Elle trottine bienheureuse, regardant la route déserte et les maisons d’Arbel qui sont fermées dans le soir qui descend, avec le regard d’un conquérant heureux de sa victoire.
Finalement on passe de ce chemin secondaire à un autre plus central où il y a des gens qui se hâtent de rentrer chez eux. Les gens l’observent étonnés, la montrent du doigt et l’interpellent. Elle, après avoir attendu qu’il y ait un cercle assez important de gens, crie:
“J’ai avec moi le Messie de Philippe. Courez en donner la nouvelle partout et d’abord à la maison de Jacob. Qu’ils soient prêts à honorer le Saint.”
Elle crie à en perdre haleine. Elle sait se faire obéir. C’est son heure de commandement, à la pauvre petite vieille du peuple, seule, inconnue. Et elle voit toute la ville s’ébranler à son commandement.
Jésus, tellement plus grand qu’elle, lui sourit quand elle le regarde de temps à autre, et pose sa main sur sa tête sénile en la caressant comme un fils, ce qui la fait presque s’évanouir de joie.
295.3 - La maison de Jacob est dans une rue du centre. Toute ouverte et illuminée, elle présente après le portail une longue entrée où des gens s’agitent avec des lampes et sortent joyeux dès que Jésus apparaît sur le chemin. Le jeune disciple Philippe, puis la mère et le père, les parents, les serviteurs, les amis.
Jésus s’arrête et répond avec majesté au salut profond de Jacob, puis il s’incline sur la mère de Philippe qui le vénère à genoux, il la fait lever la bénit et lui dit:
“Sois toujours heureuse pour ta foi.”
Puis il salue le disciple qui est accouru avec son ami, que Jésus salue aussi.
La vieille Marianne, malgré tout, ne lâche pas le pan du manteau et sa place à côté de Jésus jusqu’à ce qu’ils soient sur le point de poser le pied dans l’atrium. Alors elle gémit:
“Une bénédiction pour que je sois heureuse! Maintenant tu restes ici… moi, je vais dans ma pauvre maison et… toute cette belle chose est finie!”
Quel chagrin dans la voix sénile!
Jacob, auquel sa femme a parlé doucement, dit:
“Non, Marianne d’Elisée. Reste, toi aussi dans ma maison comme si tu étais une disciple. Reste tant que le Maître sera avec nous et sois heureuse.”
“Dieu te bénisse, homme. Tu comprends la charité.”
“Maître… Elle t’a conduit dans ma maison. Tu m’as fait grâce et charité. Je ne fais que rendre, et toujours d’une manière mesquine, le beaucoup que j’ai reçu de Toi. Entre, entrez et que ma maison vous soit accueillante.”
La foule, de dehors sur le chemin, le voit entrer et elle crie:
“Et nous? Nous voulons entendre ta parole.”
Jésus se retourne:
“Il fait nuit. Vous êtes fatigués, Préparez votre âme par un saint repos et demain vous entendrez la Voix de Dieu. Pour l’instant que soient avec vous paix et bénédiction.”
Et le portail se ferme sur la félicité de cette maison.
Jacques de Zébédée dit au Seigneur pendant la purification qui suit le voyage:
“Peut-être il aurait mieux valu parler tout de suite et partir à l’aube. Les pharisiens sont dans la ville Ceux qui sont sur la piste de Jésus. Cf. EMV 292.2. . Philippe me l’a dit. Ils vont te causer des ennuis.”
“Ceux qui auraient pu être ennuyés par eux sont loin d’ici Jean d'En-Dor et Syntica. . Les ennuis qu’ils pourront me causer n’ont pas de valeur. Il y a l’amour pour les annuler.”
295.4 - Le lendemain matin… La sortie joyeuse parmi les familiers de Philippe et les apôtres. La petite vieille est derrière. La rencontre avec ceux d’Arbel qui attendent patiemment. L’arrivée à la place principale où Jésus commence à parler.