Oui. Ceux qui pleurent en aimant le Seigneur seront consolés.

170.9 – “Bienheureux serai-je si j’ai faim et soif de justice”.

Du moment où il naît jusqu’au moment où il meurt, l’homme est avide de nourriture. Il ouvre la bouche à sa naissance pour saisir le tétin, il ouvre les lèvres pour absorber de quoi se restaurer dans les étreintes de l’agonie. Il travaille pour se nourrir. La terre est pour lui comme un sein gigantesque auquel il demande incessamment sa nourriture pour ce qui meurt. Mais, qu’est l’homme? Un animal? Non, c’est un fils de Dieu. En exil pendant des années plus ou moins nombreuses, mais sa vie n’est pas finie quand il change de demeure.

Il y a une vie à l’intérieur de la vie comme dans une noix il y a le cerneau. Ce n’est pas la coque qui est la noix, mais c’est le cerneau intérieur qui est la noix. Si vous semez une coque de noix, rien ne pousse, mais si vous semez la coque avec la pulpe, il naît un grand arbre. Il en est ainsi de l’homme. Ce n’est pas la chair qui devient immortelle, c’est l’âme. Et il faut la nourrir pour l’amener à l’immortalité à laquelle, par amour, elle peut amener la chair dans la résurrection bienheureuse. La nourriture de l’âme, c’est la Sagesse et la Justice. On les absorbe comme un liquide et une nourriture fortifiants. Et plus on s’en nourrit, plus augmente la sainte avidité de posséder la Sagesse et de connaître la Justice.

Mais il viendra un jour où l’âme insatiable de cette sainte faim sera rassasiée. Ce jour viendra. Dieu se donnera à son enfant, il l’attachera directement à son sein, et l’enfant au Paradis se rassasiera de la Mère admirable qui est Dieu Lui-même et ne connaîtra jamais plus la faim mais se reposera bienheureux sur le sein divin. Aucune science humaine n’atteint cette science divine. La curiosité de l’intelligence peut être satisfaite, mais pas les besoins de l’esprit. Et même à cause de la différence de saveur, l’esprit éprouve du dégoût et détourne sa bouche du tétin amer, préférant souffrir de faim qu’absorber une nourriture qui n’est pas venue de Dieu.

N’ayez aucune crainte, vous qui êtes assoiffés ou affamés de Dieu! Restez fidèles et vous serez rassasiés par Celui qui vous aime.

170.10 – “Bienheureux serai-je si je suis miséricordieux”. Qui, d’entre les hommes, peut dire: “Je n’ai pas besoin de miséricorde”? Personne. Or si dans l’ancienne Loi il est dit: “Œil pour œil et dent pour dent” L'antique loi du talion : cf. Exode 21,23-25; Lévitique 24,19-20; Deutéronome 19,21. Elle est évoquée souvent dans l'œuvre : d'EMV 171.4 à EMV 566.9. pourquoi ne devrait-on pas dire dans la nouvelle: “Qui aura été miséricordieux trouvera miséricorde”? Tous ont besoin de pardon.

Eh bien! ce n’est pas la formule et la forme d’un rite, qui ne sont que des symboles extérieurs accordés à l’opaque esprit humain, qui obtiennent le pardon. Mais c’est le rite intérieur de l’amour, ou encore de la miséricorde. Que si on a imposé le sacrifice d’un bouc ou d’un agneau et l’offrande de quelques pièces de monnaie Prescriptions décrites plusieurs fois dans la bible, comme en Lévitique 16 ou Nombres 28. , cela fut fait parce qu’à la base de tout mal on trouve encore toujours deux racines: la cupidité et l’orgueil. La cupidité est punie par la dépense qu’il faut faire pour l’offrande, l’orgueil par la confession publique du rite: “Je célèbre ce sacrifice parce que j’ai péché”. Et cela se fait aussi pour annoncer les temps et les signes des temps, et le sang répandu est la figure du Sang qui sera répandu pour effacer les péchés des hommes.

Bienheureux donc celui qui sait être miséricordieux pour ceux qui sont affamés, nus, sans toit, pour ceux encore plus misérables qui sont ceux qui ont un mauvais caractère qui fait souffrir ceux qui le possèdent et ceux qui vivent avec eux. Ayez de la miséricorde. Pardonnez, compatissez, secourez, instruisez, soutenez.

Ne vous enfermez pas dans une tour de cristal en disant: “Moi, je suis pur, et je ne descends pas parmi les pécheurs”. Ne dites pas: “Je suis riche et heureux et je ne veux pas entendre parler des misères d’autrui”. Pensez que plus vite que la fumée que disperse un grand vent votre richesse peut se dissiper et aussi votre santé, votre aisance familiale. Et rappelez-vous que le cristal fait office de loupe et que ce qui serait passé inaperçu en vous mêlant à la foule, vous ne pourrez plus le tenir caché si vous vous établissez dans une tour de cristal, seuls, séparés, éclairés de tous côtés.

Miséricorde pour accomplir un sacrifice secret, continuel, saint d’expiation et obtenir miséricorde.

