Suite: Commentaire de Jésus.

236.5 - Jésus maintenant me dit:

“Ce qui a fait baisser la tête au pharisien et à ses amis, et ce que l’Évangile ne rapporte pas, ce sont les paroles que mon esprit, par mon regard, ont dardé et enfoncé dans cette âme sèche et avide. J’ai répondu avec beaucoup plus de force que je ne l’aurais fait par des paroles car rien ne m’était caché des pensées des hommes. Et lui m’a compris dans mon langage muet qui était encore plus lourd de reproche que ne l’auraient été mes paroles.

Je lui ai dit: “Non, ne fais pas d’insinuations malveillantes pour te justifier à tes propres yeux. Moi, je n’ai pas ta passion vicieuse, Cette femme ne vient pas à Moi poussée par la sensualité. Je ne suis pas comme toi, ni comme sont tes semblables. Elle vient à Moi parce que mon regard et ma parole, entendue par pur hasard, ont éclairé son âme où la luxure avait créé les ténèbres. Et elle vient parce qu’elle veut vaincre la sensualité et elle comprend, la pauvre créature, qu’à elle seule, elle n’y arriverait jamais. C’est l’esprit qu’elle aime en Moi, rien que l’esprit qu’elle sent surnaturellement bon. Après tant de mal qu’elle a reçu de vous tous, qui avez exploité sa faiblesse pour vos vices, en la payant ensuite par les coups de fouet du mépris, elle vient à Moi parce qu’elle se rend compte qu’elle a trouvé le Bien, la Joie, la Paix, qu’elle avait inutilement cherchés parmi les pompes du monde. Guéris-toi de cette lèpre de l’âme, pharisien hypocrite, sache avoir une juste vision des choses. Quitte l’orgueil de ton esprit et la luxure de ta chair. Ce sont des lèpres plus fétides que les lèpres corporelles. De cette dernière, mon toucher peut vous guérir parce que vous me faites appel pour elle, mais de la lèpre de l’esprit non, parce que de celle-là vous ne voulez pas guérir parce qu’elle vous plaît. Elle, elle le veut. Et voilà que je la purifie, que je l’affranchis des chaînes de son esclavage. La pécheresse est morte. Elle est là, dans ces ornements qu’elle a honte de m’offrir pour que je les sanctifie en les consacrant à mes besoins et à ceux de mes disciples, pour les pauvres que je secours avec le superflu d’autrui, parce que Moi, Maître de l’univers, je ne possède rien maintenant que je suis le Sauveur de l’homme.

Elle est là, dans ce parfum répandu sur mes pieds, humiliée comme ses cheveux, sur cette partie du corps que tu as négligé de rafraîchir avec l’eau de ton puits après tant de chemin que j’ai fait pour t’apporter la lumière, à toi aussi. La pécheresse est morte. Et Marie est revenue à la vie, redevenue belle comme une fillette pure par sa vive douleur, par la sincérité de son amour. Elle s’est lavée dans ses larmes.

En vérité je te dis, ô pharisien, qu’entre celui qui m’aime dans sa jeunesse pure et celle-ci qui m’aime dans le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce, Moi je ne fais pas de différence, et à celui qui est Pur et à la Repentie je confie la charge de comprendre ma pensée comme nul autre, et celle de donner à mon Corps les derniers honneurs et le premier salut (je ne compte pas le salut particulier de ma Mère) quand je serai ressuscité”.

236.6 - Voilà ce que je voulais dire par mon regard au pharisien. Mais à toi, je fais remarquer une autre chose, pour ta joie et la joie d’un grand nombre.

À Béthanie aussi, Marie répéta le geste qui marqua l’aube de sa rédemption. Il y a des gestes personnels qui se répètent et qui traduisent une personne comme son style. Des gestes uniques. Mais, comme il était juste, à Béthanie le geste est moins humilié et plus confiant dans sa respectueuse adoration.

Marie a beaucoup cheminé depuis l’aube de sa rédemption. Beaucoup. L’amour l’a entraînée comme un vent rapide vers les hauteurs et en avant. L’amour l’a brûlée comme un bûcher, détruisant en elle la chair impure et en rendant maître souverain en elle un esprit purifié. Et Marie, différente dans sa dignité de femme retrouvée, comme différente dans son vêtement, simple maintenant comme celui de ma Mère, dans sa coiffure, dans son regard, dans sa contenance, dans sa parole, toute nouvelle, a une nouvelle manière de m’honorer par le même geste. Elle prend le dernier de ses vases de parfum, mis en réserve pour Moi, et me le répand sur les pieds, sans pleurer, avec un regard que rendent joyeux l’amour et la certitude d’être pardonnée et sauvée, et sur la tête. Elle peut bien me faire cette onction et me toucher maintenant la tête, Marie, le repentir et l’amour l’ont purifiée avec le feu des séraphins et elle est un séraphin.

