205 – Les premières charges confiées à Jean d’En-Dor. La parabole du fils prodigue. Judas ramené à Jésus par Marie

30 juin 1915

Le samedi 30 juin 1915.

205.1 – “Jean d’En-Dor, viens ici avec Moi. J’ai à te parler” dit Jésus en se montrant sur le seuil.

L’homme accourt en laissant l’enfant auquel il apprenait quelque chose: “Que veux-tu me dire, Maître?” demande-t-il.

“Viens avec Moi, au-dessus.” Ils montent sur la terrasse et s’assoient du côté le plus abrité car, bien que ce soit le matin, le soleil est déjà fort. Jésus tourne son regard vers la campagne cultivée où de jour en jour le grain prend une teinte dorée et où les fruits grossissent sur les arbres. Il paraît vouloir suivre par la pensée cette transformation végétale.

“Écoute, Jean. Je crois qu’Isaac va venir aujourd’hui pour m’amener les paysans de Yokhanan avant leur départ. J’ai dit à Lazare de prêter un char à Isaac pour qu’ils accélèrent leur retour Yokhanan (Giocana) ne leur a donné que six jours pour faire l'aller-retour pour la Pâque. Cf. EMV 191. . Il ne faut pas qu’ils craignent un retard qui pourrait leur valoir un châtiment. Et Lazare le prête, car Lazare fait tout ce que je lui dis. Mais de toi, je veux une autre chose. J’ai ici une somme qui m’a été donnée par une créature pour les pauvres du Seigneur Aglaé. Cf. EMV 200. . Généralement c’est un de mes apôtres qui est chargé de tenir les comptes et de donner les oboles. C’est Judas de Kérioth, généralement; les autres parfois. Judas n’est pas ici. Les autres, je ne veux pas qu’ils sachent ce que je veux faire. Même Judas cette fois ne le saurait pas. C’est toi qui le feras, en mon nom…”

“Moi, Seigneur? Moi? Oh! je n’en suis pas digne!…”

“Tu dois t’habituer à travailler en mon nom. N’est-ce pas pour cela que tu es venu?”

“Oui, mais je pensais devoir travailler pour reconstruire ma pauvre âme.”

“Et Moi, je t’en donne le moyen. En quoi as-tu péché? Contre la Miséricorde et l’Amour. C’est avec la haine que tu as démoli ton âme. C’est avec l’amour et la miséricorde que tu la reconstruiras. Je t’en donne les matériaux. Je t’emploierai particulièrement pour les œuvres de miséricorde et d’amour. Tu es capable de soigner. Tu es capable de parler. Avec cela, tu es apte à soigner les infirmités physiques et morales, et tu as le pouvoir de le faire. Tu vas faire tes débuts avec cette œuvre. Tiens la bourse. Tu la donneras à Michée et à ses amis. Fais-en des parts égales, mais fais comme je te dis. Tu en fais dix parts, puis tu en donnes quatre à Michée, une pour lui, une pour Saül, une pour Joël et une pour Isaïe. Et les six autres parts tu les donnes à Michée pour qu’il les donne au vieux père de Jabé, pour lui et ses compagnons. Ils pourront ainsi avoir un réconfort.”

“C’est bien. Mais qu’est-ce que je leur dis pour justifier?”

“Tu diras: “C’est pour que vous vous souveniez de prier pour une âme qui se rachète”

“Mais ils pourront penser que c’est moi! Ce n’est pas juste!”

“Pourquoi? Ne veux-tu pas te racheter?”

“Il n’est pas juste qu’ils pensent que je sois le donateur.”

“Ne te tracasse pas et fais comme je te dis.”

“J’obéis… mais, au moins, permets-moi d’y ajouter quelque chose. De toute façon… maintenant, je n’ai plus besoin de rien. Des livres, je n’en achète plus. Je n’ai plus de poulets à nourrir. À moi, il me faut si peu… Tiens, Maître. Je ne garde qu’un peu d’argent pour les dépenses de sandales…” et, d’une bourse qu’il avait à la ceinture, il sort de nombreuses pièces de monnaie et les joint à celles de Jésus.

“Dieu te bénisse pour ta miséricorde…

205.2 – Jean, bientôt nous nous quitterons, car tu iras avec Isaac.”

“J’en suis affligé, Maître, mais j’obéis.”

“Moi aussi, je souffre de t’éloigner, mais j’ai tant besoin de disciples itinérants. Je n’y suffis plus. Bientôt je lancerai les apôtres, puis j’enverrai les disciples. Et tu feras très bien. Je te réserverai pour des missions spéciales. En attendant, tu te formeras avec Isaac. Il est tellement bon, et l’Esprit de Dieu l’a vraiment instruit durant sa longue maladie. Et c’est l’homme qui a toujours tout pardonné…

Nous quitter, du reste, ne veut pas dire ne plus nous voir. Nous nous rencontrerons souvent et, chaque fois que nous nous retrouverons, je parlerai spécialement pour toi. Souviens-toi de cela…”

Jean se penche, se cache le visage dans les mains en sanglotant et gémit: “Oh! alors, dis-moi tout de suite quelque chose qui me persuade que je suis pardonné… que je puis servir Dieu… Si tu savais, maintenant que s’est dissipée la fumée de la haine, comme je vois mon âme… et comme… et comme je pense à Dieu…”

“Je le sais. Ne pleure pas. Reste dans l’humilité, mais sans t’avilir. S’avilir, c’est encore de l’orgueil. Aie seulement, seulement l’humilité. Allons, ne pleure pas…”