“Maître… je suis venu pour vous voir, Toi et l’enfant. C’est vrai. Mais aussi parce que j’ai beaucoup réfléchi, ces jours-ci, surtout depuis la venue de ces trois empoisonneurs… auxquels j’ai dit plus de mensonges qu’il n’y a de poissons dans la mer. Maintenant ils sont en route pour Gethsémani, croyant y trouver Jean d’En-Dor, et puis ils iront chez Lazare espérant y trouver Syntica et aussi Toi. Qu’ils y aillent!… Mais ensuite, ils reviendront et… Maître, ils veulent te causer des ennuis pour ces deux malheureux…”

“J’ai déjà pourvu à tout, depuis des mois. Quand ils reviendront à la recherche de ces deux qu’ils poursuivent, ils ne les trouveront plus, en aucun lieu de la Palestine. Tu vois ces coffres? C’est pour eux. Tu as vu tous ces vêtements pliés près du métier? C’est pour eux. Tu es étonné?”

“Oui, Maître. Mais où les envois-tu?”

“À Antioche.”

Pierre fait un sifflement significatif et puis il demande:

“Et chez qui? et comment y vont-ils?”

“Dans une maison de Lazare. La dernière que possède Lazare là où son père gouverna au nom de Rome Théophile était syrien mariée à Euchérie, juive d'ascendance royale. Il était ethnarque. À ce titre il gouvernait la communauté juive ou peut-être un quartier d'Antioche pour le compte de l'administration romaine. Ceci explique la fortune de la famille de Béthanie et la protection dont elle bénéficie de la part des romains. . Et ils y iront par mer…”

“Ah! voilà! Car si Jean devait y aller sur ses jambes…”

“Par mer

310.5 – J’ai plaisir de pouvoir t’en parler. J’aurais envoyé Simon pour te dire: “Viens”, pour tout préparer. Écoute. Deux ou trois jours après les Encénies, nous partirons d’ici par petits groupes, pour ne pas attirer l’attention. De la troupe feront partie Moi, toi, ton frère, Jacques et Jean et mes deux frères, avec en plus Jean et Syntica. Nous irons à Ptolémaïs! De là, en barque, tu les accompagneras jusqu’à Tyr. Là vous prendrez place sur un navire qui va à Antioche, comme des prosélytes qui reviennent à leur maison. Puis vous reviendrez et me trouverez à Aczib. Je serai au sommet de la montagne chaque jour et, du reste, l’Esprit vous guidera…”

“Comment? Tu ne viens pas avec nous?”

“Je serais trop remarqué. Je veux donner la paix à l’esprit de Jean.”

“Et comment vais-je faire, moi qui ne suis jamais allé hors d’ici?!”

“Tu n’es pas un enfant… et bientôt tu devras aller beaucoup plus loin qu’Antioche. Je me fie à toi. Tu vois que je t’estime…”

“Et Philippe et Barthélemy?”

“Ils viendront à notre rencontre à Jotapate, évangélisant en nous attendant. Je leur écrirai et tu porteras la lettre.”

“Et… ces deux d’ici, savent-ils leur destinée?”

“Non. Je leur ferai faire la fête en paix…”

“Oh! les pauvres! Regarde donc, si quelqu’un doit être persécuté par des criminels et…”

“Ne te souille pas la bouche, Simon.”

“Oui, Maître… Écoute… Pourtant comment allons-nous faire pour porter ces coffres? Et pour porter Jean? Il me semble vrai- ment très malade.”

“Nous prendrons un âne.”

“Non. Nous prendrons un petit char.”

“Et qui va le conduire?”

“Hé! Si Judas de Simon a appris à ramer Voir EMV 98.5. Cet épisode, où les apôtres croisent Marie de Magdala au temps de sa frivolité, relate une prise de bec entre Pierre et Judas. C'était il y a 18 mois. Plus récemment, Judas fait le quatrième rameur avec une technique parfaite : Pierre l'en félicite. Voir EMV 299.3. , Simon de Jonas apprendra à conduire.