“Si c’est vrai! Cela et autre chose! Et qui fait des miracles! Allons André, hisse, hisse, plus à droite. Allons, au moment où le flot monte la barque… Hop là! C’est fait!… Je te disais, homme: et quels miracles! Des morts qui ressuscitent, des malades qui guérissent, des aveugles qui voient, des voleurs qui se convertissent et jusque… Tu vois? S’il était là, il dirait à la mer: “Tiens-toi tranquille” et la mer se calmerait… Tu y arrives, Jean!

Attends, je viens. Vous, tenez fort et tout près… Allons, allons… Encore un peu… Toi, Simon: prends la poignée… Attention à la main, Jude Allons, allons… Merci, homme… Attention à ne pas tomber dans l’eau, vous d’Alphée… Allons… nous y voilà! Louange à Dieu! Or s’est moins fatigué à les descendre qu’à les monter… Mais j’ai les bras rompus par le travail d’hier… Je parlais donc de la mer…”

“Mais c’est bien vrai?”

“Vrai? J’y étais pour le voir!”

“Oui? Oh!… Mais où?”

“Sur le lac de Génésareth. Viens en barque pour que je t’en parle pendant que l’on va au dépôt…” et il s’en va avec l’homme et Jacques, en ramant, dans le canal qui va aux darses.

319.5 – “Et Pierre dit qu’il ne sait pas y faire, observe le Zélote. Au contraire, il a l’art de faire connaître les choses simplement, et il fait plus que tous.”

“Ce qui me plaît tant en lui c’est son honnêteté” dit l’homme d’En-Dor.

“Et sa constance” ajoute Matthieu.

“Et son humilité. Regardez s’il s’enorgueillit alors qu’il sait qu’il est “le chef”! Il se fatigue plus que tous, il se préoccupe davantage de nous que de lui…” dit Jacques d’Alphée.

“Et il est si vertueux dans ses sentiments. Un bon frère. Rien de plus…” achève Syntica.

“Donc c’est bien dit? C’est ainsi que vous vous considérez?” demande après quelque temps le Zélote aux deux disciples.

“Oui, répond Syntica. C’est mieux. Et ce n’est pas mensonge mais vérité spirituelle. C’est pour moi un frère aîné, et d’un autre lit, mais du même père. Le Père, c’est Dieu, les lits différents: Israël et la Grèce. Et Jean est mon aîné et cela se voit par l’âge et - cela ne se voit pas, mais c’est réel - parce qu’il est disciple depuis plus longtemps que moi. Voici Simon qui revient…”

319.6 – “Tout est fait. Allons…”

Ils se chargent des coffres et, par l’isthme étroit, ils passent à l’autre port La distance est de 300 à 400 m entre le port sud et le port nord, selon les recherches archéologiques de Poulain de Bossay (1863). . L’homme de Tyr les accompagne, pratique comme il l’est, à travers les ruelles que font les tas de marchandises entassées sous de vastes hangars, jusqu’au puissant navire du crétois qui déjà est en train de faire les manœuvres du très proche départ, et il appelle les gens du bord pour qu’ils redescendent la passerelle qu’ils ont levée.

“Impossible! Le chargement est fait” crie le chef de la chiourme.

“Il a une lettre à donner” dit l’homme en montrant Simon de Jonas.

“Une lettre? De qui?”

“De Lazare de Théophile, autrefois gouverneur d’Antioche.”

“Ah! Je vais chercher le maître.”

Simon dit à l’autre Simon et à Matthieu: “À vous d’agir, maintenant. Moi, je suis trop rustre pour traiter avec un tel homme…”

“Non. Tu es le chef, et tu sais bien faire. Nous t’aiderons, si jamais. Mais il n’en sera pas besoin.”

“Où est l’homme de la lettre? Qu’il monte” dit un homme brun comme un égyptien, maigre, beau, svelte, sévère, d’environ quarante ans, un peu plus, qui se penche du haut du bord, et il fait redescendre la passerelle. Simon de Jonas, qui a remis son vêtement et son manteau pendant qu’il attendait la réponse, monte avec dignité. Derrière lui, le Zélote et Matthieu.

“La paix à toi, homme” dit gravement Pierre.

“Salut. La lettre où est-elle?” demande le crétois.

“La voici.”

Le crétois brise le sceau, la déroule et lit.

“La bienvenue aux envoyés de la famille de Théophile! Le crétois n’oublient pas celui qui était bon et gentil. Mais faites vite. Avez-vous beaucoup de bagages?”

“Ce que vous voyez sur le quai.”

“Et vous êtes?”

“Dix.”

“C’est bien. Nous ferons une place pour la femme. Vous, vous vous arrangerez au mieux. Allons, vite! Il faut sortir et prendre le large avant que le vent ne soit trop fort, et après sexte, il en sera ainsi.”

Et il commande, par des coups de sifflets qui déchirent les oreilles, le chargement des coffres et leur mise en place. Puis les apôtres montent avec les deux disciples. On monte la passerelle, on ferme les hublots Il s'agit plutôt de sabords (ou de dalots) que de hublots, mais Maria Valtorta utilise son vocabulaire. , on largue les amarres, on lève les voiles. Et le navire avance avec un fort roulis au sortir du port. Puis les voiles se tendent en claquant, tellement le vent les gonfle, et avec un tangage prononcé le navire prend le large, en fuyant rapidement ver Antioche…

Malgré le vent violent, Jean et Syntica, l’un près de l’autre, se tenant à un palan, à la poupe, regardent la côte qui s’éloigne, la terre de Palestine, et ils pleurent…