“Enfant, viendrais-tu avec Moi?”
“Oui, mon Seigneur, et je ne te causerai pas de peine.”
“C’est dit.”
191.4 - “Mais… à qui veux-tu le donner?” demande Pierre en tirant Jésus par la manche. “À Lazare, celui-ci aussi?”
“Non, Simon. Mais il y en a tant qui n’ont pas d’enfants…”
“Il y a moi aussi…” Le visage de Pierre paraît maigrir pour le désir.
“Simon, je te l’ai dit "Je te l'ai dit", en EMV 104.5. La dernière mention de Lazare est en lien avec l'évènement rapporté en EMV 172.11. . Tu dois être le “père” de tous les enfants que je te laisserai en héritage, mais tu ne dois pas avoir la chaîne d’un fils qui t’appartienne. N’en sois pas blessé. Tu es trop nécessaire au Maître pour que le Maître puisse te séparer de Lui par une affection. Je suis exigeant, Simon. Je suis exigeant plus que l’époux le plus jaloux. Je t’aime d’un amour de prédilection et je te veux entier pour Moi et de Moi.”
“C’est bon, Seigneur… C’est bon… Qu’il soit fait comme tu veux.” Le pauvre Pierre est héroïque dans cette adhésion à la volonté de Jésus.
“Ce sera l’enfant de mon Église naissante. D’accord? Il sera à tous et à personne. Ce sera “notre” petit enfant. Il nous suivra quand les parcours le permettront ou nous rejoindra. Ses tuteurs seront les bergers, eux qui aiment dans tous les enfants “leur” enfant Jésus. Viens ici, petit. Comment t’appelles-tu?”
“Yabeç de Jean et je suis de Juda” dit, sans hésiter, le garçon.
“Oui, nous sommes juifs, nous” confirme le vieil homme. “Je travaillais sur les terres de Doras en Judée et ma fille a épousé un homme de cette région. Je travaillais dans les bois près d’Arimathie et cet hiver…”
“J’ai vu la catastrophe… "J'ai vu la catastrophe", en EMV 139.2. ”
“L’enfant s’est sauvé parce que cette nuit là il était au loin chez un parent… Vraiment, il a bien porté son nom, Seigneur! Je l’ai dit tout de suite à ma fille: “Pourquoi ce nom? Ne te rappelles-tu pas de l’ancien? "L'ancien" : la citation qui suit est tirée de 1 Chroniques 4, 9-10 : Yabés fut plus honoré que ses frères. Sa mère lui donna le nom de Yabés (c'est-à-dire : Dans la douleur) en disant : "J'ai enfanté dans la détresse." Yabés invoqua le Dieu d'Israël en disant : "Si vraiment tu me bénis, tu agrandiras mon territoire, ta main sera avec moi, et tu éloigneras de moi le malheur, en sorte que ma détresse prenne fin." Et Dieu lui accorda ce qu'il avait demandé. [3] Dans sa dictée du, Jésus donne à ce mauvais riche le nom d'Épulon. ” Mais le mari voulut lui donner ce nom et il s’appela Yabeç.”
“L’enfant invoquera le Seigneur et le Seigneur le bénira et élargira ses frontières et la main du Seigneur est dans sa main et il ne sera plus accablé par le malheur”. Le Seigneur lui accordera cela pour te consoler toi, père, et les esprits des morts et pour réconforter l’orphelin.
191.5 - Et maintenant que vous avez séparé les besoins du corps de ceux de l’âme par un acte d’amour envers l’enfant, écoutez la parabole que j’ai pensée pour vous.
Il y avait une fois un homme très riche Dans sa dictée du 2 août 1943, Jésus qualifie ce mauvais riche d'Épulon, nom des prêtres chargés de l'organisation des banquets dans la Rome antique, ce que reprend l'original de cet épisode "Epulone" comme équivalent de mauvais riche. . Les plus beaux vêtements étaient pour lui. Et il se pavanait dans ses habits de pourpre et de byssos sur les places publiques et dans sa maison. Ses concitoyens le respectaient comme le plus puissant du pays et des amis flattaient son orgueil pour en tirer profit. Les appartements étaient ouverts tous les jours pour de magnifiques festins où la foule des invités, tous riches et donc pas besogneux, se pressaient et flattaient le mauvais riche. Ses banquets étaient renommés pour l’abondance des mets et des vins exquis.
Mais, dans la même cité, il y avait un mendiant, un grand mendiant. Grand dans sa misère comme l’autre était grand dans sa richesse. Mais sous la croûte de la misère humaine du mendiant Lazare était caché un trésor encore plus grand que la misère de Lazare et que la richesse du mauvais riche. Et c’était la sainteté vraie de Lazare. Il n’avait jamais transgressé la Loi, même par besoin et surtout il avait obéi au commandement de l’amour de Dieu et du prochain.
Lui, comme font toujours les pauvres, se tenait à la porte des riches pour demander l’obole et ne pas mourir de faim. Et il allait chaque soir à la porte du mauvais riche dans l’espoir d’avoir au moins des restes des pompeux banquets servis dans les salles richissimes. Il s’allongeait sur le chemin près de la porte et attendait patiemment.
