“De Jérusalem.”

“Quel est ton nom?”

“Annalia…”

“Le cher nom de ma grand-mère et de tant d’autres saintes femmes d’Israël Anne d'Elcana, la mère du prophète Samuel. Cf.1 Samuel 1,2). et avec lui, celui de la bonne, douce, fidèle, affectueuse épouse de Jacob Annalia : prénom formé d'Anna (grand-mère de Jésus. Anne en français) et de Léa ou Lia (selon les traductions), la sœur aînée de Rachel et première épouse de Jacob, mère de sept enfants (six fils et une fille) selon Genèse 29, 16-35. La Vulgate de St Jérôme, comme la nouvelle Vulgate, retiennent Lia, ce que semble confirmer Maria Valtorta. . Il te portera bonheur. Tu seras épouse et mère exemplaire. Non? Tu secoues la tête? Tu pleures? Tu as peut-être été repoussée? Non plus? L’homme que tu devais épouser est mort? Personne ne t’a encore demandée?”

La jeune fille secoue toujours la tête. Jésus fait un pas, la caresse, la force à lever la tête et à le regarder… Le sourire de Jésus triomphe du trouble de la jeune fille. Elle s’enhardit:

“Seigneur, je serais épouse et heureuse grâce à Toi. Tu ne me reconnais pas, mon Seigneur? Je suis la phtisique, la fiancée mourante que tu as guérie sur la prière de ton Jean. Depuis ta grâce, moi… moi j’ai eu un autre corps: sain celui-là, à la place de celui que j’avais auparavant, mourante; et j’ai eu une autre âme… Je ne sais pas… Il me semblait que je n’étais plus moi… La joie d’être guérie, la certitude donc de pouvoir me marier - c’était mon regret en mourant de ne pas arriver à être épouse - cela n’a duré que pendant les premières heures. Et puis…”

La jeune fille s’enhardit toujours plus; elle retrouve les mots et les idées qu’elle avait perdus dans son trouble d’être seule avec le Maître…

”…Et puis j’ai compris que je ne devais pas être égoïste, ni penser seulement: “Maintenant, je vais être heureuse”, mais je devais penser à quelque chose de plus et qui devait venir à Toi, à Dieu, ton Père et le mien. Une petite chose, mais qui disait que j’étais reconnaissante. J’ai beaucoup réfléchi et quand, le sabbat suivant, j’ai vu l’époux, je lui ai dit: “Écoute, Samuel. Sans le miracle, je serais morte en quelques mois et tu m’aurais perdue pour toujours. Maintenant, je voudrais faire à Dieu un sacrifice, toi avec moi, pour dire à Dieu que je le loue et que je le remercie”. Et Samuel a dit tout de suite, car il m’aime: “Allons au Temple ensemble pour immoler la victime”. Mais moi, ce n’était pas ce que je voulais. Je suis pauvre et fille du peuple, mon Seigneur. Je suis ignorante et j’ai peu de moyens.

Mais à travers ta main posée sur ma poitrine malade, quelque chose était venue non seulement dans mes poumons rongés, mais à l’intérieur de mon cœur. Dans les poumons la santé, dans le cœur la sagesse. Et j’ai compris que le sacrifice d’un agneau n’était pas le sacrifice voulu par mon esprit qui t’aimait… Toi.”

La jeune fille se tait rougissante après sa déclaration d’amour.

156.4 – “Continue, sans crainte. Que voulait ton esprit?”

“Te sacrifier quelque chose qui soit digne de Toi, Fils de Dieu! Et alors… et alors j’ai pensé que ce devait être quelque chose de spirituel, comme ce qui vient de Dieu, c’est-à-dire le sacrifice de suspendre mes noces pour l’amour de Toi, mon Sauveur. Grande joie, les noces, sais-tu? Quand on s’aime, c’est une grande chose! On désire, on a hâte qu’elles soient accomplies!… Mais je n’étais plus celle de quelques jours auparavant. Je ne les voulais plus comme ce qu’il y avait de plus beau… Je l’ai dit à Samuel… et lui m’a compris. Lui aussi a voulu se faire nazir pour un an à dater du jour qui aurait dû être celui des noces, c’est-à-dire le jour qui suit les calendes d’Adar C'est-à-dire au début du mois d'Adar. On sait, depuis EMV 85, que le mariage était effectivement prévu au printemps. . En attendant il est allé à ta recherche pour aimer Celui qui lui avait rendu l’épouse, l’aimer et le connaître: Toi. Et il t’a trouvé après plusieurs mois Jésus se trouvait à la Belle-Eau en novembre. Samuel a donc pu Le rechercher pendant plus de 6 mois. à “La Belle Eau”.