170.11 – “Bienheureux serai-je si j’ai le cœur pur”. Dieu est Pureté. Le Paradis est le Royaume de la Pureté. Rien d’impur ne peut entrer au Ciel où est Dieu. Par conséquent, si vous êtes impurs, vous ne pourrez entrer dans le Royaume de Dieu. Mais, oh! joie! Joie anticipée que Dieu accorde à ses fils! Celui qui est pur possède dès cette terre un commencement de Ciel, car Dieu se penche sur celui qui est pur, et l’homme qui vit sur la terre voit son Dieu. Il ne connaît pas la saveur des amours humaines mais il goûte, jusqu’à l’extase, la saveur de l’amour divin. Il peut dire: “Je suis avec Toi et Tu es en moi. Je te possède donc et je te connais comme l’époux très aimable de mon âme”. Et croyez que celui qui possède Dieu subit, inexplicables à lui-même, des changements substantiels qui le rendent saint, sage, fort. Sur ses lèvres s’épanouissent des paroles, et ses actes possèdent une puissance qui n’est pas de la créature, mais de Dieu qui vit en elle.

Qu’est la vie de celui qui voit Dieu? Béatitude. Et vous voudriez vous priver d’un pareil don par une fétide impureté?

170.12 – “Bienheureux serai-je si j’ai un esprit pacifique”. La paix est une des caractéristiques de Dieu. Dieu n’est que dans la paix. Car la paix est amour alors que la guerre est haine. Satan, c’est la Haine. Dieu, c’est la Paix. Personne ne peut se dire fils de Dieu et Dieu ne peut reconnaître pour son fils un homme qui a un esprit irascible et toujours prêt à déchaîner des tempêtes. Non seulement, mais de même ne peut se dire fils de Dieu celui qui, ne déchaînant pas personnellement des tempêtes, ne contribue pas par sa grande paix à calmer les tempêtes suscitées par d’autres.

Le pacifique répand la paix même s’il se tait. Maître de lui-même et J’ose dire maître de Dieu Maître de Dieu, parce que, comme Maria Valtorta l'explique dans une note sur une copie dactylographiée, Les pacifiques sont tout amour, car l'amour inspire des sentiments de paix, et la paix rétablit l'amour entre les frères que leurs égoïsmes ont troublés. Dieu aime donc tellement les pacifiques qu'il paraît réellement se mettre à leur service pour les aider dans ce ministère de paix qui répand entre les hommes l'un de ses attributs les plus doux. , il la porte comme une lampe porte sa lumière, comme un encensoir répand son parfum, comme une outre porte son liquide, et il produit la lumière parmi les nuées fumantes des rancœurs. Il purifie l’air des miasmes des aigreurs, il calme les flots furieux des procès par cette huile suave qu’est l’esprit de paix qui émane des fils de Dieu.

Faites que Dieu et les hommes puissent vous appeler ainsi.

170.13 – “Bienheureux serai-je si je suis persécuté pour mon amour de la Justice”. L’homme est tellement satanisé qu’il hait le bien partout où il se trouve, qu’il hait celui qui est bon, comme si celui qui est bon, jusque par son silence, l’accusait et lui faisait des reproches. En effet la bonté de quelqu’un fait paraître encore plus noire la méchanceté du méchant. En effet la foi du vrai croyant fait ressortir encore plus vivement l’hypocrisie du faux croyant. En effet, il ne peut pas ne pas être détesté par ceux qui sont injustes, celui qui par sa manière de vivre témoigne sans cesse en faveur de la justice. Et alors, voilà qu’on se déchaîne contre ceux qui aiment la justice.

Ici, aussi, c’est comme pour les guerres. L’homme progresse dans l’art satanique de persécuter plus qu’il ne progresse dans l’art saint de l’amour. Mais il ne peut que persécuter ce dont la vie est brève. L’éternel qui est dans l’homme échappe aux pièges et acquiert ainsi une vitalité plus vigoureuse du fait de la persécution. La vie s’enfuit par les blessures qui saignent ou pour les privations qui épuisent celui qui est persécuté, mais le sang fait la pourpre du futur roi et les privations sont autant d’échelons pour s’élever jusqu’aux trônes que le Père a préparés pour ses martyrs, auxquels sont réservés les sièges royaux du Royaume des Cieux.

170.14 – “Bienheureux serai-je si on m’outrage et me calomnie”. Ne faites que ce qui peut mériter que votre nom soit inscrit dans les livres célestes, là où ne sont pas notés les noms d’après les mensonges des hommes et les louanges décernées à ceux qui les méritent le moins. Mais où, par contre, sont inscrites avec justice et amour les œuvres des bons pour qu’ils puissent recevoir la récompense promise à ceux qui sont bénis de Dieu.

Jusqu’à présent on a calomnié et outragé les Prophètes. Mais quand s’ouvriront les portes des Cieux, comme des rois imposants, ils entreront dans la Cité de Dieu et ils seront salués par les anges, chantant de joie. Vous aussi, vous aussi, outragés et calomniés pour avoir appartenu à Dieu, aurez le triomphe céleste et quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chère parce que par elle vous aurez conquis cette gloire éternelle qu’au nom du Père je vous promets.

Allez. Demain je vous parlerai encore. Que restent seulement les malades pour que je les secoure dans leurs peines. Que la paix soit avec vous, et que la méditation du salut par le moyen de l’amour vous mette sur la route qui aboutit au Ciel.”