180 – Discussion dans la cuisine de Pierre à Bethsaïde. Explication de la parabole du semeur. La nouvelle de la second capture du Baptiste 173 Matthieu 13,10-23 | Marc 4,10-20 et 25 | Luc 8,9-15 et

7 juin 1945

Le jeudi 7 juin 1945.

180.1 – Nous voici de nouveau dans la cuisine de Pierre. Le repas a été copieux car les plats, avec les restes de poisson et de viande, de fromage, de fruits secs ou du moins flétris, de fouaces de miel, s’entassent sur une sorte de crédence qui rappelle un peu nos maies de Toscane. Les amphores et les coupes sont encore en désordre sur la table.

L’épouse de Pierre a fait des miracles pour faire plaisir à son mari et elle a travaillé toute la journée. Maintenant, fatiguée mais contente, elle reste dans son coin et écoute ce que dit son homme et ce que disent les autres. Elle le regarde, son Simon qui, pour elle, doit être un grand homme, même s’il est un peu exigeant. Quand elle l’entend parler avec des paroles nouvelles lui qui auparavant ne parlait que de barques, de filets, de poisson et d’argent, elle cligne des yeux comme si elle était éblouie par une lumière trop vive. Pierre, soit par joie d’avoir Jésus à sa table, soit par joie du copieux repas qui a été servi, est vraiment en veine ce soir et en lui se révèle le futur Pierre qui prêchera aux foules.

Je ne sais quelle observation d’un compagnon a donné naissance à la réponse bien frappée de Pierre:

“Il leur arrivera comme aux bâtisseurs de la tour de Babel Allusion à Genèse 11,1-9. . Leur orgueil provoquera l’écroulement de leurs théories et ils en seront écrasés.”

André objecte à son frère:

“Mais Dieu est Miséricorde. Il empêchera l’écroulement pour leur donner le temps de se repentir.”

“Ne le pense pas. Pour couronner leur orgueil, ils emploieront la calomnie et la persécution. Oh! moi, déjà je le pressens. Persécutions contre nous, pour nous disperser comme des témoins odieux. Et comme ils attaqueront traîtreusement la Vérité, Dieu exercera sa vengeance et ils périront.”

“Aurons-nous la force de résister?” demande Thomas.

“Voilà… moi je ne l’aurais pas, mais je me fie à Lui” et Pierre montre le Maître qui écoute et se tait debout la tête un peu inclinée comme pour cacher son visage expressif.

“Je pense que Dieu ne nous donnera pas d’épreuves supérieures à nos forces” dit Mathieu.

“Ou pour le moins Il augmentera les forces en proportion des épreuves” conclut Jacques d’Alphée.

180.2 – “Il le fait déjà. J’étais riche et puissant. Si Dieu n’avait pas voulu me garder pour ses desseins, j’aurais péri désespéré quand je fus persécuté et lépreux Simon a déjà évoqué ces différentes périodes de sa vie, dès avril 27 (EMV 56.1/7), puis en juin (EMV 72.1/6) et en novembre (EMV 116.1/11). . Je me serais acharné contre moi-même… Au lieu de cela, sur mon complet écroulement descendit une richesse nouvelle que je n’avais jamais possédée auparavant: la richesse d’une certitude: “Dieu existe”. Avant… Dieu… Oui, j’étais croyant, j’étais un fidèle israélite. Mais c’était une foi de formalismes. Et il me semblait que sa récompense était toujours inférieure à mes vertus. Je me permettais de discuter avec Dieu car je me sentais encore quelque chose sur la terre. Simon Pierre a raison. Moi aussi je construisais une tour de Babel avec les autolouanges et les satisfactions de mon moi. Quand tout s’écroula sur moi et que je fus un ver écrasé sous le poids de tout cet inutile humain, alors je n’ai plus discuté avec Dieu mais avec moi-même, avec mon fou moi-même, et je finis de le démolir.

Et plus je le faisais, en faisant un chemin à ce que je pense qu’est le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres, voilà que je rejoignais une force, une richesse nouvelle Notes de Maria Valtorta. Et ainsi il créa en lui-même le vide que Dieu pouvait remplir de ses lumières. La «foi des formalismes» est tombée et la vraie foi a surgi. Avec Celui qui est si puissant qu'il donne ses lumières aux vrais croyants sur l'être de l'Être suprême en toutes choses qui sont autour de nous et en nous ; toutes les œuvres de la Création deviennent alors de véritables témoignages du Créateur, l'intelligence humaine acquiert une force surhumaine, capable d'entendre Dieu prononcer ses paroles les plus saintes, de voir Dieu accomplir ses actions les plus saintes en nous et dans ce qui nous entoure. La vraie foi qui est la participation au Dieu omniprésent et omnipotent. . La certitude que je n’étais pas seul et que Dieu veillait sur l’homme vaincu par l’homme et par le mal.”

“Selon toi, que penses-tu que soit Dieu, celui que tu as dit: “le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres”? Que veux- tu dire? Je ne comprends pas et cela me semble une hérésie. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les Prophètes, Il n’y en a pas d’autre” dit, un peu sévère, Judas l’Iscariote.

“Si Jean était là, il le dirait mieux que moi On sait depuis le EMV 177.1 et EMV 178.1 que Jean a été envoyé en mission à Enon par Jésus. , mais moi je le dis comme je sais. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les Prophètes, c’est vrai. Mais en quoi Le connaissons-nous? Comment?”

Jude d’Alphée bondit:

“Peu et mal. Les Prophètes, qui nous l’ont décrit, eux Le connaissaient encore. Mais nous, nous en avons une idée confuse qui filtre au travers d’un encombrement d’un tas d’explications qu’ont accumulées les sectes…”

“Des sectes? Mais comment parles-tu? Nous n’avons pas de sectes. Nous sommes les fils de la Loi. Tous” dit l’Iscariote indigné, agressif.

“Les fils des lois, mais pas de la Loi. Il y a une légère différence entre le singulier et le pluriel. Mais dans la réalité, voilà ce qu’il en est: nous sommes les fils de ce que nous avons créé et non plus de ce que Dieu nous a donné” réplique Thaddée.

“Les lois sont nées de la Loi” dit l’Iscariote.

“Les maladies aussi naissent de notre corps, et tu ne voudrais pas me dire que ce sont de bonnes choses” réplique Thaddée.

“Mais permettez-moi de savoir ce qu’est le Dieu immanent de Simon le Zélote.”