Moi aussi je suis venue… et ta parole a fini de changer mon cœur. Maintenant le vœu d’avant ne me suffit plus. Comme cet amandier là-dehors, qui sous le soleil toujours plus chaud est revenu à la vie après être resté mort pendant des mois et s’est garni de fleurs, et puis ce sera les feuilles et les fruits, ainsi j’ai toujours progressé dans la sagesse de ce qui est meilleur. La dernière fois, désormais sûre de moi et de ce que je voulais - pendant tous ces mois-ci, j’y ai réfléchi - la dernière fois que je suis venue à “La Belle Eau”, tu n’y étais plus… Ils t’avaient chassé. J’ai tant pleuré et tant prié le Très-Haut qu’Il m’a exaucée, persuadant ma mère de m’envoyer ici avec un parent qui allait à Tibériade pour parler aux courtisans du Tétrarque. Le régisseur m’avait dit que je t’aurais trouvé ici. J’ai trouvé ta Mère… et ses paroles. Rien que de l’entendre et de rester à côté d’elle pendant ces deux jours, a fini de mûrir le fruit de ta grâce.”

La jeune fille s’est agenouillée comme devant un autel avec les bras croisés sur sa poitrine. “C’est bien.

156.5 – Mais, que veux-tu de précis? Que puis-je faire pour toi?”

“Seigneur, je voudrais… je voudrais une grande chose, et Toi seul, Maître de la vie et de la santé, peux me la donner. Car je pense que ce que tu peux donner, tu peux aussi l’enlever… Je voudrais que la vie que tu m’as donnée, tu me l’enlèves au cours de l’année de mon vœu, avant qu’elle ne se termine…”

“Mais pourquoi? N’es-tu pas reconnaissante à Dieu pour la santé que tu as recouvrée?”

“Tellement! Sans mesure! Mais, pour une seule chose: car en vivant de sa grâce et de ton miracle j’ai compris ce qui était le meilleur.”

“Qu’est-ce?”

“C’est vivre comme les anges. Comme ta Mère, mon Seigneur… comme tu vis… comme vit ton Jean… Les trois lis, les trois flammes blanches, les trois béatitudes de la terre, Seigneur. Oui, parce que je pense que c’est une béatitude de posséder Dieu et que Dieu est en possession des purs. Celui qui est pur, c’est un Ciel avec Dieu au centre, et tout autour les anges… Oh! mon Seigneur! C’est cela que je voudrais!… Je t’ai peu entendu, j’ai peu entendu ta Mère, et le disciple et Isaac. Je n’en ai pas fréquenté d’autres qui me disent tes paroles, Mais il me semble que mon esprit t’entend toujours et que tu es pour lui un Maître. J’ai fini, mon Seigneur…”

“Annalia, c’est beaucoup ce que tu demandes, et c’est beaucoup ce que tu donnes… Ma fille, tu as compris Dieu et la perfection à laquelle la créature peut s’élever pour ressembler au Très Pur et pour plaire au Très Pur.”

Jésus a pris entre ses mains la tête brune de la jeune fille agenouillée et lui parle en se penchant sur elle.

“Celui qui est né d’une Vierge - car il ne pouvait faire son nid que sur un tas de lis - est écœuré par la triple convoitise du monde, et s’affaisserait écrasé par un tel écœurement si le Père, qui sait de quoi vit son Fils, n’intervenait pas par des aides amoureuses pour soutenir mon âme angoissée. Ceux qui sont purs sont ma joie. Tu me rends ce que le monde m’enlève par son inépuisable bassesse. Que le Père en soit béni, et toi aussi, jeune fille. Va tranquille. il se produira quelque chose pour rendre éternel ton vœu. Sois un des lis répandus sur le chemin sanglant du Christ.”

156.6 – “Oh! mon Seigneur… je voudrais encore une chose…”

“Laquelle?”