266.4 – Les gens, entendant parler d’Hérode et comprenant quel est celui qui en parle, s’empressent avec curiosité autour du groupe de Jésus et des trois.
“Que vouliez-vous me demander?” demande Jésus après les échanges de salutations avec les deux austères personnages.
“Parle, Manahen, toi qui sais tout, et Lui es plus attaché” dit l’un des deux.
“Voici, Maître. Tu dois être indulgent si, par trop d’amour, les disciples arrivent à se méfier de Celui qu’ils croient opposés à leur maître ou désireux de le supplanter. C’est ce que font les tiens et de même ceux de Jean. C’est une jalousie compréhensible qui montre tout l’amour des disciples pour leurs maîtres. Quant à moi… je suis impartial, et eux qui sont avec moi peuvent le dire, car je te connais et je connais Jean; et je vous aime avec justice, au point que t’aimant Toi, pour ce que tu es, j’ai préféré faire le sacrifice de rester près de Jean parce que je le vénère, lui aussi, pour ce qu’il est, et actuellement parce qu’il est plus en danger que Toi. Maintenant, à cause de cet amour qu’attisent par leur rancœur les pharisiens, eux sont arrivés à douter que tu es le Messie. Et ils l’ont avoué à Jean, croyant lui faire plaisir en lui disant: “Pour nous, c’est toi qui es le Messie. Il ne peut y avoir quelqu’un de plus saint que toi”. Jean a commencé par leur faire des reproches en les appelant blasphémateurs et puis, après les reproches, avec plus de douceur, il leur a expliqué tout ce qui te désigne comme le vrai Messie.
Enfin, voyant qu’ils n’étaient pas encore persuadés, il a pris deux d’entre eux, ceux-ci, et leur a dit: “Allez le trouver et dites-lui, en mon nom: ‘Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?’ ”. Il n’a pas envoyé les disciples autrefois bergers, car eux croient et il n’aurait servi à rien de les envoyer. Mais il a choisi parmi ceux qui doutent pour qu’ils t’approchent et que leurs paroles dissipent les doutes de ceux qui sont comme eux. Je les ai accompagnés pour pouvoir te voir. J’ai parlé. Toi, maintenant, apaise leurs doutes.”
266.5 – “Mais ne nous crois pas hostiles, Maître! Les paroles de Manahen pourraient te le faire penser. Nous… nous… Nous connaissons depuis des années le Baptiste et nous l’avons toujours vu saint, pénitent, inspiré. Toi… nous ne te connaissons que par les paroles d’autrui. Et tu sais ce qu’est la parole des hommes… Elle crée et détruit renommée et louange par le contraste entre ceux qui exaltent et ceux qui dénigrent, comme un nuage se forme et se dissipe par l’effet de deux vents contraires.”
“Je sais, je sais. Je lis dans votre esprit, et vos yeux lisent la vérité dans ce qui vous entoure, de même que vos oreilles ont entendu mon entretien avec la veuve. Cela suffirait pour vous persuader. Mais je vous dis: observez ce qui m’entoure. Ici, il n’y a pas de riches ni de jouisseurs, il n’y a pas de personnes scandaleuses. Mais des pauvres, des malades, des israélites honnêtes qui veulent connaître la Parole de Dieu. Et rien d’autre. Celui-ci, celui-là, cette femme, et puis cette fillette, et ce vieillard sont venus ici malades et maintenant ils sont en bonne santé. Interrogez-les et ils vous diront ce qu’ils avaient et comment je les ai guéris, et comme ils sont maintenant. Faites, faites. Moi, pendant ce temps, je parle avec Manahen”
Et Jésus va se retirer.
“Non, Maître. Nous ne doutons pas de tes paroles. Donne-nous seulement une réponse à apporter à Jean, pour qu’il voie que nous sommes venus et pour qu’il puisse se baser sur elle pour persuader nos compagnons.”
