Bienheureux si je suis pauvre en esprit, car alors le Royaume des Cieux est à moi!

Bienheureux si je suis doux, parce que j’aurai la Terre en héritage!

Bienheureux si je suis capable de pleurer sans me révolter, car je serai consolé!

Bienheureux si plus que du pain et du vin qui rassasient la chair, j’ai faim de justice. La Justice me rassasiera!

Bienheureux si je suis miséricordieux, car je profiterai de la divine miséricorde!

Bienheureux si je suis pur de cœur, car Dieu se penchera sur mon cœur pur, et moi je Le verrai!

Bienheureux si j’ai l’esprit de paix, car Dieu m’appellera son fils, car je serai dans la paix et dans l’amour, et Dieu est l’Amour qui aime celui qui est semblable à Lui!

Bienheureux si, par fidélité à la justice, je suis persécuté parce que pour me dédommager des persécutions de la terre, Dieu me donnera le Royaume des Cieux!

Bienheureux si on m’outrage et si on m’accuse à tort pour savoir être ton fils, ô Dieu! Ce n’est pas la désolation mais la joie que cela doit m’apporter, car cela me mettra au niveau de tes meilleurs serviteurs, les Prophètes, qui furent persécutés pour la même raison et avec lesquels je crois fermement que je partagerai la même récompense, grande, éternelle, dans le Ciel qui m’appartient!” On retrouve ci-dessus les neuf Béatitudes de Matthieu 5,3-11, dans l'ordre où l'évangéliste nous les a transmises, mais dans une formulation qui n'est manifestement pas une simple retranscription du texte biblique.

Regardons ainsi le chemin du salut à travers la joie des saints.

170.6 – “Bienheureux serai-je si je suis pauvre en esprit”. Oh! fièvre satanique des richesses à quels délires tu conduis les hommes! Les riches, les pauvres. Le riche qui vit pour son or, idole infâme de son esprit en ruines. Le pauvre qui vit de la haine qu’il a pour le riche qui possède l’or, et même s’il ne se rend pas matériellement homicide, il proclame ses anathèmes contre les riches, leur souhaitant toutes sortes de maux. Il ne suffit pas de ne pas commettre le mal, il faut encore ne pas désirer le faire Jésus revient plusieurs fois dans l'œuvre sur cette notion, sans doute nouvelle en son temps : Par exemple en EMV 494.6. . Celui qui maudit en souhaitant malheurs et mort ne diffère pas beaucoup de celui qui tue matériellement, car il a en lui le désir de voir périr celui qu’il hait. En vérité je vous dis que le désir n’est qu’un acte que l’on retient, comme le fruit d’une conception déjà formé mais non expulsé. Le désir mauvais empoisonne et corrompt, car il dure davantage que l’acte violent. Il s’enracine plus profondément que l’acte lui-même.

Celui qui est pauvre en esprit, s’il est matériellement riche ne pèche pas à cause de l’or, mais avec son or il réalise sa sanctification parce qu’il en fait de l’amour Quelques semaines plus tard (EMV 206.10), Jésus en donne un exemple concret en la personne de Lazare. . Aimé et béni, il est semblable à ces sources qui sauvent les voyageurs dans les déserts et qui se donnent sans avarice, heureuses de pouvoir se donner pour soulager ceux qui désespèrent. S’il est réellement pauvre, il est joyeux dans sa pauvreté et trouve son pain agréable. Il est joyeux car il échappe à la fièvre de l’or, son sommeil ignore les cauchemars et il se lève bien reposé pour se mettre tranquillement à son travail qui lui est léger parce qu’il le fait sans avidité et sans envie.

Ce qui enrichit l’homme, c’est matériellement son or, moralement ses affections. Sous le nom d’or, on comprend non seulement les ressources pécuniaires, mais les maisons, les champs, les bijoux, les meubles, les troupeaux, tout ce qui en somme donne l’aisance à la vie. Les richesses morales consistent dans: les liens de parenté ou de mariage, les amitiés, les richesses intellectuelles, les charges publiques.

Comme vous le voyez, pour la première catégorie le pauvre peut dire: “Oh! pour moi, il me suffit de ne pas envier celui qui possède et je me contente de la situation qui m’est imposée”; pour la seconde, celui qui est pauvre doit encore se surveiller car le plus misérable des hommes peut devenir coupable si son esprit n’est pas détaché. Celui qui s’attache immodérément à quelque chose, celui-là pèche.

Vous direz: “Mais alors, nous devons haïr le bien que Dieu nous a accordé? Mais alors, pourquoi commande-t-Il d’aimer le père, la mère, l’épouse, les enfants et pourquoi dit-Il: ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’? ”. Il faut distinguer. Nous devons aimer le père, la mère, l’épouse et le prochain, mais dans la mesure que Dieu nous a fixée: “comme nous-mêmes”. Tandis que Dieu doit être aimé par-dessus tout et avec tout nous-mêmes. Nous ne devons pas aimer Dieu comme nous aimons ceux qui nous sont les plus chers: celle-ci parce qu’elle nous a allaités, cette autre parce qu’elle dort sur notre poitrine et qu’elle nous donne des enfants, mais nous devons l’aimer avec tout nous-mêmes: c’est-à-dire avec toute la capacité d’aimer qui existe dans l’homme: amour de fils, amour d’époux, amour d’ami et oh! ne vous scandalisez pas! amour de père. Oui, pour les intérêts de Dieu, nous devons avoir le même soin qu’un père a pour ses enfants pour lesquels il veille avec amour sur ses biens et les développe, et s’occupe et se préoccupe de sa croissance physique et culturelle et de sa réussite dans le monde.

