Dans la synagogue, il reste Jésus et le groupe des apôtres. Ou plutôt ils passent dans le jardinet qui se trouve entre la synagogue et la maison du chef. Judas s’est assis, et il pleure.

“Pourquoi pleures-tu? Je n’en vois pas le motif…” lui dit Jude.

“Mais voilà, je ferais bien comme lui. Vous avez entendu? Maintenant il faut que nous parlions…” dit Pierre.

“Mais nous l’avons déjà fait sur la montagne. Nous ferons toujours mieux. Toi et Jean en avez été tout de suite capables” dit Jacques de Zébédée pour les encourager.

“Le pire, c’est pour moi… mais Dieu m’aidera. N’est-ce pas Maître?” dit André.

Jésus, qui parcourait des rouleaux qu’il avait emportés avec Lui, se retourne et dit:

“Que disais-tu?”

“Que Dieu m’aidera quand je devrai parler. Je chercherai à répéter tes paroles le mieux que je pourrai. Mais mon frère a peur et Judas pleure.”

“Tu pleures? Pourquoi?” demande Jésus.

“Parce que j’ai vraiment péché. André et Thomas peuvent le dire. J’ai fait des médisances sur ton compte, et Toi tu me récompenses en m’appelant “très cher disciple” et en voulant que j’enseigne ici… Quel amour!”

“Mais tu ne le savais pas, que je t’aimais?”

“Si, mais… Merci, Maître. Je ne médirais plus car je suis les ténèbres et Toi tu es vraiment la Lumière.”

Le chef de la synagogue revient et les invite dans sa maison. Et tout en marchant, il dit à Jésus:

“Je réfléchis à tes paroles. Si j’ai bien compris, à Kérioth, de même que tu as trouvé un préféré, notre Judas de Simon, tu prophétises d’y trouver un indigne. Cela m’afflige. Heureusement que Judas compensera l’autre…”

“J’y apporterai tout mon effort” dit Judas qui s’est ressaisi.

Jésus ne parle pas, mais il regarde ses interlocuteurs et fait un geste en ouvrant les bras comme pour dire: “C’est ainsi.”