167 – La rencontre des Romaines dans le jardin de Jeanne de Kouza
19 mai 1945
Le samedi 19 mai 1945.
167.1 – Jésus, grâce à un batelier Jésus a du rejoindre le lac au plus court, (soit à Dalmanoutha, comme à l'aller), puis faire les 4 ou 5 derniers km en barque. qui l’a accueilli dans sa petite embarcation, débarque sur le quai du jardin de Kouza. Déjà un jardinier l’a aperçu et accourt pour Lui ouvrir le portail qui ferme aux étrangers l’entrée de la propriété du côté du lac, un grand et solide portail mais qui est dissimulé par une haie très haute et touffue de lauriers et de buis du côté extérieur vers le lac, et de rosiers de toutes couleurs du côté intérieur vers la maison. Les splendides rosiers fleurissent les feuillages couleur bronze des lauriers et des buis, s’insinuent entre les ramilles, passent de l’autre côté ou bien par-dessus la verte barrière et font retomber leur chevelure fleurie au-delà. À un seul endroit, à la hauteur d’un sentier, le portail est découvert et s’ouvre pour laisser ceux qui viennent du lac ou s’y rendent.
“La paix à cette maison et à toi, Joanna Jésus le connaît… Tout porte à croire qu'il s'agit donc du portier qui lui a déjà ouvert deux fois la grille du palais de Jeanne, en EMV 99.2 et en EMV 107.1. , Où est ta maîtresse?”
“Là-bas, avec ses amies. Je vais l’appeler. Elles t’attendent depuis trois jours Le 13 février correspond au 30 Shevat. La veille c'était la nouvelle lune ! Jésus avait effectivement donné rendez-vous à la fin de la lune de Shevat (EMV 158.4). , par peur d’arriver en retard.”
Jésus sourit. Le serviteur s’en va en courant appeler Jeanne. En attendant, Jésus marche lentement vers l’endroit que Lui a indiqué le serviteur. Il admire le magnifique jardin, on pourrait dire la splendide roseraie que Kouza a fait installer pour sa femme. Roses de toutes les couleurs, tailles et formes, dans cette anse à l’abri du lac, rient déjà, précoces et splendides. Il y a encore d’autres plantes à fleurs, mais la floraison n’est pas arrivée et elles occupent une place minime en comparaison des rosiers.
167.2 – Jeanne accourt. Elle n’a même pas posé sa corbeille à moitié remplie de roses, ni les ciseaux qu’elle avait pour la cueillette, et elle court ainsi, les bras tendus, agile et gracieuse dans son riche vêtement de laine fine d’un rose très clair. Les plis sont retenus par des broches et des épingles ornées de filigranes d’argent sur lesquels brillent de pâles grenats.
Sur les cheveux noirs et ondulés, un diadème en forme de mitre lui aussi en argent avec des grenats retient un voile de byssos très léger, rose lui aussi qui retombe par derrière en laissant découvertes les petites oreilles qu’alourdissent des boucles semblables au diadème. Son visage est riant, à la base du cou qui est très fin, un collier de même facture que le reste des ornements précieux.
Elle laisse tomber sa corbeille aux pieds de Jésus et s’agenouille, au milieu des roses éparses, pour baiser son vêtement.
“Paix à toi, Jeanne. Je suis venu.”
“Et j’en suis heureuse. Elles aussi sont venues. Oh! maintenant il me semble que j’ai eu tort de vous faire rencontrer. Comment ferez-vous pour vous entendre? Elles sont tout à fait païennes!” Jeanne est un peu agitée.
Jésus sourit, lui pose la main sur la tête: “N’aie pas peur. Nous nous entendrons très bien. Et tu as bien fait. La rencontre sera fleurie de bien comme ton jardin est fleuri de roses. Ramasse maintenant ces pauvres roses que tu as laissées tomber et allons trouver tes amies.”
“Oh! des roses, il y en a tant! Je faisais cela pour passer le temps et puis mes amies sont tellement… tellement… voluptueuses… Elles aiment les fleurs comme si c’était… je ne sais…”
“Mais je les aime, Moi aussi! Tu vois que nous avons déjà trouvé un terrain d’entente entre elles et Moi? Allons! Ramassons ces roses splendides…” et Jésus se baisse pour donner l’exemple.
“Pas Toi! Pas Toi, Seigneur! Si c’est cela que tu veux, voici… c’est fait.”
167.2 – Ils se dirigent vers une tonnelle qui est faite d’un entrelacement de rosiers de toutes les couleurs. Sur le seuil, les trois romaines sont aux aguets: Plautina, Valeria et Lydia. La première et la dernière restent à leur place, hésitantes. Valeria court dehors et s’incline en disant: “Salut, Sauveur de ma petite Fausta!”
“Paix et lumière à toi et à tes amies.”
Les amies s’inclinent sans parler.
Plautina, nous la connaissons déjà C'est chronologiquement la première apparition de Plautina dans l'œuvre. Cette remarque pourrait sembler surprenante pour qui aurait oublié que des visions de la Passion ont été reçues en 1944, plus d'un an avant celle-ci, dans lesquelles Plautina intervient. : grande, imposante, avec de splendides yeux noirs, un peu impérieux, sous un front uni et très blanc, le nez droit, parfait; la bouche aux lèvres un peu épaisses, mais bien faite; le menton rondelet, en saillie. Elle me rappelle certaines statues très belles d’impératrices romaines. Des bagues pesantes brillent à ses mains très belles et de larges bracelets d’or ornent ses bras, de vrais bras de statue, au poignet et au-delà du coude qui apparaît blanc rosé, lisse et parfait en dehors de la manche courte drapée.
Lydia, au contraire, est blonde, plus fine et plus jeune. Sa beauté n’est pas la beauté imposante de Plautina, mais elle a toute la grâce d’une beauté féminine encore un peu jeune. Et puisque nous sommes en domaine païen, je pourrais dire que si Plautina semble la statue d’une impératrice, Lydia pourrait être une Diane ou une nymphe à l’aspect aimable et pudique.
Valeria, qui n’est plus désespérée comme quand nous l’avons vue à Césarée Un mois plus tôt, en EMV 155.10. , apparaît dans sa beauté de jeune mère, aux formes pleines mais encore très juvéniles, au regard tranquille de la mère heureuse de nourrir et de voir grandir grâce à son lait son enfant. Le teint rose, les cheveux châtains, elle a un sourire paisible, mais si doux.
J’ai l’impression que ce sont des dames d’un rang inférieur à Plautina et que même par leurs regards elles vénèrent comme une reine.
167.4 – “Vous vous occupez de fleurs? Continuez, continuez. Nous pourrons parler même pendant que vous cueillez ces œuvres magnifiques du Créateur que sont les fleurs et pendant que vous les disposez, avec l’habileté dont Rome est maîtresse, dans ces coupes précieuses pour prolonger leur existence, hélas! trop brève… Si nous admirons ce bouton de rose qui esquisse à peine le sourire de ses pétales roses jaunes, comment ne pourrions-nous pas regretter de le voir mourir? Oh! comme les hébreux seraient étonnés de me l’entendre dire! Mais c’est parce qu’en cette créature qui s’épanouit il y a une vie. Et d’en voir la mort, cela nous peine.
Pourtant la plante est plus sage que nous. Elle sait que sur toute blessure de la tige que l’on taille, naît un rejeton qui donnera une nouvelle rose. Et voici alors que notre esprit doit recueillir l’enseignement et faire, de l’amour un peu sensuel que l’on a pour une fleur, une invitation à une pensée plus haute.”