208 – Marie revoit le berger Élie et va chez Élise de Bet-Çur (Béthsur) avec Jésus
4 juillet 1945
Le mercredi 4 juillet 1945.
208.1 – “C’est à peu près sûr que nous les trouverons si nous revenons un moment sur le chemin d’Hébron. Je vous en prie, allez deux par deux à leur recherche sur les sentiers de la montagne. D’ici aux Piscines de Salomon, puis de là à Bet-Çur. Nous vous suivrons. C’est ici sa zone de pâturage” dit le Seigneur aux douze.
Je me rends compte qu’il parle des bergers.
Les apôtres s’apprêtent à partir, chacun avec son compagnon préféré. Seul le couple quasi inséparable de Jean et André ne se forme pas car ils vont tous les deux vers l’Iscariote en disant: “Je viens avec toi”, et Judas répond:
“Oui, viens, André. Cela vaut mieux ainsi, Jean. Toi et moi nous serions deux qui connaissent déjà les bergers Cf. EMV 75.2/6. . Il vaut donc mieux que tu ailles avec un autre.”
“Avec moi, alors, le garçon” dit Pierre en quittant Jacques de Zébédée.
Sans protester, ce dernier part avec Thomas, alors que le Zélote s’en va avec Jude Thaddée, Jacques d’Alphée avec Matthieu et les deux inséparables Philippe et Barthélemy ensemble. L’enfant reste avec Jésus et les Marie.
La route est fraîche et belle à travers les montagnes couvertes de verdure, bois et prés. On rencontre des troupeaux qui, dans la lumière blonde de l’aurore, s’en vont vers les pâturages.
À chaque bruit de clarine Clarine : Clochette placée au cou du bétail. , Jésus cesse de parler et regarde, puis il demande aux bergers si Elie, le berger bethléemite, se trouve dans les parages. Je saisis que désormais Elie est surnommé “le bethléemite”. Même si d’autres bergers sont de Bethléem, ce surnom lui appartient de droit ou traduit aussi le mépris. Mais personne n’est au courant. Ils répondent en arrêtant le troupeau et en cessant de jouer de leurs flûtes champêtres.
Les jeunes ont, presque tous, ces flûtes primitives de roseau, ce qui fait extasier Marziam, jusqu’à ce qu’un bon vieux berger lui donne la flûte de son petit-fils en disant:
“Lui s’en fera une autre.”
Et Marziam s’en va heureux avec son instrument en bandoulière car, pour le moment, il ne sait pas s’en servir.
208.2 – “J’aimerais tant de les rencontrer!” s’exclame Marie.
“Nous les trouverons certainement. À cette saison, ils sont toujours vers Hébron.”
L’enfant s’intéresse à ces bergers qui ont vu Jésus enfant et pose mille questions à Marie qui répond avec patience et bonté.
“Mais pourquoi les ont-ils punis? Ils n’avaient fait que du bien!” demande l’enfant après le récit de leurs malheurs.
“Parce que fréquemment l’homme commet des erreurs en accusant des innocents du mal qu’en réalité un autre a fait, mais comme eux sont restés bons et ont su pardonner, Jésus les aime tant. Il faut toujours savoir pardonner.”
“Mais tous ces enfants qui ont été tués, comment ont-ils fait pour pardonner à Hérode?”
“Ce sont de petits martyrs, Marziam, et les martyrs sont saints. Eux non seulement pardonnent à leur bourreau mais ils l’aiment, car il leur a ouvert le Ciel.”
“Mais, sont-ils au Ciel?”
“Non, pas pour le moment. Ils sont aux Limbes où ils font la joie des Patriarches et des justes.”
“Pourquoi?”
“Parce qu’ils ont dit, en arrivant avec leur âme empourprée de sang: “Nous voici. Nous sommes les hérauts du Christ Sauveur. Réjouissez-vous, vous qui attendez, car Il est déjà sur la terre”. Et tous les aiment parce qu’ils apportent cette bonne nouvelle.”