266 – Les disciples de Jean-Baptiste viennent s’assurer que Jésus est bien le Messie. Témoignage sur le Précurseur et invective contre les villes impénitentes

29 août 1945 / 16 décembre 2025

Le mercredi 29 août 1945 Jour où l'Église fête le martyre de saint Jean-Baptiste.

266.1 – Jésus est seul avec Matthieu qui, blessé à un pied; n’a pas pu aller prêcher avec les autres. Mais cependant des malades et des gens désireux d’entendre la Bonne Nouvelle occupent la terrasse et l’espace libre du jardin pour l’entendre et obtenir son aide.

Jésus achève son discours en disant:

“Après avoir contemplé ensemble la grande phrase de Salomon: “C’est dans l’abondance de la justice que se trouve la plus grande force "C'est dans l'abondance de la justice que se trouve la plus grande force". Ce verset faisait partie de la suite de Proverbes 15,5 mystérieusement disparue des traductions contemporaines note le Père Berti. Effectivement, la Vulgate sixto-clémentine du XVI° siècle, restée en usage jusqu'à la Nouvelle Vulgate de 1979, mentionnait "5 Stultus irridet disciplinam patris sui: qui autem custodit inerepationes, astutior fiet. In abundanti iustitia virtus maxima est: cogitationes autem impiorum eradicabuntur". Ce qui peut se traduire par : "5 Un sot se moque de la discipline de son père ; mais celui qui profite de la réprimande devient plus sage. Dans l'abondance la justice est la plus grande des vertus : mais les pensées des méchants seront extirpées." Cette formulation du verset 5 ne figurait pas dans la Vulgate de St Jérôme qui suivait la Bible Hébraïque (TaNaK) postérieure au Christ, mais avec la contre-réforme du concile de Trente, dont la Vulgate sixto-clémentine est issue, l'Église catholique est revenue à la tradition de la Septante contemporaine du Christ que défendait St Augustin. Ce verset que cite ici Jésus, figure bien dans la Septante au verset 6. Il s'agit donc d'une citation pertinente et remarquable. ” je vous exhorte à posséder cette abondance parce que c’est la monnaie qu’il faut pour entrer dans le Royaume des Cieux. Demeurez avec ma paix et que Dieu soit avec vous.”

Puis il se tourne vers les pauvres et les malades - et, dans beaucoup de cas, ce sont à la fois l’un et l’autre - et il écoute avec bonté leurs doléances, donne un secours en argent, conseille par ses paroles, guérit par l’imposition des mains et par la parole. Mathieu, à ses côtés, fait la distribution de l’argent.

266.2 – Jésus écoute avec attention une pauvre veuve qui Lui parle en pleurant de la mort imprévue de son mari menuisier, à son établi, survenue quelques jours auparavant:

“Je suis accourue pour te chercher ici, et toute la parenté du mort m’a accusée d’être inconvenante et dure de cœur, et maintenant elle me maudit. Mais moi, j’étais venue parce que je sais que tu ressuscites et je sais que, si j’avais pu te trouver, mon mari serait ressuscité. Tu n’y étais pas… Maintenant lui est dans le tombeau depuis deux semaines… et je reste avec cinq enfants… Les parents me haïssent et ne m’aident pas. J’ai des oliviers et des vignes. Pas beaucoup, mais ils me donneraient du pain pour l’hiver si je pouvais les garder jusqu’à la récolte. Mais je n’ai pas d’argent car l’homme, depuis quelque temps, n’était pas en bonne santé. Il travaillait peu et, pour se soutenir, mangeait et ne buvait que trop. Il disait que le vin lui faisait du bien… au contraire, il a fait le double mal de le tuer et de dissiper les économies déjà réduites par son peu de travail. Il allait finir un char et un coffre, et avait mis en chantier deux lits, des étagères et des tables.

Mais maintenant… Rien n’est fini, et mon garçon n’a pas encore huit ans. Je vais perdre l’argent… Je devrai vendre l’outillage, le bois. Le char et le coffre, je ne peux même pas les vendre comme tels, bien qu’ils soient presque terminés, et je devrai les céder comme bois de chauffage. Et l’argent ne suffira pas car, moi, ma mère âgée et malade, et cinq enfants, nous sommes sept personnes… Je vendrai le vignoble et les oliviers… Mais tu sais comme est le monde… Il étrangle ceux qui sont dans le besoin. Dis-moi, que dois-je faire? Je voulais garder l’établi et les outils pour le fils qui connaît déjà quelque chose du bois… je voulais garder la terre pour vivre, et pour doter mes filles…”

Il est en train d’écouter tout cela quand un remue-ménage parmi les gens l’avertit qu’il y a quelque chose de nouveau. Il se retourne pour voir et voit trois hommes qui se fraient un chemin à travers la foule. Il se tourne de nouveau pour parler à la veuve:

“Où habites- tu?”

“À Chorazeïn, près du chemin qui mène à la Fontaine Chaude. Une maison basse entre deux figuiers.”

“C’est bien. Je viendrai finir le char et le coffre, et tu les vendras à ceux qui les ont commandés. Attends-moi demain à l’aurore.”

“Toi! Toi, travailler pour moi!”

L’étonnement suffoque la femme.

“Je reprendrai mon travail et je te donnerai la paix, En même temps, aux gens sans cœur de Chorazeïn, je donnerai une leçon de charité.”

“Oh! oui! Sans cœur! S’il y avait eu encore le vieil Isaac! Il ne m’aurait pas laissée mourir de faim. Mais lui est retourné vers Abraham…”

“Ne pleure pas. Va-t’en tranquille. Voilà ce dont tu as besoin pour aujourd’hui. Demain, Moi je viendrai. Va en paix.”

La femme se prosterne pour baiser ses vêtements et s’en va plus tranquille.

266.3 – “Maître trois fois saint, puis-je te saluer?” demande l’un des trois hommes qui sont survenus et qui se sont arrêtés respectueusement derrière Jésus, en attendant qu’il congédie la femme, et qui ont donc entendu la promesse de Jésus. Et cet homme qui salue, c’est Manahen.

Jésus se tourne et dit avec un sourire:

“Paix à toi, Manahen! Tu t’es donc souvenu de Moi?”

“Toujours, Maître. Et j’avais décidé de venir te trouver chez Lazare ou au Jardin des Oliviers pour être avec Toi. Mais avant la Pâque, le Baptiste a été pris. Il a été repris par trahison, et moi je craignais qu’en l’absence d’Hérode, venu à Jérusalem pour la Pâque, Hérodiade ne commandât de tuer le Saint. Elle n’a pas voulu aller à Sion pour les fêtes, disant qu’elle était malade.

Malade, oui, de haine et de luxure… Je suis allé à Machéronte pour surveiller… et retenir la femme perfide qui serait capable de tuer de sa main… Et elle ne le fait pas par crainte de perdre la faveur d’Hérode qui… par peur ou par conviction, défend Jean, en se limitant à le garder en prison. En ce moment Hérodiade a fui la chaleur accablante de Machéronte pour aller dans un château qui lui appartient. Et je suis venu avec mes amis et disciples de Jean. Il les a envoyés pour t’interroger et je me suis uni à eux.”