“Ne guériront-ils jamais?” demande André.
“Demande-le au Maître.”
Jésus, interrogé, répond:
“Il vaudrait mieux demander s’ils se convertiront. Car, en vérité, je vous dis qu’il est préférable de mourir lépreux et saint que sain et pécheur. La lèpre reste sur la terre, dans la tombe, mais le péché reste pour l’éternité.”
249.3 – “Ton discours d’hier soir m’a beaucoup plu, à moi” dit le Zélote.
“À moi, non. Il était très sévère pour beaucoup de gens en Israël” dit l’Iscariote.
“Es-tu de ceux-là?”
“Non, Maître.”
“Mais alors, pourquoi te fâches-tu?”
“Mais parce que cela peut te nuire.”
“Devrais-je alors, pour éviter ces ennuis, pactiser avec les pécheurs et être leur complice?”
“Je ne dis pas cela. Tu ne pourrais pas le faire. Mais te taire, ne pas dresser les grands contre Toi…”
“Se taire, c’est être d’accord. Moi, je ne suis pas d’accord avec les fautes; ni des petits ni des grands.”
“Mais tu vois ce qui est arrivé au Baptiste?”
“Sa gloire.”
“Sa gloire? Il me semble sa ruine.”
“Persécution et mort par fidélité à notre devoir sont gloire à 1’homme. Le martyre est toujours glorieux.”
“Mais la mort lui empêche d’être maître et donne de la douleur aux disciples et à ceux de sa famille. Lui échappe à toute peine, mais il laisse aux autres des peines bien plus grandes. Le Baptiste n’a pas de parents, c’est vrai. Mais il a toujours des devoirs envers ses disciples.”
“Même s’il eût des parents, c’était la même chose. La vocation est plus que le sang.”
“Et le quatrième commandement?” "Honore ton père et ta mère".
“Il vient après ceux qui concernent Dieu.”
“Une mère, tu l’as vu hier comme elle souffre à cause de son fils…”
“Mère! Viens ici” dit Jésus.
Marie accourt près de Jésus et demande:
“Que veux-tu, mon Fils?”