“Hum! J’ai du mal à croire que Jésus demande de rester longtemps. Pour Lui, il ne demande rien… Allons, mon Jacques, dis-le à ta mère!”

“La curiosité est un défaut, maman. C’est une chose inutile, dangereuse, parfois douloureuse. Fais un bel acte de mortification…”

“Hélas! N’aura-t-il pas voulu dire que ton frère sera emprisonné, tué peut-être?” demande Marie d’Alphée toute bouleversée.

“Jude n’est pas tous les prophètes, maman, même si, pour ton amour, chacun de tes fils est le monde entier…”

“Je pense aussi aux autres parce que… parce que vous faites certainement partie des prophètes de l’avenir, Alors… alors, si tu restes seul… Si toi tu restes seul, c’est signe que les autres, que mon Jude… oh!…”

253.3 – Marie d’Alphée plante là Jacques et Suzanne et vive, comme une jeune fille, elle revient en arrière sans se soucier de la question que lui pose le Thaddée. Elle arrive, comme si elle était poursuivie, dans le groupe de Jésus.

“Mon Jésus… je parlais avec mon fils… de ce que tu lui a dit… du Carmel… d’Élie… des prophètes… Tu as dit… que Jacques restera seul… Et de Jude, qu’adviendra-t-il? C’est mon fils, tu le sais?” dit-elle toute essoufflée par l’angoisse et par la course qu’elle a faite.

“Je le sais, Marie. Et je sais aussi que tu es heureuse qu’il soit mon apôtre. Tu vois que tu as tous les droits comme mère et Moi, je les ai comme Maître et Seigneur.”

“C’est vrai… c’est vrai… mais Jude est mon enfant!…”.

Marie, entrevoyant l’avenir, pleure abondamment.

“Oh! que de larmes versées inutilement! Mais on pardonne tout à un cœur de mère. Viens ici, Marie. Ne pleure pas: Je t’ai déjà réconfortée une autre fois Une autre fois en EMV 95.5/6. . Alors aussi, je t’ai promis que la grande douleur que tu éprouvais, t’aurait valu, de la part de Dieu, de grandes grâces, pour toi, pour ton Alphée, pour tes enfants…”

Jésus a posé son bras sur l’épaule de sa tante l’attirant tout près de Lui. Il commande à ceux qui étaient avec Lui:

“Vous, allez de l’avant…”

Puis, seul avec Marie de Cléophas, il recommence à parler.

“Et je n’ai pas menti. Alphée est mort en m’appelant. Pour ce motif, toutes ses dettes envers Dieu ont été annulées. Cette conversion au parent incompris, au Messie qu’il n’avait pas voulu reconnaître auparavant, c’est ta douleur qui l’a obtenue, Marie. Maintenant cette douleur que tu éprouves obtiendra que l’indécis Simon et l’entêté Joseph imitent ton Alphée.”

“Oui, mais… Que lui feras-tu à Jude, à mon Jude?”

“Je l’aimerai encore plus que je ne l’aime maintenant.”

“Non, non. Il y a une menace dans ces paroles. Oh! Jésus! Oh! Jésus!…”

253.4 – La Vierge Marie revient en arrière elle aussi pour consoler sa belle-sœur de la douleur dont elle ne connaît pas encore la nature et, quand elle l’apprend, car sa belle-sœur la voyant à son côté pleure encore plus fort en lui en faisant part, alors elle devient plus pâle que la lune elle-même.

Marie d’Alphée gémit:

“Dis-le-lui, toi. Non, non, pas la mort pour mon Jude…”

La Vierge Marie, encore plus exsangue lui dit:

“Et puis-je demander cela pour toi si je ne peux même pas demander pour mon Fils qu’il soit sauvé de la mort? Marie, dis avec moi: “Que soit faite ta volonté, Père, au Ciel, sur la Terre et dans le cœur des mères”. Faire la volonté de Dieu, à travers le sort des enfants, c’est le martyre rédempteur de nous, les mères… Et, d’autre part… Il n’est pas dit que Jude doive être tué, ou tué avant que tu ne meures.

Ta prière de maintenant pour qu’il arrive jusqu’à un âge très avancé, comme elle te pèserait alors, quand, dans le Royaume de la Vérité et de l’Amour, tu verras toutes choses à travers les lumières de Dieu et à travers ta maternité spiritualisée. Alors, j’en suis certaine, et comme bienheureuse et comme mère, tu voudras que Jude soit semblable à mon Jésus, dans son sort de rédempteur, et tu brûleras de l’avoir près de toi de nouveau, pour toujours. Car le tourment des mères, c’est d’être séparées de leurs enfants. Un tourment si grand qu’il subsistera, je crois, comme angoisse d’amour même dans le Ciel qui nous accueillera.”

253.5 – Les pleurs de Marie, si forts dans le silence de l’aube naissante, ont fait que tout le monde est revenu en arrière pour savoir ce qui est arrivé. Ainsi on entend les paroles de la Vierge Marie et l’émotion gagne tout le monde.