Mais si le riche s’apercevait de sa présence, il le faisait chasser, parce que ce corps couvert de plaies, mal nourri, en lambeaux étaient un spectacle trop affligeant pour ses invités. Le riche parlait ainsi. En réalité, c’était parce que la vue de la misère et de la bonté de Lazare était pour lui un reproche continuel.
Plus compatissants que lui étaient ses chiens bien nourris, qui portaient des colliers précieux. Ils s’approchaient du pauvre Lazare et léchaient ses plaies, glapissant de joie à cause de ses caresses et qui venaient lui apporter des restes des riches tables. Ainsi, grâce à ces animaux, Lazare survivait malgré l’absence de nourriture car pour ce qui était de l’homme, il serait mort puisqu’il ne lui permettait même pas de pénétrer dans les salles après le repas pour ramasser les débris tombés des tables.
191.6 - Un jour Lazare mourut. Personne ne s’en aperçut sur la terre, personne ne le pleura. Au contraire, Ce jour-là et par la suite, le riche se réjouit de ne plus voir sur son seuil cette misère qu’il appelait “opprobre”, Mais au Ciel, les anges s’en aperçurent. À son dernier soupir, dans sa tanière froide et nue étaient présentes les cohortes célestes qui dans un éblouissement de lumières recueillirent son âme et la portèrent avec des chants d’hosanna dans le sein d’Abraham.
Il se passa quelque temps et le riche mourut. Oh! quelles funérailles fastueuses! Toute la ville, déjà informée de son agonie et qui se pressait sur la place où s’élevait sa demeure pour se faire remarquer comme amie du personnage, par curiosité, par intérêt de la part des héritiers, s’unit au deuil, les cris s’élevèrent jusqu’au ciel et avec les cris de deuil les louanges mensongères pour le “grand”, le “bienfaiteur”, le “juste” qui était mort.
La parole de l’homme peut-elle changer le jugement de Dieu? L’apologie humaine peut-elle changer ce qui est écrit dans le livre de la Vie? Non, elle ne le peut. Ce qui est jugé est jugé, et ce qui est écrit est écrit. Et malgré ses funérailles solennelles, le mauvais riche eut l’esprit enseveli dans l’enfer.
Alors, dans cette horrible prison, buvant et mangeant le feu et les ténèbres, trouvant haine et torture de tous côtés et à tout instant de cette éternité, il éleva son regard vers le Ciel. Vers le Ciel qu’il avait vu dans une lueur fulgurante, pendant un atome de minute et dont la beauté indicible qui lui restait présente "Il tourna les yeux vers le Ciel qu'il avait entrevu". Cela doit être compris comme Maria Valtorta l'a commenté sur une copie dactylographiée : "Il tourna les yeux vers les limbes des saints qu'il avait entrevues … et dont la beauté paisible déjà indicible …" était un tourment parmi les tourments atroces. Et il vit là-haut Abraham. Lointain,’ mais lumineux, bienheureux… et dans son sein, lumineux et bienheureux lui aussi, était Lazare, le pauvre Lazare, auparavant méprisé, repoussant, miséreux, et maintenant?… Et maintenant beau de la lumière de Dieu et de sa sainteté, riche de l’amour de Dieu, admiré non par les hommes, mais par les anges de Dieu.
Le mauvais riche cria en pleurant: “Père Abraham, aie pitié de moi! Envoie Lazare car je ne puis espérer que tu le fasses toi-même, envoie Lazare tremper dans l’eau l’extrémité de son doigt et la poser sur ma langue pour la rafraîchir car je souffre affreusement dans cette flamme qui me pénètre sans arrêt et me brûle!”
Abraham répondit: “Souviens-toi, fils, que tu as eu tous les biens pendant ta vie, alors que Lazare eut tous les maux. Lui a su de son mal faire un bien, alors que de tes biens, tu n’as su faire que le mal. Il est donc juste que lui soit consolé et que toi tu souffres. De plus il n’est plus possible de le faire. Les saints sont répandus sur la surface de la terre pour que les hommes en tirent avantage. Mais quand, malgré ce voisinage, l’homme reste tel qu’il est - dans ton cas: un démon - il est inutile ensuite de recourir aux saints. Maintenant nous sommes séparés. Les herbes dans le champ sont mélangées, mais après la fauchaison, on sépare les mauvaises des bonnes. Il en est ainsi de vous et de nous. Nous avons été ensemble sur la terre, et vous nous avez chassés, tourmentés de mille manières, vous nous avez oubliés, n’observant pas la loi d’amour. Maintenant nous sommes séparés. Entre vous et nous il y a un tel abîme que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas, ni vous qui êtes là-bas ne pouvez franchir l’abîme effroyable pour venir vers nous”.