L’amour n’est pas un mal et ne doit pas devenir un mal. Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas un mal et ne doivent pas devenir un mal. Elles sont amour. C’est par amour qu’elles sont données. C’est avec amour qu’il faut user de ces richesses d’affections et de biens que Dieu nous accorde.

Et seul celui qui ne s’en fait pas des idoles, mais des moyens pour servir Dieu dans la sainteté, montre qu’il n’a pas d’attachement coupable pour ces biens. Il pratique alors la sainte pauvreté d’esprit qui se dépouille de tout pour être plus libre de conquérir le Dieu Saint, Suprême Richesse. Conquérir Dieu, c’est-à-dire posséder le Royaume des Cieux.

170.7 – “Bienheureux serai-je si je suis doux”. Cela peut sembler contraster avec les exemples de la vie journalière. Ceux qui manquent de douceur semblent triompher dans les familles, dans les villes et les nations. Mais est-ce un vrai triomphe?

Non. C’est la peur qui en apparence tient soumis ceux qui sont accablés par un despote, mais en réalité, ce n’est qu’un voile qui cache le bouillonnement de la révolte contre le tyran. Ils ne possèdent pas les cœurs de leurs familiers, ni de leurs concitoyens, ni de leurs sujets ceux qui sont coléreux et dominateurs. Ils ne soumettent pas les intelligences et les esprits à leurs enseignements ces maîtres du “je l’ai dit et je l’ai dit”. Mais ils ne forment que des autodidactes, des gens qui recherchent une clef qui puisse ouvrir les portes closes d’une sagesse ou d’une science dont ils soupçonnent l’existence et qui est opposée à celle qu’on leur impose.

Ils n’amènent pas à Dieu ces prêtres qui ne vont pas à la conquête des esprits avec une douceur patiente, humble, aimante, mais qui semblent des guerriers armés qui se lancent à l’attaque, tant ils marchent avec violence et intransigeance contre les âmes… Oh! pauvres âmes! Si elles étaient saintes, elles n’auraient pas besoin de vous, prêtres Dans l'assistance il y a effectivement des prêtres et des scribes du Temple, même si ce message a, comme toujours, une portée intemporelle. , pour rejoindre la Lumière. Elles l’auraient déjà en elles. Si elles étaient justes, elles n’auraient pas besoin de vous, juges, pour être retenues par le frein de la justice. Elles l’auraient déjà en elles. Si elles étaient saines, elles n’auraient besoin de personne pour les soigner. Soyez donc doux. Ne mettez pas les âmes en fuite. Attirez-les par l’amour, car la douceur c’est de l’amour tout comme la pauvreté d’esprit.

Si vous êtes doux vous aurez la Terre en héritage. Vous amènerez à Dieu ce domaine qui appartenait à Satan. En effet votre douceur, qui est aussi amour et humilité, aura vaincu la Haine et l’Orgueil en tuant dans les âmes le roi abject de l’orgueil et de la haine, et le monde vous appartiendra et donc appartiendra à Dieu, car vous serez les justes qui reconnaissent Dieu comme le Maître absolu de la création, à qui on doit donner louange et bénédiction et rendre tout ce qui Lui appartient.

170.8 – “Bienheureux serai-je si je sais pleurer sans me révolter”. La douleur existe sur la terre, et la douleur arrache des larmes à l’homme. La douleur n’existait pas. Mais l’homme l’a apportée sur la terre, et par la dépravation de son intelligence s’efforce de la faire croître, de toutes les façons. Il y a les maladies, les malheurs qu’amènent la foudre, la tempête, les avalanches, les tremblements de terre, mais voilà que l’homme pour souffrir et surtout pour faire souffrir - car nous voudrions que ce soit non pas nous, mais les autres qui pâtissent des moyens étudiés pour faire souffrir - voilà que l’homme invente des armes meurtrières toujours plus terribles et des tortures morales toujours plus astucieuses.

Que de larmes l’homme arrache à l’homme à l’instigation de son roi secret, Satan! Et pourtant, en vérité je vous dis que ces larmes n’amoindrissent pas l’homme mais le perfectionnent.

L’homme est un enfant distrait, un étourdi superficiel, un être d’intelligence tardive jusqu’à ce que les larmes en fassent un adulte, réfléchi, intelligent. Seuls ceux qui pleurent ou qui ont pleuré savent aimer et comprendre. Aimer les frères qui pleurent comme lui, les comprendre dans leurs douleurs, les aider avec une bonté qui a éprouvé comme cela fait mal d’être seul quand on pleure. Et ils savent aimer Dieu, car ils ont compris que tout est douleur excepté Dieu, parce qu’ils ont compris que la douleur s’apaise si on pleure sur le cœur de Dieu, parce qu’ils ont compris que les larmes résignées qui ne brisent pas la foi, qui ne rendent pas la prière aride, qui ne connaissent pas la révolte, changent de nature, et de douleur deviennent consolation.