“Simon aussi a bien parlé, mon Seigneur. Il a été vraiment le “chef” dit Jean.
“Je n’en sais rien! Il m’a mis au pied du mur! Mais… Ils disent que j’ai bien parlé. C’est possible. Moi, je ne sais… car à cause de la stupeur que m’ont donnée les paroles de Jean et la peur de parler au milieu de tant de gens et de te faire faire piètre figure, j’étais bouleversé…”
“De me faire faire piètre figure? À Moi Mais c’était toi qui parlais et la piètre figure c’était toi qui l’aurais faite, Simon” lui dit Jésus pour le taquiner.
“Oh! pour moi… Peu m’importait. Je ne voulais pas qu’ils se moquent de Toi pour avoir pris pour apôtre un imbécile.”
Jésus étincelle de joie pour l’humilité et l’amour de Pierre. Mais il demande seulement:
“Et les autres?”
“Le Zélote aussi a bien parlé, mais lui… on le sait. Mais celui-ci a été une surprise! Mais depuis que nous avons été en oraison Allusion à la semaine de retraite qu'ils viennent de passer en prière dans les gorges d'Arbel (EMV 164) le garçon semble avoir toujours l’âme au Ciel.”
“C’est vrai! c’est vrai!”
Tous confirment les paroles de Pierre. Et puis on continue à parler.
“Et sais-tu? Parmi les disciples il y en a maintenant deux qui, au dire de Judas de Simon, sont très importants Hermas et Étienne, disciple de Gamaliel. . Judas s’affaire beaucoup. Hé! c’est vrai! Lui connaît beaucoup ces gens-là… de la haute, et il sait leur parler. Et il aime parler… Il parle bien. Mais les gens préfèrent entendre Simon, tes frères, et surtout ce garçon. Hier un homme m’a dit: “Il parle bien ce jeune - c’était de Judas qu’il parlait - mais je te préfère à lui”. Oh! mon pauvre! Me préférer moi qui ne sais dire que quatre mots!… Mais pourquoi es-tu venu ici? Le rendez-vous était sur la route et c’était là que nous étions Voir note n°1 ci-dessus. .”
“Parce que je savais que je vous trouverais ici.
169.3 – Maintenant écoutez. Descendez et dites aux autres de venir, aux disciples connus aussi. Que les gens ne viennent pas pour aujourd’hui. Je veux parler à vous seuls.”
“Alors il est mieux d’attendre le soir. Au coucher les gens s’éparpillent dans les bourgades voisines et reviennent le matin t’attendre. Sinon… qui les retiendra?”
“C’est bien. Faites ainsi. Je vous attends là-haut, sur la cime. Maintenant la nuit est tiède. Nous pouvons même dormir à la belle étoile.”
“Où tu veux, Maître. Il suffit que tu sois avec nous.”
Les disciples s’en vont et Jésus reprend l’ascension jusqu’en haut de la cime. C’est celle que j’ai déjà vue dans la vision de l’an passé On se souvient que Maria Valtorta n'a pas reçu toutes ses visions dans un ordre chronologique. C'est une allusion à la vision du 12/08/1944, (décrite ci-après en EMV 174 11/14.), alors que la présente vision a été reçue le 22/05/1945. pour la fin du discours sur la montagne et la première rencontre avec Marie de Magdala. Encore plus étendu est le panorama qui s’éclaire au coucher du soleil.
Jésus s’assied sur un rocher et se recueille pour la méditation. Et il reste ainsi jusqu’à ce que le bruit des pas sur le sentier l’avertisse que les apôtres sont de retour. On arrive au soir. Mais à cette altitude le soleil continue de faire exhaler un parfum aux plantes et aux fleurs. Des muguets sauvages dégagent une forte odeur et les grandes tiges des narcisses Le narcisse, ou jonquille, est une plante méditerranéenne. Il en existe une soixantaine d'espèces. Rappelons que près du lac, la végétation a environ deux mois d'avance par rapport à la France. Il faut noter que les mêmes narcisses sont évoqués dans la vision reçue pourtant dix mois plus tôt (EMV 174). secouent leurs étoiles et leurs boutons comme pour appeler la rosée.
Jésus se lève et salue en disant:
“La paix soit avec vous.”
Nombreux sont les disciples qui montent avec les apôtres. Isaac les conduit avec son sourire d’ascète sur son fin visage. Tous se groupent autour de Jésus qui salue en particulier Judas l’Iscariote et Simon le Zélote.
“J’ai voulu vous avoir tous avec Moi pour rester quelques heures avec vous seuls et pour vous parler, à vous seuls. J’ai quelque chose à vous dire pour vous préparer toujours plus à la mission. Nous prendrons la nourriture et puis nous parlerons et, pendant le sommeil, l’âme continuera de savourer la doctrine.”
Ils consomment le repas frugal et puis se pressent en cercle autour de Jésus qui est assis sur un rocher. Ils sont une centaine environ, peut-être plus, entre disciples et apôtres. Une couronne de visages attentifs que la flamme de deux feux éclaire d’une façon bizarre.
169.4 – Jésus parle doucement avec des gestes paisibles. Son visage paraît plus blanc, se détachant sur son habit bleu foncé, éclairé par un rayon de la nouvelle lune qui descend justement à son niveau, une petite virgule dans le ciel Jésus avait promis aux romaines de venir à la fin de Shébat, qui tombe justement ce dimanche. Donc le 13 février 28 (grégorien) est la seule date possible ! Or le 13/02/28 la lune, basse sur l'horizon, se couche 1h à peine après le soleil, à 18h30, à l'arrivée de la nuit. La description est scientifiquement parfaite ! , une lame de lumière qui caresse le Maître du ciel et de la terre.
“J’ai voulu vous avoir ici, en particulier, parce que vous êtes mes amis. Je vous ai appelés après la première épreuve à laquelle les douze ont été soumis, et pour élargir le cercle de mes disciples au travail et pour entendre de vous les premières réactions sur ceux qui vous dirigent et que je vous donne comme mes continuateurs. Je sais que tout s’est bien passé. Je soutenais de ma prière les âmes des apôtres, sortis de l’oraison avec une force nouvelle dans l’esprit et dans le cœur. Une force qui ne vient pas de l’étude mais du complet abandon à Dieu.
169.5 – Ceux qui ont le plus donné, ce sont ceux qui se sont le plus oubliés. S’oublier soi-même est chose ardue. L’homme est fait de souvenirs, et ceux qui élèvent le plus haut la voix sont les souvenirs du propre moi. Il faut distinguer entre le moi et le moi. Il y a le moi spirituel qui vient de l’âme qui se souvient de Dieu et de son origine divine. Il y a le moi inférieur de la chair, qui se replie sur ses mille exigences et ses passions. Il en sort tant de voix qui font un chœur qui domine, si l’esprit n’est pas très robuste, la voix solitaire de l’esprit qui se souvient de sa noblesse de fils de Dieu. Il faudrait donc - sauf pour ce souvenir saint qu’il faudrait toujours plus exciter, raviver et fortifier - il faudrait pour être parfaits comme disciples savoir s’oublier soi-même pour tous les souvenirs, les exigences et les réflexions craintives du moi humain.