Des gens, pendant ce temps, se sont approchés et attendent avec curiosité.
La femme revient avec d’autres romains.
“Tu es donc le Maître?” demande quelqu’un qui semble le serviteur d’une maison riche. Et en ayant eu confirmation, il demande:
“Cela t’ennuierait-il de guérir une petite fille d’une amie de Claudia? L’enfant est mourante car elle s’étouffe et le médecin ne sait pas de quoi elle meurt. Hier soir elle était en bonne santé. Ce matin elle est à l’agonie.”
“Allons-y.”
Ils font quelques pas dans une rue qui mène à l’endroit où ils étaient hier et arrivent au portail grand ouvert d’une maison qui semble habitée par des romains.
“Attends un moment.”
L’homme entre rapidement et revient aussitôt en disant:
“Viens.”
155.5 – Mais, avant même que Jésus puisse entrer, en sort une jeune femme d’aspect distingué mais visiblement tourmentée. Elle a dans les bras une petite fille de quelques mois qui s’abandonne, livide comme quelqu’un qui se noie. Je dirais qu’elle a une diphtérie mortelle Avant la découverte de traitements, la diphtérie touchait surtout les jeunes enfants, et avait un taux de létalité supérieur à 40%. et qu’elle est sur le point de mourir. La femme se réfugie sur la poitrine de Jésus, comme un naufragé sur un écueil. Ses pleurs sont tels qu’elle ne peut parler.
Jésus prend la petite qui a de petits mouvements convulsifs dans ses menottes cireuses aux ongles déjà violets. Il la lève. Sa petite tête pend sans force, en arrière. La mère, sans aucun orgueil de romaine devant un hébreu, s’est glissée aux pieds de Jésus, dans la poussière, et elle sanglote le visage levé, les cheveux à moitié défaits, les bras tendus qui s’accrochent au vêtement et au manteau de Jésus. Derrière et autour, des romains de la maison et des hébreux de la ville qui regardent.
Jésus mouille son index droit avec de la salive et le met dans la petite bouche haletante, l’enfonce profondément. La fillette se débat et devient encore plus noire. La mère crie: “Non! Non!” et semble se tordre sous un couteau qui la transperce. Les gens retiennent leur souffle.
Mais le doigt de Jésus sort avec un amas de membranes purulentes. La fillette ne se débat plus et, après avoir versé quelques larmes, se calme avec un sourire innocent, agitant ses menottes et remuant les lèvres comme un oiseau qui pépie en battant des ailes, en attendant la becquée.
“Prends-la, femme. Donne-lui le lait. Elle est guérie.”
La mère est tellement abasourdie, qu’elle prend la petite et restant comme elle est, dans la poussière, la baise, la caresse, lui donne le sein, folle, oublieuse de tout ce qui n’est pas sa petite.
Un romain demande à Jésus:
“Mais comment as-tu pu? Je suis le médecin du proconsul et je suis savant. J’ai essayé d’enlever l’obstacle, mais il était enfoncé, trop enfoncé!… Et toi… ainsi…”
“Tu es savant, mais tu n’as pas le Dieu vrai avec toi. Que Lui en soit béni! Adieu.”
Et Jésus va s’éloigner.
155.6 – Mais voici qu’un petit groupe d’israélites éprouve le besoin d’intervenir.
“Comment t’es-tu permis d’aborder des étrangers? Ils sont corrompus, impurs et quiconque les approche devient comme eux.”
Jésus les regarde - ils sont trois - fixement, avec sévérité, et puis il parle:
“N’es-tu pas Aggée? L’homme d’Azot Azot, ou Azoto, aujourd'hui Ashdot, est une localité située entre Ascalon et Jamnia, à environ 75 km au sud de Césarée Maritime. venu ici au mois de Tisri dernier C'est-à-dire en septembre/octobre 27. pour chercher à conclure des affaires avec un marchand qui réside près des fondations de la vieille source? Et toi, n’es-tu pas Joseph de Rama, venu ici pour consulter le médecin romain et, comme Moi, tu sais pourquoi? Et alors? Vous ne vous croyez pas impurs?”
“Le médecin n’est jamais un étranger. Il soigne le corps, et le corps est le même pour tous.”
“L’âme aussi, plus que le corps. Du reste, qu’est-ce que j’ai soigné? Le corps innocent d’une enfant, et de la même manière j’espère guérir les âmes des étrangers, qui ne sont pas innocentes. Comme médecin et comme Messie, je puis donc aborder n’importe qui.”