215 – Philippe et André parlent à Bét-Ginna. Guérison de la fille lunatique de l’aubergiste

11 juillet 1945

Le mercredi 11 juillet 1945.

215.1 – Je ne vois ni le retour à Bet-Çur, ni les roseraies de Béther que j’ai tant désiré voir. Jésus est seul avec les apôtres. Même Marziam n’est plus là. Il est certainement resté avec la Madone et les femmes disciples. L’endroit est très montagneux, mais avec encore une végétation très riche de bois de conifères, ou plutôt d’arbres à pignons et l’odeur de la résine se répand partout, balsamique et vivifiante. Et, par ces montagnes verdoyantes, Jésus chemine avec les siens, tournant le dos à l’orient.

J’entends que l’on parle d’Élise qui a paru beaucoup changée et qui s’est décidée à suivre Jeanne dans son domaine de Béther, et aussi de la bonté de Jeanne. Ils parlent aussi d’un nouveau tour en direction des plaines fertiles qui précèdent la côte. Et les noms des gloires passées reviennent à la mémoire, donnant lieu à des récits, des questions, des explications et des discussions courtoises.

“Quand nous serons au faîte de cette montagne, je vous montrerai de là-haut toutes les régions qui vous intéressent. Vous pourrez en tirer des pensées pour vos allocutions.”

“Mais, comment allons-nous faire, mon Seigneur? Moi, je ne suis pas bon” gémit André, et à lui se joignent Pierre et Jacques. “Nous sommes les plus malheureux, nous!”

“Oh! pour cela! Je ne vaux pas mieux. S’il s’agissait d’or ou d’argent, je pourrais en parler, mais de ces choses…” dit Thomas.

“Et moi? qu’est-ce que j’étais?” demande Matthieu.

“Mais toi, tu n’as pas peur du public, tu sais parler” réplique André.

“Mais sur d’autres choses…” répond Matthieu.

“Hé! c’est vrai!… Mais… Enfin tu sais déjà ce que je veux dire et fais comme si je te l’avais dit. Le fait est que tu vaux mieux que nous” dit Pierre.

“Mais mes amis, il n’y a pas besoin d’aller dans les hauteurs. Dites simplement ce que vous pensez, ce dont vous êtes convaincus. Croyez que quand quelqu’un est convaincu il persuade toujours” dit Jésus.

Mais Judas de Kérioth dit, suppliant:

“Donne-nous beaucoup d’idées, Toi. Une idée bien présentée peut servir à beaucoup de choses, Ces endroits sont restés sans renseignements à ton sujet, je crois, parce que personne ne manifeste qu’il te connaît.”

“C’est parce qu’ici il y a encore beaucoup de vent qui vient du Moriah Le mont Moriah est celui du Temple de Jérusalem. Pierre emploie cette image pour dire que les gens du Temple mettent en garde les gens de la région contre Jésus. … Et ce vent dessèche…” répond Pierre.

“C’est parce qu’on n’a pas ensemencé. Mais nous ferons les semailles” réplique l’Iscariote, sûr de lui, heureux de ses premiers succès.

215.2 – On a atteint le sommet de la montagne. Un large panorama s’ouvre à cet endroit, et il est beau à contempler à l’ombre des arbres feuillus qui couronnent la cime, un enchevêtrement de chaînes de montagnes si variées et ensoleillées qui vont en tous sens comme les lames pétrifiées d’un océan battu par des vents contraires et puis, comme dans une baie tranquille, tout s’apaise dans une splendeur de lumière sans limite qui précède une vaste plaine, où s’élève solitaire comme un phare à l’entrée d’un port, une petite montagne.

