Ils marchent, avec les femmes au milieu, en tenant la toile étendue sur leurs têtes et leurs dos.

238.4 – Le premier mot que Jésus dit à Marie-Madeleine, qui a encore le vêtement du soir du banquet dans la maison de Simon Voir EMV 236. mais avec, sur les épaules, un manteau de Marie Très Sainte, c’est pour dire:

“Tu as peur, Marie?”

Elle, qui est toujours restée la tête inclinée sous le voile de sa chevelure qui en courant s’est défaite, rougit, baisse encore davantage la tête et murmure:

“Non, Seigneur.”

La Madone aussi a perdu ses épingles et semble une fillette avec les tresses qui lui retombent sur les épaules. Mais elle sourit à son Fils qui est à côté d’elle et Lui parle avec son sourire.

“Tu es trempée, Marie” dit Jacques d’Alphée en touchant le voile et le manteau de la Madone.

“Cela ne fait rien, et maintenant nous sommes à l’abri. N’est-ce pas, Marie? Il nous a sauvées aussi de la pluie” dit doucement Marie à Marie-Madeleine dont elle sent le douloureux embarras. Celle-ci, de la tête, fait signe que oui.

Ta sœur sera contente de te revoir. Elle est à Capharnaüm. Elle te cherchait” dit Jésus.

Marie lève un moment la tête et fixe de ses yeux splendides le visage de Jésus qui lui parle avec le même naturel qu’aux autres disciples. Mais elle ne dit rien. Elle est brisée par trop d’émotions.

Jésus ajoute:

“Je suis content de l’avoir retenue. Je vous laisserai aller après vous avoir bénies.”

238.5 – Sa parole se perd dans le claquement d’un coup de foudre proche. Marie-Madeleine a un geste de frayeur… Elle porte les mains à son visage et se courbe en éclatant en sanglots.

“N’aie pas peur!” dit Pierre pour la rassurer. “Le coup est passé, et avec Jésus, il n’y a rien à craindre.”

Jacques aussi, qui est à côté de Marie-Madeleine, lui dit:

“Ne pleure pas. Les maisons sont toutes proches.”

“Je ne pleure pas de peur… Je pleure parce qu’il m’a dit qu’il me bénira… Moi… moi…” et elle ne peut dire autre chose.

La Vierge intervient pour la calmer en disant:

“Toi, Marie, tu as déjà franchi ton orage. N’y pense plus. Maintenant, tout est sérénité et paix, N’est-ce pas, mon Fils?”

“Oui, Mère, c’est tout à fait vrai. Sous peu le soleil va revenir, et tout sera plus beau, plus pur, plus frais qu’hier. Ce sera la même chose pour toi, Marie.”

La Mère reprend, en serrant la main de Marie-Madeleine:

“Je dirai à Marthe ce que tu as dit. Je suis contente de pouvoir la voir tout de suite et de lui dire combien sa Marie est pleine de bonne volonté.”

Pierre, qui patauge dans la boue et supporte le déluge avec patience, quitte l’abri pour aller vers une maison demander un refuge.

“Non, Simon. Nous préférons tous revenir dans notre maison, n’est-ce pas?” dit Jésus.

Tous approuvent, et Pierre revient sous la toile.