“Je suis chrétien.”
“Où cela se trouve-t-il?”
“Ce n’est pas un endroit. C’est une personne. J’appartiens à cette personne.”
“Tu es son esclave?”
“Je suis libre plus que n’importe qui, car celui qui appartient à cette personne ne dépend plus que de Dieu.”
“Tu dis vrai? Pas même de César?”
“Pouah! Qu’est-ce César devant Celui que je suis, et auquel j’appartiens, et au nom de qui je te demande du pain!”
“Mais, où est cet homme puissant?”
“Cet homme là-bas qui nous regarde et sourit. C’est le Christ, le Messie. Tu n’en as jamais entendu parler?”
“Si, le roi d’Israël. Il vaincra Rome?”
“Rome? Mais le monde entier et même l’Enfer.”
“Et vous, vous êtes ses généraux? Habillés ainsi? Peut-être pour fuir les persécutions des juifs perfides?”
“Oui et non, mais donne-moi du pain et, pendant que nous mangeons, je t’expliquerai.”
“Du pain? Mais de l’eau aussi, et du vin et des sièges à l’ombre, pour toi, ton compagnon et ton Messie. Appelle-le.”
Et Pierre court vivement vers Jésus:
“Viens, viens. Il nous donne ce que nous voulons, ce vieux philistin. Je crois pourtant qu’il va t’assaillir de questions… Je lui ai dit qui tu es… Je le lui ai dit en gros. Mais il est bien disposé.”
218.4 – Ils vont tous dans le jardin où l’homme a déjà installé des bancs autour d’une table grossière sous une tonnelle bien garnie de vigne.
“La paix à toi, Ananias. Que grâce à ta charité ta terre soit féconde et te donne de beaux produits.”
“Merci. Paix à Toi. Assieds-toi, assoyez-vous. Anibé! Nubi! Du pain, du vin, de l’eau. Tout de suite” commande le vieux à deux femmes.
Ce sont sûrement des africaines car l’une est tout à fait noire avec des lèvres épaisses et des cheveux crépus, l’autre a le teint très foncé, bien qu’elle soit de type plus européen Il s'agit sans doute de deux nubiennes dont l'une était du sud de l'Egypte (Anibé) et l'autre du Soudan (Nubi). . Et le vieux explique:
“Les filles des esclaves de ma femme. Elle est morte, et mortes aussi celles qui étaient venues avec elle, mais les filles sont restées. Haut et Bas Nil. Mon épouse était de là-bas. C’est défendu, hein? Mais moi je n’en ai cure. Je ne suis pas d’Israël, et les femmes de race inférieure sont douces.”
“Tu n’es pas d’Israël?”
“Je le suis par force, car nous avons Israël sur le cou comme un joug. Mais… Tu es israélite et cela t’offense, ce que je dis…?”
“Non, je ne m’en offusque pas. Je voudrais seulement que tu écoutes la voix de Dieu.”
“Il ne nous parle pas à nous.”