Comment veux-tu qu’ils l’accusent si Lui est sans péché? Par des mensonges. Et en quoi les trouver? Dans sa mission parmi les hommes. Un acte bon, on le présente comme preuve d’une faute. Et quelque chose que fasse mon Fils, ce serait toujours une faute pour eux. S’il se renfermait dans un ermitage, il serait coupable de négliger le peuple de Dieu. Il descend dans le peuple de Dieu et il est coupable de le faire. Pour eux, il est toujours coupable.”

“Ils sont odieusement méchants, alors!”

“Non, ils sont obstinément fermés à la Lumière. Lui, mon Jésus, est l’Éternel Incompris et il le sera toujours et toujours plus.”

“Et tu n’en souffres pas? Tu me parais tellement sereine.”

“Tais-toi. C’est comme si mon cœur était enveloppé d’épines acérées C'est comme si mon cœur était entouré d'épines acérées: "Parmi les catholiques aussi. " Ainsi commence une longue note de Maria Valtorta écrite sur les quatre pages d'un feuillet plié et inséré à ce passage de la copie dactylographiée. "Certains prétendent que Marie, étant pleine de grâce, a connu uniquement la joie et n'a pas eu l'héritage de la souffrance, car celle-ci est l'un des châtiments dus au péché originel et à l'héritage d'Adam, déchu de son état de grâce. Ceux-là trouveront donc inexacts ces mots de Marie, Vierge et Mère, de même qu'ils jugeront inadmissible son déchirement du soir du vendredi-saint. Mais ils doivent considérer ceci - poursuit la note, que nous ne citons que partiellement -: s'il est vrai que Marie, étant immaculée, aurait dû être exemptée de la souffrance comme elle l'a été de la corruption de la mort, il est aussi vrai que, en tant que Corédemptrice, elle "devait" souffrir, dans son cœur et dans son âme immaculés, ce que son Fils souffrit dans sa chair, dans son cœur et dans son esprit. Mieux, elle comprit, précisément grâce à la plénitude de tous les dons divins qu'elle avait en elle, que ses conditions privilégiées et "uniques " d'Immaculée et de Mère de Dieu lui étaient accordées en vue de la Passion du Rédempteur et donc que sa condition toute particulière de gloire, inférieure seulement à l'infinie gloire de Dieu, lui avait été donnée au prix du sacrifice du Fils de Dieu, son enfant, de la totale effusion de ce Sang divin et de l'immolation de cette Chair divine qui avaient été formés dans son sein virginal, avec son sang virginal, et qui avaient été nourris de son lait virginal. Même cette connaissance était occasion de douleur. Douleur qui s'unissait à la joie, aussi vaste et profonde qu'elle. Car celui "qui fut placé en signe de contradiction parmi les hommes" (Luc 2, 34) fut cause d'opposition entre des joies et des souffrances immenses pour la Femme aussi: sa Mère. Et j'ajoute ceci : toujours grâce à la plénitude de dons divins qui était en elle, Marie connut par anticipation ou simultanément et intellectuellement toute la complexe souffrance de son Fils. Sur son âme d'Immaculée, pleine de la lumière de Dieu, se projeta toujours l'ombre douloureuse de la Croix et de tous les combats et obstacles qui devaient précéder la Passion et affliger son Jésus. [...]". Nous rapporterons d'autres passages de cette note - mais sans la reproduire entièrement -en note d'EMV 612.7, pour justifier "L'angoisse de Marie au Sépulcre" et les "Lamentations de la Vierge". . À chaque respiration, elles me blessent, mais que Lui ne le sache pas! Je me fais voir ainsi pour le soutenir par ma sérénité. Si sa Mère ne le réconforte pas, où pourra-t-il trouver du réconfort, mon Jésus?

Sur quel sein pourra-t-il pencher sa tête sans se trouver blessé ou calomnié parce qu’il le fait? Il est donc bien juste que moi, sans égard pour les épines qui déjà me déchirent le cœur, et pour les larmes que je bois aux heures de solitude, je mette un délicat manteau d’amour, que je donne un sourire, à n’importe quel prix pour le laisser plus tranquille, plus tranquille… jusqu’au moment où le flot de la haine sera tel que rien ne servira plus, pas même l’amour de la Mère…”

Deux larmes sillonnent le visage pâle de Marie.

Les deux sœurs la regardent, vivement émues.

“Mais il a nous, qui l’aimons. Et les apôtres…” dit Marthe pour la consoler.

“Il a vous, oui. Il a les apôtres… encore bien inférieurs à leur tâche… Et ma douleur est plus forte, parce que je sais que Lui n’ignore rien…”

“Alors, il doit savoir aussi que je veux Lui obéir jusqu’à l’immolation, s’il le faut?” demande Marie-Madeleine.

“Il le sait. Tu es une grande joie sur son dur chemin.”

“Oh! Mère!” et Marie-Madeleine prend la main de Marie et la baise avec effusion.

242.7 – Tibériade finit dans les jardins du faubourg. Au-delà, il y a la route poussiéreuse qui mène à Cana, bornée d’un côté par des vergers, de l’autre par une suite de prés et de champs brûlés par le soleil de l’été.

Jésus pénètre dans un verger et s’arrête à l’ombre des arbres touffus. Les femmes le rejoignent et ensuite le romain essoufflé qui vraiment n’en peut plus. Il se place un peu à l’écart, ne parle pas, mais regarde.

“Pendant que nous nous reposons, prenons de la nourriture” dit Jésus. “Ici il y a un puits et tout près un paysan. Allez lui demander de l’eau.”

Jean et Thaddée y vont. Ils reviennent avec une cruche remplie d’eau jusqu’au bord, suivis du paysan qui offre des figues magnifiques.

“Dieu t’en récompense dans ta santé et dans ta récolte.”

“Dieu te protège. Tu es le Maître, n’est-ce pas?”

“Je le suis.”

“Tu parles ici?”

“Il n’y a personne qui le désire.”

“Moi, Maître. Plus que l’eau qui est si bonne quand on a soif” crie le romain.

“Tu as soif?”

“Tellement. Je t’ai suivi depuis la ville.”