“Et Toi, Maître, que penses-tu qu’elle dira?”
“Elle fera ce que vous dites. Mais beaucoup de choses, toutes même, elle les pensera et les dira en son cœur et, dans un baiser, elle lui dira seulement: “Que tu sois béni!” et elle le soignera comme si c’était un oiseau tombé du nid.
196.3 - Un jour, écoutez, elle me racontait un fait de quand elle était toute petite. Elle n’avait pas encore trois ans car elle n’était pas encore au Temple, et son cœur se brisait d’amour en donnant, comme des fleurs et des olives écrasées et pressurées sous le pressoir, toute son huile et tous ses parfums. Dans son délire d’amour, elle disait à sa mère qu’elle voulait être vierge pour plaire davantage au Sauveur, mais qu’elle aurait voulu être une pécheresse pour pouvoir être sauvée. Et elle pleurait presque, parce que sa mère ne la comprenait pas et ne savait lui dire comment on peut faire pour être en même temps la “pure” et la “pécheresse”. Son père lui donna la paix, en lui apportant un petit moineau qu’il avait sauvé alors qu’il était en danger sur le bord de la fontaine. Il lui dit la parabole du petit oiseau Voir le paradoxe de la "pécheresse par amour" exprimé par la Sans-péché et la parabole du petit oiseau : voir en EMV 7.5. en expliquant que Dieu l’avait sauvée d’avance et que, pour ce motif, elle devait Le bénir deux fois. Et la petite Vierge de Dieu, la très grande Vierge Marie, exerça sa première maternité spirituelle envers cet oisillon qu’elle libéra quand il fut capable de voler. Mais il ne quitta jamais le jardin de Nazareth, consolant par ses vols et ses pépiements la triste maison et les tristes cœurs d’Anne et de Joachim après le départ de Marie au Temple. Il mourut peu de temps avant qu’Anne rendit le dernier soupir… Il avait terminé sa mission…
196.4 - Ma Mère s’était vouée à la virginité par amour. Mais, étant une créature parfaite, elle avait la maternité dans le sang et dans l’esprit. Car la femme est faite pour être mère, et c’est une aberration quand elle est sourde à ce sentiment qui est un amour de seconde puissance…”
Les autres aussi se sont approchés tout doucement.
“Que veux-tu dire, Maître, en parlant d’amour de seconde puissance?” demande Jude Thaddée.
“Mon frère, il y a plusieurs amours et de puissances différentes. Il y a l’amour de première puissance: celui que l’on donne à Dieu.
Puis l’amour de seconde puissance: l’amour maternel ou paternel, parce que si le premier est entièrement spirituel, celui-ci est pour deux parts spirituel et pour une seule charnel. Il s’y mêle, oui, le sentiment d’affection humaine, mais l’amour supérieur prédomine. En effet un père et une mère qui sont sainement et saintement tels ne se contentent pas de donner aliments et caresses à la chair de leur enfant, mais aussi nourriture et amour à l’âme et à l’esprit de leur enfant. Et c’est si vrai ce que je dis, que celui qui se voue à l’enfance ne serait-ce que pour l’instruire, finit par l’aimer comme si c’était sa propre chair.”
“Moi, en effet, j’aimais beaucoup mes élèves” dit Jean d’En-Dor.
“J’ai compris que tu devais être un bon maître, en voyant comment tu te comportes avec Yabeç.”
L’homme d’En-Dor s’incline et baise la main de Jésus sans parler.
“Continue, je t’en prie, ta classification des amours” demande le Zélote.
“Il y a l’amour pour la compagne. C’est un amour de troisième puissance parce qu’il est fait par moitié - je parle des amours qui sont sains et saints - d’esprit et par moitié de chair. L’homme, pour son épouse, est un maître et un père en plus d’être époux. Et la femme, pour son époux, est un ange et une mère, en plus d’être épouse. Ce sont les trois amours les plus élevés.”
196.5 - “Et l’amour du prochain? Ne te trompes-tu pas? Ou l’as-tu oublié?” demande l’Iscariote.
Les autres le regardent étonnés et… indisposés par son observation.
