“Non. Tu ne le peux pas.”
“Non, Aggée? Et toi pourquoi fais-tu des affaires avec un marchand romain?”
“Il ne m’est voisin que par la marchandise et l’argent.”
“Et, parce que tu ne touches pas sa chair mais seulement ce que sa main a touché, il ne te semble pas que tu te contamines. Oh! aveugles et cruels!
155.7 – Écoutez tous. Justement dans le livre du Prophète dont cet homme porte le nom, il est dit: “Adresse aux prêtres cette question sur la Loi Aggée 2,11. : ‘Si un homme porte de la chair sanctifiée dans un pan de son vêtement et qu’avec il touche ensuite du vin ou des plats, du pain ou de l’huile, ou d’autres aliments, seront-ils sanctifiés?’ Et les prêtres ont répondu: “Non” Aggée 2,12. . Alors Aggée dit: ‘Si quelqu’un, impur pour avoir touché un mort, touche une de ces choses, sera-t-elle souillée?’ Et les prêtres ont répondu: “Oui”. Aggée 2,11.
Par cette façon rusée, mensongère, incohérente d’agir, vous excluez et condamnez le Bien et vous n’acceptez que ce qui favorise vos intérêts. Alors, plus de mépris ni de dégoût C’est pour éviter un dommage personnel que vous décidez si une chose est impure ou rend impur, si une autre ne l’est pas. Et, comment pouvez-vous, bouches de mensonge, professer que si ce qui est sanctifié pour avoir touché une chair sainte ou une chose sainte ne sanctifie pas ce qu’il touche, et que ce qui a touché une chose impure puisse rendre impur ce qu’il touche?
Vous ne comprenez pas que vous vous démentez, ministres menteurs d’une Loi de Vérité qui en tirez parti en la tordant comme une corde à seule fin d’en sortir quelque chose qui serve vos intérêts. Pharisiens hypocrites Anticipation de l'invective contre les pharisiens rapportée par Matthieu 23,13 (Cf. Tome 9, chapitre 15). qui sous un prétexte religieux déversez votre rancœur humaine, toute humaine, profanateurs de ce qui appartient à Dieu. Ennemis de l’Envoyé de Dieu que vous insultez? En vérité, en vérité je vous dis que chacun de vos actes, chacune de vos conclusions, chacune de vos démarches est mue par tout un mécanisme astucieux auquel servent de roues, de ressorts, de poids et de tirants, vos égoïsmes, vos passions, vos manques de sincérité, vos haines, votre soif de domination, vos envies.
C’est honteux! Avides, tremblant de peur, haineux, vous vivez dans la peur orgueilleuse qu’un autre vous soit supérieur, même s’il n’est pas de votre caste. Et vous méritez alors d’être comme celui qui vous inspire la peur et la colère! Vous qui, comme dit Aggée, d’un tas de vingt boisseaux en faites un de dix et d’un tas de cinquante barils en faites un de vingt en empochant la différence Aggée 2,16. alors que, pour l’exemple que vous devriez donner à l’homme et pour l’amour que vous devriez donner à Dieu, vous devriez au tas de boisseaux et au tas de barils non pas enlever mais ajouter de votre propre bien pour ceux qui ont faim. Vous méritez que le vent brûlant, que la rouille et la grêle stérilisent toutes les œuvres de vos mains.
Quels sont parmi vous ceux qui viennent à Moi? Ceux-là, ceux-là qui pour vous sont fumier et immondices, ces ignorances totales qui ne savent même pas qu’existe le vrai Dieu, viennent ceux à qui ce Dieu se rend présent dans les paroles et dans les œuvres. Mais vous, mais vous! Vous vous êtes fait une niche et y demeurez. Arides, froids comme des idoles attendant l’encens et les adorations. Et puisque vous vous croyez des dieux, il vous paraît inutile de penser au vrai Dieu comme Il doit être pensé, et comme il vous semble dangereux que les autres, en dehors de vous, osent ce que vous, vous n’osez pas. Vous ne le pouvez pas, en vérité, l’oser, puisque vous êtes des idoles et parce que vous êtes les serviteurs de l’Idole. Mais celui qui ose peut, parce que ce n’est pas lui, mais Dieu qui opère en lui.
