214 – La mère de Judas se confie à la Mère de Jésus, arrivée à Kérioth avec Simon le Zélote

10 juillet 1945

Le mardi 10 juillet 1945.

214.1 – Jésus est sur le point de se mettre à table, dans la belle maison de Judas, en même temps que tous les siens. Et il dit à la mère de Judas, venue de sa maison de campagne pour recevoir dignement le Maître:

“Non, mère, toi aussi tu dois rester avec nous. Ici, nous sommes en famille. Ce n’est pas le banquet froid et compassé des hôtes d’occasion. Moi, je t’ai pris un fils et je veux que tu me prennes comme fils, comme Moi je te prends comme mère, car tu en es bien digne. N’est-ce pas mes amis, qu’ainsi nous nous sentirons tous plus contents et plus à notre aise?”

Les apôtres et les deux Marie acceptent chaleureusement, et la mère de Judas, avec une larme éclair dans les yeux, doit s’asseoir entre son fils et le Maître qui a en face de Lui les deux Marie avec Marziam au milieu.

La servante apporte les mets et Jésus les offre et les bénit et puis les distribue parce que, sur ce point, la mère de Judas est inflexible. Et il distribue en commençant toujours par elle, ce qui émeut toujours plus la femme et rend Judas tout fier et en même temps pensif.

Les conversations roulent sur plusieurs sujets, et Jésus cherche à intéresser la mère de Judas et de la mettre en relation avec les deux Marie.

214.1*2 – À cela Marziam est très utile en déclarant qu’il aime déjà bien aussi la mère de Judas “parce qu’elle s’appelle Marie, comme toutes les femmes qui sont bonnes.”

“Et celle qui nous attend sur le lac, tu ne l’aimeras pas, petit méchant? ” demande Pierre à moitié sérieux.

“Oh! beaucoup, si elle est bonne.”

“Pour cela, tu peux en être certain. Tout le monde le dit, et je dois le dire moi aussi que, si elle a toujours été douce avec sa mère et avec moi, c’est vraiment signe qu’elle est bonne. Mais elle ne s’appelle pas Marie, fils. Elle a un nom bizarre, car son père lui a donné le nom de la chose qui l’avait enrichi et il voulut l’appeler Porphyrée. La pourpre Pourpre, en grec : porphyra. est belle et précieuse. Mon épouse n’est pas belle, mais sa bonté la rend précieuse. Et moi, je l’ai aimée parce qu’elle est paisible, chaste, silencieuse.

Trois vertus… hé! elles ne sont pas faciles à trouver! Je l’avais remarquée alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Je descendais à Capharnaüm avec le poisson et je la voyais travailler silencieusement aux filets, ou à la fontaine, ou dans le jardin de la maison. Ce n’était pas le papillon volage qui va ici et là, ni non plus la poulette étourdie qui se retourne à chaque cocorico du coq. Elle ne levait jamais la tête, même si elle entendait des voix d’hommes et quand moi, énamouré de sa bonté et de ses magnifiques tresses, c’était tout ce qu’elle avait de bien, et aussi… oui, et aussi apitoyé par sa condition d’esclave dans sa famille, je lui ai adressé mes premières salutations - elle avait alors seize ans - elle a à peine répondu, en descendant davantage son voile et en restant davantage à la maison. Hé! il m’en a fallu du temps pour comprendre si elle ne me prenait pas pour un ogre et pour envoyer le paranymphe!… Mais je ne m’en repens pas. Je pouvais faire le tour de la terre, mais une autre comme elle, je ne l’aurais pas trouvée. N’est-ce pas, Maître, qu’elle est bonne?”

“Très bonne. Et je suis sûr que Marziam l’aimera, même si elle ne s’appelle pas Marie. N’est-ce pas, Marziam?”

“Oui. Elle, elle s’appelle “maman” et les mères sont bonnes et on les aime.”

214.3 – Puis Judas raconte ce qu’il a fait pendant la journée. Je comprends qu’il est allé prévenir sa mère de leur arrivée et qu’ensuite il a commencé à parler dans les campagnes de Kérioth avec André pour compagnon. Il dit ensuite:

“Demain je voudrais que vous veniez tous, pourtant. Je ne veux pas être le seul à briller. Nous irons, autant que possible un juif avec un galiléen. Moi, par exemple avec Jean, et Simon avec Thomas. Si l’autre Simon pouvait venir! Quant à vous deux (et il indique les fils d’Alphée) vous pouvez aller ensemble. J’ai dit, même à ceux qui ne voulaient pas le savoir, que vous étiez les frères du Maître et aussi vous deux (il montre Philippe et Barthélemy) vous pouvez aller ensemble. J’ai dit que Nathanaël est un rabbin venu à la suite du Maître. C’est une chose qui fait impression. Et… il reste vous trois. Mais dès l’arrivée du Zélote on pourra faire un couple de plus. Et puis nous alternerons parce que je veux qu’ils vous connaissent tous…”

Judas est plein d’entrain.

“J’ai parlé sur le décalogue, Maître, en cherchant à mettre en lumière spécialement les points auxquels je sais que cette région est plus infidèle…”

“N’aie pas la main lourde, Judas. Je t’en prie. Aie toujours présent à ton esprit que la douceur obtient plus que l’intransigeance et que tu es un homme, toi aussi. Examine-toi donc et réfléchis comme il t’est facile à toi aussi de tomber et comme tu te fâches pour des reproches trop ouverts “dit Jésus pendant que la mère de Judas baisse la tête en rougissant.

“Ne crains pas, Maître, je m’efforce de t’imiter en tout. Cependant dans le pays que nous voyons par cette porte même (ils mangent avec les portes ouvertes et on découvre un bel horizon de cette pièce surélevée) il y a un infirme qui voudrait guérir et on ne peut le transporter. Voudrais-tu venir avec moi?”

“Demain, Judas, demain matin sans faute. Et s’il y a d’autres malades, dites-le-moi et conduisez-moi à eux.”

“Veux-tu vraiment combler de bienfaits ma patrie, Maître?”

“Oui, pour qu’on ne dise pas que j’ai été injuste envers ceux qui ne m’ont pas fait de mal. Je fais du bien même aux méchants! Pourquoi pas alors aux gens honnêtes de Kérioth? Je veux laisser de Moi un souvenir ineffaçable…”

“Mais comment? Nous ne revenons plus ici?”