– Oui, je me suis montré dans les endroits où j’étais déjà allé, et encore plus loin. Je suis allé jusqu’à Giscala.

– Quelle longue route! De Guerguesa à Qédesh : 45km; de Cédes à Mérom : 20km; de Merom à Giscala 7km; de Giscala à Capharnaüm 30km: soit un total d'environ 100km.

– Mais quelle récolte! Sais-tu, Isaac? Nous avons été les hôtes du rabbi Gamaliel. Il s’est montré bien bon. Ensuite, j’ai rencontré le chef de la synagogue de la Belle Eau. Il vient, lui aussi. Je te le confie Timon doit passer à Nazareth avant de retourner à Aéra. Jésus avait prévu de le confier à Isaac (comme indiqué au EMV 141.3. . Et puis… et puis… j’ai trois nouveaux disciples…»

Jésus sourit, manifestement heureux.

«De qui s’agit-il?

– D’un vieillard de Chorazeïn. Je lui ai rendu service autrefois Jésus guérit sa fille à distance (EMV 61.4), puis se rend chez lui comme promis (EMV 63.3). , et, pour me montrer son amour, ce pauvre homme, un vrai juif sans préventions, a travaillé la région pour moi comme un parfait laboureur le fait pour son sol. Le second est un enfant de cinq ans, guère plus, intelligent, hardi. Je lui avais aussi parlé la première fois que je suis allé à Bethsaïde, et il s’en est souvenu mieux que les adultes. Le troisième est un ancien lépreux Abel, le lépreux, guéri en mai 27, (EMV 63.5). . Je l’ai guéri un soir près de Chorazeïn, il y a déjà longtemps, puis je l’ai quitté. Je le retrouve maintenant parlant de moi sur les monts de Nephtali. Et pour confirmer ses dires, il lève ce qui lui reste de ses mains, guéries mais partiellement diminuées, et il montre ses pieds, guéris mais déformés, avec lesquels il fait beaucoup de route, pourtant. À ce qui lui reste, les gens comprennent à quel point il a été malade et ils croient à ses paroles accompagnées de larmes de reconnaissance.

Il m’a été facile de parler là-bas, parce que quelqu’un m’avait déjà fait connaître et avait amené les autres à croire en moi. J’ai ainsi pu faire de nombreux miracles. Celui qui croit réellement peut tant!»

Alphée écoute sans mot dire. Il ne cesse d’acquiescer de la tête alors que Simon baisse la tête sous le reproche implicite. Quant à Isaac, il jubile ouvertement de la joie de son Maître, qui va raconter le miracle accompli peu de temps auparavant sur le petit-fils d’Éli.

162.3 - Mais le dîner est prêt et les femmes, aidées par Marie, préparent la table dans la grande salle, apportent les plats, puis se retirent en bas Les femmes pouvaient participer aux repas pris en famille, mais ne participaient pas aux repas en présence d'invités. Les hommes se servaient et mangeaient entre eux. (Leonard Swidler, "Women in Judaism" 1976, Chap 5, § 7). . Seuls les hommes restent, et Jésus offre, bénit et distribue les parts.

Mais après quelques bouchées à peine, Suzanne monte annoncer:

«Éli est arrivé avec des serviteurs et de nombreux cadeaux. Mais il souhaiterait te parler.

– Je viens tout de suite. Ou plutôt, fais-le monter.»

Suzanne sort et revient peu après avec le vieil Éli accompagné de deux serviteurs qui portent un grand panier. Derrière, les femmes – Marie exceptée – observent avec curiosité.

«Que Dieu soit avec toi, mon bienfaiteur, salue le pharisien.

– Et avec toi, Éli. Entre. Que veux-tu? Ton petit-fils est encore malade?

– Oh! il va très bien! Il saute dans le jardin comme un cabri. Mais, tout à l’heure, j’étais tellement bouleversé, tellement sens dessus dessous que j’ai manqué à tous mes devoirs. Je désire te prouver ma reconnaissance et je te prie de ne pas refuser les petits cadeaux que je t’offre: un peu de nourriture pour tes disciples et toi. Ce sont des produits de mes domaines. Et puis… je voudrais… je voudrais t’avoir à table demain pour te dire encore merci et de faire honneur en compagnie d’amis. Ne refuse pas, Maître. Je pourrais croire que tu ne m’aimes pas et que, si tu as guéri Élisée, c’est seulement par amour pour lui, pas pour moi.

– Je te remercie. Mais ces cadeaux n’étaient pas nécessaires.

– tous les grands et les savants les acceptent. C’est l’usage. - Moi aussi.

162.4 - Mais il y a surtout un cadeau que j’accepte bien volontiers, que je cherche même.

– De quoi s’agit-il? Dis-le-moi. Si je le peux, je te l’offrirai.

– Il s’agit de votre cœur, de votre pensée. Donnez-les-moi, pour votre bien.

– Mais je te les consacre, Jésus béni! En douterais-tu? J’ai eu… oui… j’ai eu des torts envers toi. Mais, maintenant, j’ai compris. J’ai aussi appris la mort de Doras qui t’avait offensé… Pourquoi souris-tu, Maître?

– Un souvenir…

– Je pensais que tu ne croyais pas à ce que je disais.

– Oh si! Je sais que la mort de Doras t’a ému plus encore que le miracle de ce soir. Mais ne crains pas Dieu, si réellement tu as compris et si réellement tu veux être dorénavant l’un de mes amis.