Mais Jésus répond tranquillement:
“Non, Judas. Mais regarde de près: Dieu, on l’aime, parce qu’Il est Dieu et aucune explication n’est nécessaire pour encourager cet amour. Il est Celui qui est, c’est-à-dire le Tout: et l’homme c’est le Rien qui devient une partie du Tout "partie" a été corrigé (selon l'explication apportée dans la note d'EMV 167.9) en "participant " sur une copie dactylographiée ; elle ajoute en bas de page : "Si l'âme sait rester en état de grâce, donc déifiée, non pas par identité de substance, mais par élévation à l'ordre surnaturel. " par l’âme que lui infuse l’Éternel.
Sans elle, l’homme serait un des animaux sauvages qui vivent sur la terre ou dans les eaux ou dans l’air. Il doit aimer Dieu par devoir et pour mériter de survivre dans le Tout, c’est-à-dire pour mériter de devenir une partie du Peuple saint de Dieu au Ciel, citoyen de la Jérusalem qui ne connaîtra éternellement ni profanation ni destruction.
L’amour de l’homme, et spécialement de la femme, pour ses enfants, a valeur de commandement. Dans les paroles de Dieu à Adam et à Ève, après les avoir bénis, voyant qu’il avait fait une “chose bonne” dans un lointain sixième jour, le premier sixième jour de la création, Il leur dit: “Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre… Genèse 1,28. ”.
Je vois l’objection que tu n’exprimes pas et je te réponds tout de suite ainsi: dans la création, avant la faute, tout était réglé et basé sur l’amour. Cette multiplication des enfants aurait été amour saint, pur, puissant, parfait. Et Dieu l’avait donnée à l’homme comme premier commandement: “Croissez, multipliez-vous”. Aimez, par conséquent, après Moi, vos enfants. L’amour, tel qu’il existe maintenant: celui qui actuellement engendre des enfants, alors n’existait pas. La malice n’existait pas, et n’existait pas avec elle l’exécrable faim des sens. L’homme aimait la femme et la femme aimait l’homme, naturellement, non pas naturellement selon la nature telle que nous l’entendons, ou plutôt telle que vous, hommes, l’entendez, mais selon la nature de fils de Dieu: surnaturellement "surnaturellement" : Maria Valtorta note sur une copie dactylographiée : sans que le désordre de la malice s'unisse ou même "se substitue" aux lois ordonnées de Dieu, inhérentes à la multiplication et à la population de la terre. Elle ajoute en marge : Tant que l'homme est resté dans cet ordre, le venin de la triple concupiscence qui le rendit délirant, puis rebelle, enfin déchu, ne naquit pas en lui. .
Doux premiers jours d’amour entre les deux qui étaient frères, parce que nés d’un Père unique et qui pourtant étaient époux et qui, dans leur amour, se regardaient avec les yeux innocents de deux jumeaux au berceau. Et l’homme éprouvait l’amour d’un père pour sa compagne “os de ses os et chair de sa chair Genèse 2,23. ”, comme l’est un fils pour un père.
Et la femme connaissait la joie d’être fille, c’est-à-dire protégée par un amour très haut car elle sentait qu’elle possédait en elle quelque chose de cet homme magnifique qui l’aimait avec innocence et avec une angélique ardeur dans les belles prairies de l’Eden!
Ensuite, dans l’ordre des commandements que Dieu a donné avec un sourire à ses petits enfants bien aimés, se présente celui qu’Adam lui-même doué par la Grâce d’une intelligence qui n’avait au-dessus d’elle que celle de Dieu, exprime, en parlant de sa compagne et en elle de toutes les femmes, le décret de la pensée de Dieu qui se réfléchissait avec netteté dans le pur miroir de l’esprit d’Adam où naissait une fleur de pensée et de parole: “L’homme quittera son père et sa mère et s’unira à sa femme; les deux seront une seule chair Genèse 2,24. ’
Si les trois piliers des trois amours dont je viens de parler n’avaient pas existé, l’amour du prochain aurait-il pu exister? Non, il n’aurait pas pu exister. L’amour de Dieu nous donne Dieu pour ami et enseigne l’amour. Celui qui n’aime pas Dieu qui est bon, ne peut certainement pas aimer le prochain qui le plus souvent a des défauts. S’il n’y avait pas eu l’amour conjugal et la paternité dans le monde, il n’aurait pas pu y avoir de prochain car le prochain est fait de l’ensemble des fils nés des hommes. En es-tu persuadé?”
“Oui, Maître. Je n’avais pas réfléchi.”