“Allez rapporter ceci à Jean: “Les sourds entendent, cette fillette était sourde et muette, Les muets parlent, et cet homme était muet de naissance. Les aveugles voient.
266.6 – Homme, viens ici. Dis-leur ce que tu avais” dit Jésus en prenant un miraculé par le bras.
Celui-ci dit:
“Je suis maçon, et il m’est tombé sur la figure un seau plein de chaux vive. Elle m’a brûlé les yeux. Depuis quatre ans j’étais dans les ténèbres. Le Messie a humecté mes yeux desséchés avec sa salive et ils sont redevenus plus frais que quand j’avais vingt ans. Qu’il en soit béni.”
Jésus reprend:
“Et avec les aveugles, les sourds, les muets guéris, se redressent les boiteux et courent les estropiés. Voilà ce vieillard qui était tout à l’heure déformé et qui maintenant est droit comme un palmier du désert et agile comme une gazelle. Se guérissent les maladies les plus graves. Toi, femme, qu’avais-tu?”
“Un mal au sein pour avoir trop donné de lait à des bouches voraces et le mal, avec le sein, me rongeait la vie. Maintenant, regardez”
Et elle entrouvre son vêtement, montrant son sein intact et elle ajoute:
“Ce n’était qu’une plaie et ma tunique encore couverte de pus le montre. Maintenant je m’en vais à la maison mettre un vêtement propre. Je suis forte et heureuse. Alors que seulement hier j’étais mourante, amenée ici par des gens charitables, et si malheureuse… à cause des enfants qui allaient être sans mère. Louange éternelle au Sauveur!”
“Vous entendez? Et vous pouvez interroger le chef de la synagogue de cette ville sur la résurrection de sa fille Miryam, la fille de Jaïre. et, en allant à Jéricho, passez par Naïm. Informez-vous au sujet du jeune homme ressuscité en présence de toute la ville et au moment où on allait le mettre au tombeau. Vous pourrez ainsi rapporter que les morts ressuscitent. Que beaucoup de lépreux sont guéris, vous pouvez le savoir dans de nombreuses localités d’Israël, mais si vous voulez aller à Sicaminon, cherchez-en parmi les disciples et vous en trouverez plusieurs. Dites donc à Jean que les lépreux sont purifiés. Et dites, puisque vous le voyez, que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Et bienheureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet.
266.7 – Dites cela à Jean. Et dites-lui que je le bénis avec tout mon amour.”
“Merci, Maître. Bénis-nous aussi avant notre départ.”
“Vous ne pouvez partir par cette chaleur. Soyez donc mes hôtes jusqu’au soir. Vous vivrez pendant un jour la vie de ce Maître qui n’est pas Jean, mais que Jean aime parce qu’il sait qui il est. Venez à la maison. Il y fait frais et je vous restaurerai. Adieu, mes auditeurs. La paix soit avec vous”
Et après avoir congédié les foules, il rentre à la maison avec les trois hôtes…
266.8 – …Je ne sais pas ce qu’ils disent pendant ces heures de chaleur étouffante. Ce que je vois maintenant, ce sont les préparatifs du départ des deux disciples pour Jéricho. Il semble que Manahen reste car on n’a pas amené son cheval avec les deux ânes robustes devant l’ouverture du mur de la cour. Les deux envoyés de Jean, après plusieurs inclinations au Maître et à Manahen, montent en selle et se retournent encore pour regarder et saluer jusqu’à ce qu’un détour de la route les dérobe à la vue.
Beaucoup de gens de Capharnaüm se sont rassemblés pour voir ce départ, car la nouvelle de la venue des disciples de Jean et la réponse que leur a faite Jésus ont fait le tour du pays et je crois aussi des autres pays voisins. Je vois des personnes de Bethsaïde et de Chorazeïn, qui se sont présentées aux envoyés de Jean en demandant de ses nouvelles et en lui envoyant leurs salutations -ce sont peut-être d’anciens disciples du Baptiste - qui restent maintenant en groupe avec des gens de Capharnaüm pour commenter.