“Il ne faut pas te rappeler hier. Souviens-toi toujours d’aujourd’hui. Et sois bonne. Adieu. Soyez bons et Dieu sera avec vous.”

Et Jésus, suivi par les bénédictions des deux, se retire rapidement. Quand il rejoint les autres, toujours adossés à la haie, il ne leur parle pas. Mais il s’adresse à Pierre:

“Et maintenant, toi qui étais sûr que cet homme voulait me faire du mal, que dis-tu? Simon, Simon! Que de choses il te manque encore pour être parfait! Que de choses il vous manque! Moins l’idolâtrie évidente, vous avez tous les péchés de ces gens-là et en plus l’orgueil dans vos jugements. Maintenant, prenons notre repas C'est donc bientôt midi : ils partent plus tard que ne l'avait prévu Jésus. . Nous ne pouvons arriver où je voulais avant la nuit Jésus voulait arriver à Hennon pour y voir le Baptiste, à 30 ou 35 km de Sychar. En partant au lever du soleil, Il pouvait espérer l'atteindre à la nuit. . Nous dormirons dans quelque grange à foin si nous ne trouvons mieux.”

Les douze, avec au cœur le sentiment du reproche, s’assoient sans parler et mangent leurs vivres. Le soleil d’une journée tranquille illumine la campagne qui descend en molles ondulations vers une plaine.

147.4 – Le repas fini, ils s’arrêtent encore quelque temps jusqu’à ce que Jésus se lève et dise:

“Viens, toi André, et toi Simon. Je vais voir si cette maison est amie ou hostile”

Il s’en va pendant que les autres restent taciturnes jusqu’à ce que Jacques d’Alphée dit à Judas l’Iscariote:

“Mais celle qui vient, n’est-ce pas la femme de Sychar?”

“Oui, c’est elle. Je la reconnais à son vêtement. Que voudra-t-elle?”

“Suivre son chemin” répond Pierre boudeur.

“Non, elle nous fixe trop, en se protégeant les yeux avec sa main.”

Ils l’observent jusqu’à ce qu’elle arrive près d’eux et elle leur demande, toute humble:

“Votre Maître, où est-il?”

“Passe ton chemin. Pourquoi le demandes-tu?”

“J’avais besoin de Lui…”

“Il ne se perd pas avec les femmes” répond Pierre sèchement. Jésus reprochera cette réaction peu charitable de Pierre en EMV 149.2.

“Je le sais. Avec les femmes, non. Mais je suis une âme de femme qui a besoin de Lui.”

“Laisse-la faire” conseille Jude d’Alphée.

Et il répond à Photinaï:

“Attends. Il reviendra bientôt.”

La femme se met dans un coin de la route à un tournant et elle reste immobile et silencieuse pendant que tous la délaissent. Mais Jésus revient vite et Pierre dit:

“Voici le Maître. Dis-lui ce que tu veux, et vivement.”

La femme ne lui répond même pas, mais elle va aux pieds de Jésus et se baisse jusqu’au sol, silencieuse.

“Photinaï, que veux-tu de Moi?”

“Ton aide, Seigneur. Je suis tellement faible, et je ne veux plus pécher. Je l’ai déjà dit à l’homme. Mais maintenant que je ne suis plus une pécheresse, je ne sais plus rien. Le bien, je l’ignore. Que dois-je faire? Dis-le-moi, Toi. Je ne suis que fange. Mais ton pied piétine la route pour aller vers les âmes. Piétine ma fange, mais viens jusqu’à mon âme avec tes conseils”

Elle pleure.

“Tu ne pourrais venir, femme seule, à ma suite. Mais si tu veux réellement ne plus pécher et connaître la science de ne pas pécher, retourne chez toi avec l’esprit de pénitence et attends. Le jour viendra où, femme parmi d’autres également rachetées, tu pourras être proche de ton Rédempteur et apprendre la science du Bien.

Va. N’aie pas peur. Sois fidèle à ta volonté actuelle de ne pas pécher. Adieu.”

La femme baise la poussière, se relève et s’éloigne à reculons pendant quelques mètres, puis elle s’en va vers Sychar.