Et l’enfant arrive tout de suite avec Jean.

“Comment t’appelles-tu?” demande Marie en le caressant.

“Je m’appelle… je m’appelais Yabeç. Mais maintenant j’attends un nom…”

“Tu l’attends?”

“Oui, Yabeç veut un nom qui signifie que je l’ai sauvé. Tu le chercheras, Mère. Un nom d’amour et de salut.”

Marie réfléchit… et puis elle dit:

“Marjiam (Maarhgziam). Tu es la petite goutte dans la mer de ceux qui sont sauvés par Jésus. Il te plaît? Ce nom, outre le Salut, rappelle aussi mon souvenir.”

“Il est très beau” dit l’enfant tout content.

“Mais, n’est-ce pas un nom de femme?” demande Barthélemy.

“Avec un “l” au lieu d’un “m”, quand cette petite goutte d’humanité sera adulte, vous pourrez changer son nom en nom d’homme. Maintenant il porte le nom que lui a donné la Mère. N’est-ce pas?” Remarques étonnantes de précisions. Seul un spécialiste de l'hébreu ancien et de ses différentes prononciations serait capable de déchiffrer la pertinence de ces propos. En tous cas, ce n'était certainement pas la science de Maria Valtorta qui donne pourtant ici des grandes précisions.

L’enfant dit oui et Marie le caresse.

Sa belle-sœur l’interpelle:

“C’est de la belle laine” et elle touche le petit manteau de Yabeç. “Mais elle a une telle couleur! Qu’en dis-tu? Je le teindrai en rouge très foncé. Cela ira bien.”

“Demain soir, nous le ferons, car demain il aura son nouveau vêtement. Maintenant nous ne pouvons le lui enlever.”

Marthe dit à l’enfant:

“Viendrais-tu avec moi, petit? Je t’amène tout près d’ici pour voir tant de choses, et puis on revient ici…”

Yabeç ne refuse pas. Il ne refuse jamais rien… mais il paraît un peu intimidé d’aller avec une femme presque inconnue. Il dit timidement et avec gentillesse:

“Est-ce que Jean pourrait venir avec moi?”

“Mais bien sûr!”

Ils s’en vont.

198.9 – Et pendant leur absence, les conversations se poursuivent entre les différents groupes. Récits, commentaires, soupirs sur la dureté des hommes. Isaac raconte ce qu’il a pu savoir du Baptiste. Certains le disent à Machéronte, d’autres à Tibériade. Les disciples ne sont pas encore de retour…

“Mais ne l’avaient-ils pas suivi?”

“Si. Mais, près de Docco, ceux qui l’avaient arrêté ont traversé le fleuve avec leur prisonnier, et on ne sait pas s’ils sont remontés vers le lac ou descendus à Machéronte. Jean, Mathias et Siméon se sont séparés pour s’informer et ne l’abandonneront sûrement pas.”

“Et toi, Isaac, tu n’abandonneras certainement pas ce nouveau disciple. Pour l’instant il est avec Moi. Je veux qu’il fasse la Pâque avec Moi.”

“Moi, je la ferai à Jérusalem, dans la maison de Jeanne. Elle m’a vu et m’a offert une pièce: pour moi et mes compagnons. Ils viennent tous, cette année. Et nous serons avec Jonathas.”