“Voici. Ce pays qui s’étend ainsi sur la crête, comme pour jouir pleinement du soleil, et où nous séjournerons, est comme le pivot d’un éventail de lieux historiques. Venez ici. Là (au nord) Gerimot Gerimot, Jarmout, Yarmouth : La description fournie est parfaitement cohérente avec les découvertes archéologiques récentes, qui ont permis de retrouver des traces de fortifications à Khirbit el Yarmuk, à 27 km à l'ouest-sud-ouest de Jérusalem, et à moins de deux kilomètres de Beth Shemesh. Pourtant à l'époque de Maria Valtorta, la localisation supposée était indiquée plus à l'est – Jean-François Lavère, Dictionnaire géographique de l'Évangile d'après Maria Valtorta et l'Enigme Valtorta tome 1, page 101. . Vous souvenez-vous de Josué? La défaite des rois qui voulurent assaillir le camp d’Israël rendu puissant par l’alliance avec les Gabaonites Josué 10,1-14. . Et tout près, Beth Shemesh (Betsames), la cité sacerdotale de Juda, où les Philistins rendirent l’Arche avec les vœux en or, imposés au peuple par les devins et les prêtres pour être libérés des fléaux qui tourmentaient les Philistins coupables 1 Samuel 6,1-15. . Et voilà là-bas, toute ensoleillée, Saràa Saràa, Sar'a, Tsor'ah, Tsorea, Çoréa, Soréa. Cf. Juges 13,2. , la patrie de Samson et un peu plus à l’est Timnata Timnata, Timnatha, Timna. D'après Maria Valtorta, Timnatah se situerait donc un peu à l'est de Saara, ce qui reste tout à fait compatible avec le contexte biblique Juges 13,1-6 | Juges 14,1-5 | Josué 15,10-57 | Josué 19,43 | 2 Chroniques 28,18. Ce qui inciterait à la rechercher à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Bethléem. (Jean-François Lavère, Dictionnaire géographique de l'Évangile d'après Maria Valtorta). , où il prit femme et où il fit tant de prouesses et de sottises Juges 14,1-20. . Et là Azéqa (Azeco) et Soko alors camp philistin 1 Samuel 17,1. , plus bas encore c’est Szanoé Szanoé, Zanuah, Zanoah, Zano'akh. Citée en Josué 15,56. une des cités de Judée. Et ici, tournez-vous, voici la Vallée du Térébinthe où David battit Goliath Cf. 1 Samuel 17,2-54. . Et là, c’est Macéda Macéda, Makkedah, Maqqeda. Cf. Josué 10,10-51 | Josué 15,41. , où Josué défit les Amorrhéens. Tournez-vous encore. Vous voyez cette montagne solitaire au milieu de la plaine qui autrefois appartint aux Philistins? Là se trouve Get Get, Gath, Tel es-Safieh. Plusieurs fois mentionnée dans la Bible (dont 1 Samuel 17,4). Le site fut identifié en 1887 mais c'est seulement en 2001 que des fouilles ont confirmé les hypothèses antérieures. La description de Maria Valtorta n'en est que plus remarquable (Jean-François Lavère, Dictionnaire géographique de l'Évangile d'après Maria Valtorta). , patrie de Goliath et lieu de refuge pour David près d’Akish (Achis) Cf. 1 Samuel 27,1-4. pour fuir la folle colère de Saül et où le sage roi fit le fou parce que le monde défend les fous contre les sages.

Cet horizon ouvert, ce sont les plaines de la terre très fertile des Philistins. Nous irons par là jusqu’à Ramlé Ramlé, Ramla, Ramleh. Ramlé est présentée par les historiens comme la seule cité de Palestine fondée par les arabes, bâtie vers 705-715 par le calife Suleiman ibn Abed al-Malik. Le fait que le nom soit «cité par Jésus» semble indiquer une existence bien antérieure au 8e siècle (Jean-François Lavère, Dictionnaire géographique de l'Évangile d'après Maria Valtorta). et maintenant entrons à Bet-Ginna. Toi, justement toi, Philippe, qui me regardes tellement suppliant, tu iras avec André à travers le pays. Nous restons, pendant que vous y allez, près de la fontaine ou sur la place du pays.”

“Oh! Seigneur! Ne nous envoie pas seuls! Viens Toi aussi!” disent les deux en le suppliant.

“Allez, je l’ai dit. L’obéissance vous apportera plus de secours que ma présence muette.”

215.3 – …Philippe et André s’en vont donc, au hasard, à travers le pays jusqu’à ce qu’ils trouvent une minuscule auberge, plutôt une gargote, à l’intérieur de laquelle il y a des maquignons qui négocient des agneaux avec des bergers. Ils entrent et s’arrêtent interdits au milieu de la cour entourée de portiques très rustiques.

L’hôtelier accourt:

“Que voulez-vous? Un logement?”