Les gens fuient, terrorisés…

220.5 – Jésus se tourne vers Fara:

“Peux-tu donc, réellement croire à ma puissance?”

“Je crois, je crois. Tu es Dieu. Tu es le Dieu Jésus.”

“Non. Je suis le Verbe du Père, de Jéové d’Israël Cette prononciation intermédiaire entre Jéhovah et Yahvé, est caractéristique de l'œuvre de Maria Valtorta. Voir le Nom propre de Dieu. , venu avec sa Chair, son Sang, son Ame et sa Divinité pour racheter le monde et lui donner la foi au Dieu Véritable, Un, Trin qui est dans les Cieux très hauts. Je viens donner aide et pitié aux hommes pour qu’ils abandonnent l’Erreur et viennent à la Vérité qui est le Dieu Unique de Moïse et des Prophètes. Peux-tu croire encore?”

“Je crois, je crois!”

“Je suis venu apporter aux hommes la Voie, la Vérité, la Vie pour abattre les idoles, pour enseigner la sagesse. Par Moi, le monde aura la rédemption car je mourrai pour l’amour du monde et pour le salut éternel des hommes. Peux-tu croire encore?”

“Je crois, je crois!”

“Je suis venu dire aux hommes que s’ils croient au Dieu Vrai ils auront la vie éternelle dans les Cieux, près du Très-Haut qui a créé tous les hommes, les animaux, les plantes, les planètes. Peux-tu croire encore?”

“Je crois, je crois!”

Jésus n’entre même pas dans la maison. Il tend seulement les bras vers la pièce où souffre la femme, les mains tendues comme dans la résurrection de Lazare et il crie:

“Sors à la lumière, pour connaître la Lumière Divine et sur l’ordre de la Lumière qui est Dieu!”

C’est un commandement de tonnerre auquel, après un moment, fait écho un cri de triomphe où résonnent une plainte et une joie et puis le cri faible d’un nouveau-né, faible et pourtant bien net et qui de plus en plus prend de la force.

“Ton fils pleure, en saluant la terre. Va le trouver et dis-lui, maintenant et plus tard, que la patrie ce n’est pas la terre, mais le Ciel. Fais-le grandir, et toi grandis avec lui, pour le Ciel. C’est la Vérité qui te parle. Ces choses (et il montre les encensoirs de cuivre, tordus comme des feuilles sèches qui ne peuvent plus servir à rien et qui gisent sur le sol et la cendre qui marque la place du brancard de l’idole) ces choses, c’est le Mensonge qui n’apporte ni aide, ni salut. Adieu.”

Et il est sur le point de partir.

220.6 – Mais une femme accourt avec un vigoureux nouveau-né enveloppé dans des langes et elle crie:

“C’est un garçon, Fara. Beau, robuste, aux yeux noirs foncés comme une olive qui mûrit, ses cheveux sont plus noirs et plus fins que la toison d’un chevreau sacré. Et ta femme repose, heureuse. Elle ne souffre plus, comme s’il n’y avait rien eu. Une chose imprévisible alors qu’elle était mourante… et après ces paroles…”

Jésus sourit, et comme l’homme Lui présente son nouveau-né, il lui touche la tête du bout des doigts. À l’exception des prêtres qui sont partis indignés en voyant la défection de Fara, les gens s’approchent, curieux de voir le nouveau-né et désireux de regarder Jésus.

Fara voudrait Lui donner des objets et de l’argent pour le miracle. Mais Jésus dit avec douceur et fermeté:

“Rien. Le miracle ne se paie que par la fidélité à Dieu qui l’a accordé. Je garde seulement ce bouc, en souvenir de ta ville.”

Et il s’en va avec le bouc qui trottine tout près de Lui comme si Jésus était son maître. Il est revenu à la vie, heureux, bêlant sa joie d’être avec quelqu’un qui ne le frappe pas… Ils descendent ainsi les pentes de la colline pour reprendre la grand-route qui conduit à Azoto…

220.7 – Quand, vers le soir, près de l’étang ombragé, Jésus voit arriver ses disciples, c’est une stupeur réciproque: pour eux de voir Jésus avec ce bouc et pour Lui de voir les visages déconfits de gens qui n’ont pas fait d’affaires.

“Un désastre, Maître! Ils ne nous ont pas frappés, mais ils nous ont chassés hors de la ville. Nous avons erré dans la campagne et, en payant bien cher, nous avons pu nous procurer de la nourriture. Et pourtant nous avons été doux…” disent-ils désolés.

“N’importe. À Hébron aussi ils nous ont chassés l’an dernier, et cette fois ils nous ont fait honneur. Vous ne devez pas vous décourager.”

“Et Toi, Maître? Cette bête?” demandent-ils.

“Je suis allé à Magdalgad. J’ai brûlé une idole et ses encensoirs. J’ai fait naître un garçon. J’ai prêché le Dieu Vrai en faisant des miracles et j’ai pris pour Moi le bouc destiné à un rite idolâtre, à titre de récompense. Pauvre bête, elle n’était qu’une plaie!”

“Mais maintenant il se porte bien! C’est une bête superbe.”

“C’était un animal sacré destiné à l’idole… Sain, oui. Mon premier miracle pour les convaincre que c’était Moi, le Puissant, et non pas leur morceau de bois.”

“Et que vas-tu en faire?”

“Je l’amène à Marziam. Un fantoche hier, un bouc aujourd’hui. Je lui ferai plaisir.”

“Mais tu veux le conduire jusqu’à Béther?”

“Certainement. Je ne vois pas ce qu’il y a de déplaisant à le faire. Si je suis le Berger, je pourrai avoir un bouc. Puis nous le donnerons aux femmes et elles iront ainsi en Galilée. Nous trouverons une chevrette. Simon, tu deviendras berger de chèvres. Il vaudrait mieux des brebis… mais dans le monde, il y a plus de boucs que d’agneaux… C’est un symbole, mon Pierre. Rappelle-toi cela… Par ton sacrifice tu feras des boucs des agneaux. Venez. Rejoignons ce village parmi les vergers, Nous trouverons à nous loger ou dans les maisons, ou sur les gerbes qui déjà sont liées dans les champs. Et demain, nous irons à Jabnia.”

Les apôtres sont étonnés, peinés, découragés. Étonnés par les miracles, affligés de n’y avoir pas assisté, découragés par leur incapacité alors que Jésus peut tout. Mais Lui, au contraire, est si content!… Et il réussit à les persuader que “rien n’est inutile, pas même un échec car il sert à vous former à l’humilité alors que la parole sert à faire résonner un nom, le mien, et à laisser un souvenir dans les cœurs.” Et il est si convainquant, sa joie si lumineuse qu’ils retrouvent eux aussi la sérénité.