155.8 – Allez! Rapportez à ceux qui vous ont envoyés sur mes talons que je dédaigne les marchands qui n’estiment pas contamination le fait de vendre les marchandises ou la patrie ou le Temple à ceux dont ils reçoivent de l’argent. Dites-leur que j’ai du dégoût pour les brutes qui ont seulement le culte de leur propre chair, de leur propre sang, et qui pour leur guérison n’estiment pas contamination les visites à un médecin étranger. Dites-leur qu’il y a une seule mesure, égale pour tous et non pas deux mesures. Dites-leur que Moi, le Messie, le Juste, le Conseiller, l’Admirable Isaïe 9,5. , Celui qui aura sur Lui l’Esprit du Seigneur avec ses sept dons Isaïe 11,2. , Celui qui ne jugera pas selon les apparences, mais selon ce qui se cache dans les cœurs, Celui qui ne condamnera pas d’après ce qu’il entend par ses oreilles, mais d’après les voix de l’esprit qu’il entendra au-dedans de chaque homme Isaïe 11,3. , Celui qui prendra la défense des humbles et jugera les pauvres avec justice, Celui que je suis, parce que je suis cela, est déjà en train de juger et de frapper ceux qui sur la terre ne sont que terre, et le souffle de ma respiration fera mourir l’impie et détruira son repaire Isaïe 11,4. , alors qu’il sera Vie et Lumière, Liberté et Paix pour ceux qui, désirant la justice et la foi, viendront à ma montagne sainte pour se rassasier de la Science du Seigneur.
Cela est d’Isaïe, n’est-ce pas? Isaïe 11,5-9.
Mon peuple! Tout vient d’Adam et Adam vient de mon Père. Tout est donc œuvre du Père, et j’ai le devoir de vous rassembler tous au Père. Et Moi, je te les conduis, Père saint, éternel, puissant, je te les amène, les fils errants, après les avoir rassemblés en les appelant avec les voix de l’amour, en les rassemblant sous ma verge pastorale semblable à celle que Moïse éleva contre les serpents dont la morsure était mortelle. Pour que Tu aies ton Royaume et ton peuple Nombres 21,9. . Et je ne fais pas de différence entre les hommes parce qu’au fond de chaque vivant je vois un point plus brillant que le feu: l’âme, une étincelle qui vient de Toi, éternelle Splendeur. O mon éternel désir! O mon inlassable volonté!
C’est cela que je veux, c’est de cela dont je brûle. Une terre qui tout entière chante ton Nom. Une humanité qui t’appelle Père. Une Rédemption qui les sauve tous. Une volonté fortifiée qui les rende tous soumis à ta volonté. Un triomphe éternel qui remplisse le Paradis d’un hosanna sans fin… Oh! Multitude des Cieux!… Voici que je vois le sourire de Dieu… et ceci est une compensation pour toute la dureté des hommes.”
155.9 – Les trois se sont enfuis sous la grêle des reproches. Tous les autres, romains ou hébreux, sont restés, bouche bée. La femme romaine avec la petite rassasiée de lait, qui dort tranquille sur le sein maternel est restée où elle était, presque aux pieds de Jésus, et elle pleure de joie maternelle et de joie spirituelle. Un grand nombre pleurent à la conclusion irrésistible de Jésus qui paraît flamboyer dans son extase.
Et Jésus abaissant les yeux et son esprit du Ciel sur la terre, voit la foule, voit la mère… et en passant, après un geste d’adieu à tous, effleure de la main la jeune romaine comme pour la bénir à cause de sa foi. Et Il s’en va avec les siens pendant que les gens encore sous le coup de l’émotion restent en place…
(La jeune romaine, si ce n’est pas une ressemblance fortuite, est une des romaines qui étaient avec Jeanne de Kouza sur le chemin du Calvaire. Comme personne n’a dit son nom, j’en suis incertaine.) C'est effectivement Valéria, que Maria Valtorta a déjà vu dans des visions de la Passion, reçues en 1944 et le 26/03/1945, trois mois plus tôt. Valéria fut alors nommée par Jésus, parmi sept autres disciples, mais Maria Valtorta ne l'a pas identifiée individuellement. (La vision, rapportée ici, a été donnée à Maria Valtorta le 5/05/1945).