217 – Les épis cueillis le jour du sabbat

13 juillet 1945

Le vendredi 13 juillet 1945

217.1 - Toujours le même endroit, mais le soleil est moins implacable car il ne va pas tarder à se coucher.

«Il faut atteindre cette maison» dit Jésus.

Ils marchent, ils y arrivent. Ils demandent du pain et des vivres, mais le régisseur les repousse durement.

«Race de Philistins Le pays philistin, dont Ashqelôn (Ascalon) s'étend de l'actuelle bande de Gaza jusqu'à Jaffa. Une grande inimitié régnait entre les philistins et les juifs. Elle remonte aux guerres qui les affrontèrent dont l'épisode de David contre Goliath est les plus célèbre. Ce pays est encore identifié en tant que tel au IIe siècle avant J.C. Cf. 1 Maccabées (livre des martyrs d'Israël) 3,24. ! Vipères! Toujours les mêmes! Ils sont nés du même cep et donnent des fruits empoisonnés, bougonnent les disciples affamés et fatigués. Que vous soit rendu ce que vous donnez!

- Mais pourquoi manquez-vous de charité? Nous ne sommes plus à l’époque de la loi du talion. Avancez. Il ne fait pas encore nuit et vous ne mourez pas de faim. Un peu de sacrifice pour que ces âmes arrivent à avoir faim de moi» exhorte Jésus.

Mais les disciples — et je crois que c’est plutôt par dépit qu’à cause d’une faim insupportable — entrent au beau milieu d’un champ et se mettent à cueillir des épis. Ils les égrènent dans leurs mains et se mettent à les manger.

«Ils sont bons, Maître, crie Pierre. Tu n’en prends pas, Ils ont beaucoup de goût… Je voudrais manger tout le champ!

- Tu as raison! Comme cela, ils vont regretter de ne pas nous avoir donné un pain», enchérissent les autres.

Ils passent à travers le champ de blé, et mangent avidement. Jésus marche tout seul sur la route poussiéreuse. Simon le Zélote et Barthélemy discutent à cinq ou six mètres derrière.

217.2 - A un autre carrefour entre la route principale et un chemin secondaire, plusieurs pharisiens hargneux se sont arrêtés. Ils reviennent sûrement des offices du sabbat auxquels ils ont assisté dans le hameau que l’on aperçoit au bout de ce chemin secondaire, large, plat, comme si c’était une grosse bête tapie dans sa tanière.

Jésus les voit, les regarde, doux et souriant, et leur adresse son salut:

«Que la paix soit avec vous.»

Au lieu de répondre à son salut, un des pharisiens lui demande avec arrogance:

«Qui es-tu?

- Jésus de Nazareth.

- Vous voyez bien que c’est lui!» dit l’un d’eux aux autres.

Pendant ce temps, Nathanaël et Simon s’approchent du Maître. tandis que les autres, cheminant à travers les sillons, se dirigent vers la route. Ils mâchent encore des grains de blé et en ont dans le creux de la main.

Le pharisien qui a parlé le premier, peut-être le plus puissant, recommence à parler avec Jésus, qui s’est arrêté pour écouter la suite:

«Ah! C’est donc toi, le fameux Jésus de Nazareth? Comment se fait-il que tu sois venu jusqu’ici?

- Parce que, ici aussi, il y a des âmes à sauver.

- Nous y suffisons. Nous savons sauver les nôtres et nous savons sauver celles qui dépendent de nous.

- S’il en est ainsi, vous faites bien. Mais moi, je suis envoyé pour évangéliser et sauver.