191.7 - Le riche, pleurant plus fort cria: ” Au moins, ô père saint, envoie, je t’en prie, Lazare à la maison de mon père. J’ai cinq frères. Je n’ai jamais compris l’amour, même entre parents, mais maintenant je comprends quelle chose terrible c’est de ne pas être aimé. Et puisque ici, où je suis, c’est la haine, maintenant j’ai compris, pendant cet atome de temps que mon âme a vu Dieu "Pendant cette seconde où mon âme a entrevu Dieu" doit être compris dans le sens de "au moment du jugement particulier", comme le note Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. , ce que c’est que l’Amour.
Je ne veux pas que mes frères souffrent les mêmes peines que moi. Je suis épouvanté pour eux à la pensée qu’ils mènent la même vie que moi. Oh! envoie Lazare leur faire connaître le lieu où je suis et pour quel motif j’y suis et leur dire que l’enfer existe et que c’est quelque chose d’atroce et que celui qui n’aime pas Dieu et son prochain va en enfer. Envoie-le! Qu’ils pourvoient à temps et ne soient pas contraints de venir ici, dans ce lieu d’éternels tourments”.
Mais Abraham répondit: “Tes frères ont Moïse et les Prophètes. Qu’ils les écoutent”.
Et en gémissant en son âme torturée le mauvais riche répondit: “Oh! père Abraham! Un mort leur fera davantage impression… Écoute-moi! Aie pitié!”
Mais Abraham dit: “S’ils n’ont pas écouté Moïse et les Prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu’un qui ressuscitera pour une heure d’entre les morts pour leur dire des paroles de Vérité. Et d’ailleurs, il n’est pas juste qu’un bienheureux quitte mon sein pour aller recevoir des offenses des fils de l’Ennemi. Pour lui, le temps des injures est passé. Maintenant il est dans la paix et y reste sur l’ordre de Dieu qui voit l’inutilité d’une tentative de conversion près de ceux qui ne croient même pas à la parole de Dieu et ne la mettent pas en pratique”.
Cette parabole a un sens si clair qu’il ne faut pas l’expliquer.
191.8 - Ici, vraiment a vécu, en conquérant la sainteté le nouveau Lazare, mon Jonas, dont la gloire près de Dieu est évidente dans la protection qu’il donne à celui qui espère en lui. Vers vous, oui, Jonas peut venir comme protecteur et ami, et y viendra si vous êtes toujours bons.
Je voudrais, et je vous dis ce que je lui ai dit au printemps dernier En EMV 89.1. , je voudrais pouvoir vous venir en aide à tous, même matériellement, mais je ne puis, et j’en souffre. Je ne peux que vous montrer le Ciel. Je ne peux que vous enseigner la grande sagesse de la résignation en vous promettant le futur Royaume. N’ayez jamais de haine, pour aucune raison. La Haine est puissante dans le monde, mais la Haine a toujours une limite. L’Amour n’a pas de limite pour sa puissance ni dans le temps. Aimez donc, pour que l’Amour vous défende et vous réconforte sur la terre et vous récompense au Ciel. Il vaut mieux être Lazare que le mauvais riche, croyez-le. Arrivez à le croire et vous serez bienheureux. Ne voyez pas dans le châtiment qu’ont subi ces champs une parole de haine, même si les faits pouvaient justifier cette haine. N’interprétez pas mal le miracle. Je suis l’Amour et je n’aurais pas frappé. Mais puisque l’Amour ne pouvait faire plier le riche cruel, je l’ai abandonné à la Justice et elle a exercé la vengeance du martyre de Jonas et de ses frères. Quant à vous, tirez l’enseignement de ce miracle: la Justice est toujours en éveil, même si elle paraît absente et Dieu, étant le Maître de toute la création, peut se servir, pour l’exercer, des êtres les plus petits comme les chenilles et les fourmis pour mordre le cœur de celui qui fut cruel et avide et le faire mourir en vomissant le poison qui l’étrangle.
191.9 - Je vous bénis maintenant. Mais je prierai pour vous à chaque nouvelle aurore. Et toi, père, n’aie plus de souci pour l’agneau que tu me confies. Je te le ramènerai de temps en temps pour que tu puisses te réjouir en le voyant croître en sagesse et en bonté sur le chemin de Dieu. Il sera ton agneau de cette pauvre Pâque, le plus agréable des agneaux présentés à l’autel de Jéhovah. Yabeç, salue ton vieux père et puis viens vers ton Sauveur, vers ton bon Berger. La paix soit avec vous!”
“Oh! Maître! Bon Maître! Te quitter!…”
“Oui, c’est pénible. Mais il ne serait pas bien que le surveillant vous trouve ici. Je suis venu à cet endroit exprès pour vous éviter des punitions. Obéissez pour l’amour de l’Amour qui vous donne ce conseil.”
Les malheureux se lèvent, les larmes aux yeux, et ils vont vers leur calvaire. Jésus les bénit encore, et puis, la main de l’enfant dans la sienne, avec l’homme d’En-Dor de l’autre côté, il retourne par le chemin déjà fait à la maison de Michée, rejoint par André et Jean qui, après leur service de garde, retrouvent leurs frères.