“Nous sommes allés sur les chantiers où travaillent les calfats Un calfat est un ouvrier employé en construction navale pour le calfatage (étanchéité) des bordés des navires. . Nous aussi, nous avons préféré aller vers les pauvres. Mais il y avait aussi de riches philistins qui surveillaient la construction de leurs navires. Nous ne savions pas qui parlerait et alors, comme des enfants, nous avons joué aux points. Jude a sorti sept doigts, moi quatre, Simon deux. Cela revenait à Jude, et il a parlé” explique Jacques d’Alphée.
“Qu’as-tu dit?“demandent-ils tous.
“Je me suis franchement fait connaître pour ce que je suis, disant qu’à leur hospitalité je demandais la faveur d’accueillir la parole du pèlerin qui voyait en eux des frères ayant une origine et une fin commune, et l’espérance non commune, mais pleine d’amour, de pouvoir les amener dans la maison du Père et de les appeler “frères” pour l’éternité dans la grande joie du Ciel. J’ai dit ensuite:
“Il a été dit par Sophonie, notre Prophète: La province maritime deviendra un lieu de bergers… là, ils feront paître leurs troupeaux et le soir, ils reposeront dans les maisons d’Ascalon Sophonie 2,4-7. ”, et j’ai développé la pensée en disant: “Le Pasteur Suprême est arrivé parmi vous, armé non pas de flèches, mais d’amour. Il vous tend les bras, il vous indique ses pâturages saints. Il ne se rappelle le passé que pour dire aux hommes sa compassion du grand mal qu’ils se font et qu’ils se sont faits, comme des enfants fous, par la haine, alors qu’ils auraient pu éviter tant de souffrance par l’amour réciproque, puisqu’ils sont frères. “Cette terre” ai-je dit “sera le lieu des saints bergers, les serviteurs du Pasteur Suprême qui savent déjà qu’ici ils auront leurs pâturages les plus fertiles et les meilleurs troupeaux, et leur cœur, au soir de leur vie, pourra reposer en pensant à vos cœurs, à ceux de vos fils, plus familiers des maisons amies, car ils auront comme maître Jésus, notre Seigneur”. Ils m’ont compris. Ils m’ont interrogé, ou plutôt, ils nous ont interrogés. Et Simon a raconté sa guérison, mon frère, ta bonté envers les pauvres. La preuve, la voilà: cette bourse bien garnie pour les pauvres que nous trouverons sur notre chemin. À nous aussi, les Prophètes ne nous ont pas fait de mal…”
L’Iscariote ne souffle mot.
219.7 – “Eh bien” dit Jésus pour le réconforter “une autre fois, Judas fera mieux. Il a cru bien faire, en agissant ainsi. Ayant donc agi dans un but honnête, il n’a péché en aucune façon. Et je suis content de lui aussi. L’apostolat n’est pas un métier facile, mais il s’apprend. Une chose me déplaît, de ne pas avoir eu cet argent plus tôt et de ne pas vous avoir trouvés. Il m’aurait servi pour une famille dans l’épreuve.”
“Nous pouvons revenir en arrière. Il est encore temps… Mais, excuse-moi, Maître. Comment l’as-tu trouvée? Qu’as-tu fait, Toi? Vraiment rien? Tu n’as pas évangélisé?”
“Moi? Je me suis promené. Par mon silence, j’ai dit à une prostituée: “Quitte ton péché”. J’ai trouvé un enfant, un peu gamin et je l’ai évangélisé en échangeant des cadeaux. Je lui ai donné la boucle que Marie Salomé avait mise à mon vêtement à Béthanie, et lui m’a donné ce travail.”
Et Jésus sort de son vêtement le fantoche caricatural. Tout le monde regarde et rit.
“Puis je suis allé voir les splendides tapis qu’un ascalonite fabrique pour vendre en Égypte et ailleurs… puis j’ai consolé une fillette qui a perdu son père, et j’ai guéri sa mère. C’est tout.”
“Et cela te semble peu?”
“Oui, parce qu’il aurait fallu aussi de l’argent, et je n’en avais pas.”
“Mais, retournons-y nous qui… n’avons donné d’ennuis à personne” dit Thomas.
“Et ton poisson?” plaisante Jacques de Zébédée.
“Le poisson? Le voilà. Vous, qui avez l’anathème sur vous, allez chez le vieil homme qui nous donne l’hospitalité et commencez à préparer. Nous nous allons en ville.”
“Oui” dit Jésus. “Mais je vous indique la maison de loin. Il y aura du monde. Moi, je n’y vais pas. Ils me retiendraient. Je ne veux pas offenser l’hôte qui nous attend en manquant à son invitation. Le manque de politesse est toujours opposé à la charité.”
L’Iscariote baisse encore davantage la tête et il en devient rouge tant il change de couleur en se rappelant combien de fois il est tombé dans cette faute.
Jésus reprend:
“Vous, allez à la maison et cherchez la fillette. Il n’y a qu’elle de fillette, vous ne pouvez pas vous tromper. Vous lui donnerez cette bourse et vous lui direz: “Cela, c’est Dieu qui te l’envoie parce que tu as su croire. Pour toi, la maman et les petits frères”. Rien de plus. Et revenez tout de suite. Allons.”
Et le groupe se divise. Jésus, Jean, Thomas et les cousins vont à la ville pendant que les autres se rendent la maison du maraîcher philistin.