retourner en Galilée?” Je lui ai dit: “Ah! écoute: ce sera l’une des deux routes des frontières. Moi, je fais paître mes troupeaux entre Rohob et Lesemdan, justement sur la route des frontières entre ici et Nephtali. Si je le vois, je lui en parle. Parole de prosélyte.” Et voilà, c’est fait. —Et que Dieu t’en récompense. J’irai trouver la femme.

330.6 - Je dois retourner à Aczib.

— Tu vas à Aczib! Alors nous pourrons faire route ensemble si tu ne dédaignes pas un berger.

— Je ne dédaigne personne. Pourquoi vas-tu à Aczib?

— Parce que j’y ai des agneaux. À moins que… je n’en aie plus.

— Pourquoi?

— Parce qu’il y a la maladie… Je ne sais pas si c’est de la sorcellerie ou autre chose. Je sais que mon beau troupeau est tombé malade. C’est pour cela que j’ai amené ici les chèvres, qui sont encore saines, pour les séparer des brebis. Mes deux fils vont rester ici. En ce moment, ils sont à la ville pour les commissions. Mais je retourne là… pour les voir mourir, mes belles brebis couvertes de laine…»

L’homme soupire… Il regarde Jésus et s’excuse:

“Te parler de ces choses, à toi qui es Celui qui est "Je suis celui qui est." Nom par lequel Yahweh se désigne à Moïse. Exode 3,14. , et t’affliger, toi qui es certainement déjà affligé de la façon dont ils te traitent, c’est de la sottise. Mais les brebis, nous les aimons et c’est notre fortune, tu sais…

— Je comprends, mais elles vont guérir. Ne les as-tu pas fait voir à des gens qui s’y connaissent?

— Ils m’ont tous recommandé la même chose: “Tue-les et vends leurs peaux. Il n’y a rien d’autre à faire”, et ils m’ont même menacé si je les fais sortir… Ils ont peur de la maladie pour les leurs. Je dois les garder enfermées… et elles mourront en plus grand nombre. Les habitants d’Aczib sont méchants, tu sais…»

Jésus dit simplement:

“Je le sais.