236.7 - Dis-le à toi-même, ô Maria, ma petite “voix”, dis-le aux âmes. Va, dis-le aux âmes qui n’osent pas venir à Moi parce qu’elles se sentent coupables. Il est beaucoup, beaucoup, beaucoup pardonné à qui aime beaucoup. À qui m’aime beaucoup.

Vous ne savez pas, pauvres âmes, comme vous aime le Sauveur! Ne craignez rien de Moi. Venez. Avec confiance. Avec courage. Je vous ouvre mon Cœur et mes bras.

Souvenez-vous-en toujours: “Je ne fais pas de différence entre celui qui m’aime avec une pureté intacte et celui qui m’aime avec le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce”. Je suis le Sauveur. Souvenez-vous-en toujours.

Va en paix. Je te bénis.”

Suite et fin du commentaire de Jésus.

236.8 - Aujourd’hui. je n’ai pas cessé de penser à la dictée de Jésus d’hier soir, et à ce que je voyais et comprenais même sans qu’il parle.

Cependant, je vous dis incidemment que les conversations des convives, pour celles que je comprenais, c’est-à-dire celles qui s’adressaient particulièrement à Jésus, roulaient sur les événements du jour: les Romains, leurs oppositions à la Loi, et puis la mission de Jésus en tant que Maître d’une nouvelle école. Mais sous une apparence bienveillante, on comprenait que c’étaient des questions retorses et captieuses posées pour le mettre dans l’embarras, chose qui n’était pas facile parce que Jésus opposait en peu de mots à toute remarque, une réponse juste et décisive.

Comme on Lui demandait par exemple de quelle école ou secte particulière il s’était fait le nouveau maître, il répondit simplement: “De l’école de Dieu. C’est Lui que je suis en sa sainte Loi et c’est de Lui que je me soucie en faisant en sorte que pour ces petits (et il regardait Jean avec amour et en Jean il regardait tous ceux qui ont le cœur droit) elle soit renouvelée complètement en son essence comme elle l’était le jour que le Seigneur Dieu la promulgua sur le Sinaï. Je ramène les hommes à la Lumière de Dieu.”

À une autre question sur ce qu’il pensait de l’abus de César qui s’était rendu le maître souverain de la Palestine, il avait répondu: “César est ce qu’il est parce que c’est la volonté de Dieu. Rappelez-vous le prophète Isaïe. N’appelle-t-il pas, lui, par inspiration divine, Assur le “bâton” de sa colère Isaïe 10,5-12. ? La verge qui punit le peuple de Dieu qui s’est trop séparé de Dieu et a la feinte pour vêtement et pour esprit?

Et ne dit-il pas qu’après s’en être servi pour punir, il le brisera parce qu’il aura abusé de sa fonction, en devenant orgueilleux et féroce?”

Ce sont les deux réponses qui m’ont le plus frappé.

236.9 - Ce soir, ensuite, mon Jésus me dit en souriant:

“Je devrais t’appeler comme Daniel. Tu es celle qui désire et qui m’es chère parce que tu désires tant ton Dieu et je pourrais continuer à te dire ce qui fut dit à Daniel par mon ange: “Ne crains pas parce que, dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’affliger en présence de Dieu, tes prières ont été exaucées et je suis venu à cause d’elles Daniel 10,12. ”. Mais ici ce n’est pas l’ange qui parle. C’est Moi qui te parle: Jésus.

Toujours, ô Maria, je viens quand quelqu’un “applique son cœur à comprendre”. Je ne suis pas un Dieu dur et sévère. Je suis la Miséricorde vivante, et plus rapide que la pensée, je viens vers celui qui se tourne vers Moi.

236.10 - Même pour la pauvre Marie de Magdala, si plongée dans son péché, je suis venu rapidement avec mon esprit dès que j’ai senti s’élever en elle le désir de comprendre. Comprendre la lumière de Dieu et son état de ténèbres. Et pour elle, je me suis fait Lumière.

Je parlais à beaucoup de gens ce jour-là, mais en vérité je parlais pour elle seule. Je ne voyais qu’elle qui s’était approchée, poussée par la fougue d’une âme qui se révoltait contre la chair qui la tenait assujettie. Je ne voyais qu’elle avec son pauvre visage en détresse, avec son sourire contraint qui cachait, sous une apparence de sécurité et de joie trompeuse qui était un défi au monde et à elle-même, sa grande peine intérieure. Je ne voyais qu’elle, bien plus enserrée par les ronces que la brebis égarée de la parabole, elle qui se noyait dans le dégoût de sa vie venu à la surface comme ces vagues profondes qui amènent avec elles l’eau du fond.