207 – À Bethléem, Marie évoque la naissance de Jésus
3 juillet 1945
Vision du mardi 3 juillet 1945.
207.1 – Après avoir quitté Béthanie au premier sourire de l’aurore, Jésus va vers Bethléem avec sa Mère, Marie d’Alphée et Marie Salomé, suivi des apôtres et précédé de l’enfant qui trouve un motif de joie dans tout ce qu’il voit: les papillons qui s’éveillent, les oiseaux qui chantent ou becquettent sur le sentier, les fleurs que font resplendir les diamants de la rosée, l’apparition d’un troupeau avec quantité d’agnelets bêlants.
Après avoir passé le torrent qui est au sud de Béthanie, tout écumeux et riant au milieu des roches, la troupe se dirige vers Bethléem entre deux rangées de collines, toutes vertes d’oliviers et de vignes, avec de petits champs de moissons dorées qui arrivent à maturation. La vallée est fraîche, et la route assez commode.
Simon de Jonas s’avance pour rejoindre le groupe de Jésus et demande: “On y va d’ici à Bethléem? Jean dit que l’autre fois il avait suivi un autre chemin. Périple de Jésus, Jean, Judas et Simon le zélote. Cf. EMV 70 à EMV 74. ”
“C’est vrai” répond Jésus. “Mais c’était parce que nous venions de Jérusalem. D’ici, c’est plus court. Au tombeau de Rachel que les femmes veulent voir, nous nous séparerons comme vous avez décidé il y a un moment. Nous nous retrouverons ensuite à Bet-Çur BET-ÇUR : (la maison du veilleur). Betsur (prononcer Betsour) dans l'original de Maria Valtorta. Traduit par Béthsur (1985) et par Bet-Çur (2016) dans les éditions françaises. Autres orthographes rencontrées : Bethsur, Beth-Tsur, Beth-Zur, Bethsour. Aujourd'hui Beit Sur, à 6 km au nord d'Hébron. où ma Mère désire séjourner. Pour retrouver une amie du Temple : Élise. Voir ci-après EMV 208. ”
“Oui, nous l’avons dit… mais ce serait si beau d’y être tous… la Mère spécialement… car, enfin, la reine de Bethléem et de la Grotte, c’est elle et elle sait parfaitement tout… Entendu de sa bouche… ce serait différent, voilà.”
Jésus sourit en regardant Simon qui insinue doucement son désir.
“Quelle grotte, père?” demande Marziam.
“La grotte où est né Jésus.”
“Oh! c’est beau! J’y viens moi aussi…!”
“Ce serait vraiment beau!” disent Marie d’Alphée et Salomé.
“Très beau!… Ce serait revenir en arrière… à l’époque où le monde t’ignorait, c’est vrai, mais ne te haïssait pas encore… Ce serait retrouver l’amour des simples qui ne surent que croire et aimer, avec humilité et foi… Ce serait déposer ce fardeau d’amertume qui me pèse sur le cœur depuis que je te sais ainsi haï, le déposer là dans ta crèche… Elle doit avoir encore gardé la douceur de ton regard, de ta respiration, du sourire incertain que tu avais là… et tout cela me caresserait le cœur… Il est rempli de tant d’amertume…!”
Marie parle doucement, exhalant son désir et sa tristesse.
“Alors nous y allons, Maman. À toi de nous conduire. Aujourd’hui tu es la Maîtresse et Moi l’enfant qui apprend.”
“Oh! Fils! Non! Tu es toujours le Maître…”
“Non, Maman. Simon de Jonas a bien parlé. Sur la terre de Bethléem, c’est toi qui es la Reine. Ce fut ton premier château. Marie, descendante de David, conduis ce petit peuple dans ta demeure.”
L’Iscariote va parler, mais il se tait. Jésus, qui remarque son attitude et l’interprète, dit:
“Si quelqu’un, à cause de la fatigue, ou pour une autre raison ne veut pas venir, qu’il poursuive librement sa route pour Bet-Çur.”
Mais personne ne parle.
207.2 – Ils continuent leur route par la fraîche vallée orientée d’est en ouest, puis ils tournent légèrement vers le nord, côtoient une colline qui se dresse là et rejoignent ainsi la route qui de Jérusalem conduit à Bethléem, justement à côté du cube surmonté d’une coupole ronde du tombeau de Rachel Genèse 35,18-19 – Rachel, fille cadette de Laban. Elle était très belle. Jacob la rencontra auprès du puits où elle allait abreuver ses troupeaux, à proximité de Harân, en Mésopotamie. Dès qu'il la vit, il l'aima. Jacob, dépourvu de biens, ne pouvait payer la somme que tout prétendant donnait aux parents d'une jeune fille. C'est pourquoi il servit son beau-père pendant 7 ans, afin d'obtenir Rachel. En même temps, Jacob, isolé et fugitif, était heureux de se rattacher à un groupe patriarcal. Il se lia par contrat, et on lui donna une femme du clan. Dès lors, il ne pouvait pas partir et emmener sa femme et ses enfants sans autorisation, même au terme du contrat. À la fin des 7 premières années, Laban trompa Jacob, et lui fit épouser Léa, son aînée, beaucoup moins attrayante semble-t-il. Le fils d'Isaac servit encore 7 ans pour avoir la cadette, la seule qu'il ait aimée. Rachel devint sa femme (Genèse 29,1-30) la mère de Joseph (Genèse 30,22-25), puis de Benjamin; elle mourut à la naissance de celui-ci (Genèse 35,16-20; 48,7). Jacob l'ensevelit un peu au nord de Ephrata, plus connue sous le nom de Bethléem. La tombe se trouvait en un lieu que traversait le voyageur allant de Béthel à Bethléem (source BibleOnLine). . Tous s’approchent pour prier avec respect.
“Ici, nous nous sommes arrêtés, Joseph et moi. Tout est comme alors. Il n’y a que la saison qui diffère. C’était alors une froide journée de Casleu. Il avait plu et les routes étaient devenues boueuses, puis il s’était levé un vent glacial et peut-être que pendant la nuit il avait gelé. Les chemins s’étaient durcis mais, tous sillonnés par des chars et par la foule, ils étaient comme une mer couverte de barques et mon petit âne fatiguait beaucoup… Cf. EMV 28. ”
“Et toi, non, Mère?”
“Oh! moi, je t’avais Toi…!” et son regard exprime une telle béatitude qu’il est émouvant. Puis elle se remet à parler: “La nuit tombait et Joseph était très préoccupé… Il se levait toujours plus fort un vent cinglant… Les gens se hâtaient vers Bethléem s’entrechoquant et plusieurs prenaient à parti mon petit âne qui avançait si doucement, cherchant où il devait mettre les sabots… Il semblait savoir que tu y étais Toi… et que tu faisais ton dernier somme dans le berceau de mon sein. Il faisait froid… mais moi, je brûlais. Je te sentais arriver… Arriver? Tu pourrais dire: “Depuis neuf mois j’y étais, Maman”. Oui, mais alors, c’était comme si tu venais des Cieux. Les Cieux s’abaissaient, s’abaissaient sur moi et moi, j’en voyais les splendeurs… Je voyais la Divinité qui brûlait dans la joie de ta toute proche naissance, et ces feux me pénétraient, m’incendiaient, m’abstrayaient… de tout…